rien ne m'échappe

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J'observe, tranquille mais vigilant

mercredi 9 décembre 2015



Fenêtre sur un triste état

Résultat élection régionales 2015 1er tour 
source Ministère de l’intérieur
Exprimé 48.1 %
Abstention 49.91%+ Blanc 1.2% + Nul 0.79% = 51.9 %
 
51.9 % des Français, ont jugé bon de s’abstenir de cautionner par leurs votes, le fiasco d’une classe politique qui ne cesse de les prendre pour des imbéciles, et qui n’a comme ligne de conduite que de les faire passer pour des fainéants des trouillards et des incompétents.
Nous n’en sommes pas encore arrivés au stade où les médias mainstream se décideront à faire leur travail objectivement.
En attendant que le miracle se produise, je me permettrai de poser un œil critique sur ces dernières élections, où le fait majeur n'est pas la montée du FN comme tout le monde se plait à le commenter, mais l'abstention massive, que journalistes et politiques de tous bords ont comme d'habitude, très brièvement commenté et relativisé.
La montée du FN est la résultante de l'effet mécanique provoqué par ce mode se scrutin, et là, je ne parle pas de la proportionnelle, mais de son mode d'organisation et d'interprétation.
Le seuil de représentation est de 10 % des votants, pour pouvoir se présenter au second tour.
Dans le cadre de cette élection au premier tour, il aura donc suffit que 4.81 % des inscrits votent pour un candidat, pour qu'il puisse se maintenir au second tour.


Cela pose tout de même une question de fond sur la crédibilité et la représentativité d’un élu lorsque celui-ci ne représente  qu’un Français sur 20.

Il m’apparaît une anomalie de taille, dans ce mode de scrutin, pourquoi le seuil de représentation est de de 10 % des votants sans qu'un pourcentage établit à minima du nombre d'inscrits ne soit pris en compte.
Le fait d’être citoyen Français est un état, et en aucun cas ne peut se résumer, à une forme de condescendance, que nos élus seraient en droit de nous accorder, au titre d’un privilège à pouvoir à glisser un bulletin dans l'urne, pour légitimité leur statut de maîtres (habilité à définir ce que les Français ont ou non le droit de penser).
L’interprétation, de ce mode de scrutin uniquement basée sur le nombre de votant, permet ainsi de s’affranchir de toute la population laissée sur le bord de la route de la mondialisation, et qui, de fait, ne souhaite plus cautionner la source de leurs malheurs.
Nous nous retrouvons sur un mode de scrutin discriminatoire, qui exclut, pardonnez-moi du peu 51.9% de la population, sans tenir compte des Français exaspérés qui n’ont même pas juger pertinents de s’inscrire sur les listes électorales, trop dégoutés de politiques qui ne les écoutent plus depuis longtemps.
Les chiffres évoqués n'étant pas officiels je ne les inclurai pas dans mon approche et resterai prudent sur l'info, cependant ils interpellent, 6 millions de personnes environ 12% de la population majeure en France.
Si effectivement ces chiffres sont avérés, la situation est beaucoup plus grave qu'il n'y parait.

Mais revenons à nos présumés moutons.
51.9 % de Français qui ont le courage d’ouvrir les yeux et de se questionner sur la pertinence de ce qu’on leur demande de valider, et refusant de cautionner qui que ce soit.
C’est un véritable choix, que de ne pas vouloir se rendre complice, d’un système destructeur, qui ne tient plus compte du peuple.
C’est cette France silencieuse, qui terrorise nos politiques, sans elle pas de crédibilité. La rhétorique facile du « Qui ne dit rien consent » trouve là ses limites, il est tout à fait anormal que plus de la moitié du peuple choisisse de ne pas s’exprimer.
Nos politiques, bien aidés par la presse d’état dans l’orientation de l’analyse du résultat, de ce premier tour des élections régionales, ont tout simplement un comportement honteux, en occultant cette réalité.
C’est par cette même réalité, qu’aujourd’hui nous nous retrouvons devant une analyse politique stérile parce que biaisée, qui n’apportera quoiqu’il arrive, rien de bon à part l’aboutissement d’une manœuvre politicienne, qui coutera très cher aux libertés que le peuple de France a acquis au prix de terribles combats au cours de son histoire.
Les circonstances et la méthodologie par laquelle l’instauration de l’état d’urgence, a été votée par nos députés à la quasi-unanimité, nous en donne déjà une belle entrée en la matière, avec s’il vous plaît une écrasante adhésion du peuple « d’après les sondages », comme si le sondage faisait partie du processus démocratique.
Étonnante attitude de nos politiques qui accordent plus de valeurs aux sondages qu’aux processus référendaires.

Les élections sont un des éléments du processus démocratique, mais ce n’est pas le seul, il en est un fondamental qu’il ne faudrait pas oublier, l’interprétation des résultats du mode de scrutin doit être réalisée pour que l’expression du peuple soit entendu sans discrimination, dans l’esprit des droits de l’homme. Est-ce le cas ?
L’abstention est aussi un mode d’expression du scrutin, elle cristallise le désintérêt de personnes ne tenant pas à cautionner un système qui les ignore.
Avec un tel mode de scrutin nos politiques n’ont aucune obligation de résultat, ce système ouvre à la possibilité d'une élection de partis minoritaires qui peuvent défendre des intérêts particuliers au détriment de la plus grande majorité du peuple.
Pour ce faire, la stratégie est simple, écœurer le peuple pour favoriser l'abstention, comme cela les votes minoritaires n'auront que plus de poids.
Beaucoup me diront : « ils n’avaient qu’à aller voter », ce à quoi je répondrai : « à force d’user d’arguments faciles voyez le résultat », cela ne pourrait pas se produire si un seuil minimal des inscrits définissait l'acceptabilité de représentativité des élus.

Si l’on considérait qu’une représentativité pour être crédible devait représenter à minima ne serait-ce que 20 % du peuple 1/5ème ce qui est très loin de permettre de dégager un consensus national, mais qui en même temps permettrait de ne pas bloquer abusivement le processus démocratique.

En tenant compte du résultat du premier tour des régionales de 2015, et en appliquant ce principe, il faudrait
41.58 % des voix des votants, pour qu’un candidat puisse se maintenir au second tour.

Qui, au soir de ce premier tour peut se vanter d'un 41.58% qui lui permettrait de se maintenir au second tour ? Tout simplement personne.
Une toute autre vérité (prenant tout le peuple en considération), laisserait apparaitre la véritable réalité politique : Le pouvoir ne tient plus que le fil de la COM. Les politiques ont perdu toute crédibilité et ne doivent leur survie qu'à des finesses techniques de règlementations et d'interprétation des résultats, on est ici très loin de l'esprit démocratique des droits de l'homme.

Un pays ou les politiques ont abandonné  plus de 51.9% (sans compter les non inscrits) de sa population est hors de contrôle sans mesures draconiennes, pour ne pas dire totalitaires.
Est-il bon de rappeler l'état d’urgence instauré en toute hâte.
Le hasard a fait que celui-ci est tombé à point nommé, juste avant les élections (ce n'est qu'un constat).
Il est vrai que les terroristes semblent s'intéresser de prêt à la politique française, sur les 4 dernières élections il y a eu 4 attentats à des dates relativement proches. 



La faillite de la république est là, en se détournant de l’esprit démocratique incarné par les droits de l’homme, et en abusant des codifications techniques subversives visant à favoriser des intérêts privés, au détriment du peuple, nos politiques se sont édifiés une forteresse dont l’accès est strictement réservé à certains réseaux d’influences.

Le peuple conditionné par les médias, se retrouve à évoluer dans un système, qu’il considère comme légitime de par son action à le valider par des élections, mais il ignore que le mode d’interprétation du scrutin n’a pas vocation à traduire une réalité mais juste à en donner une apparence trompeuse.
Leurré, les électeurs contribuent par leurs votes, à leur malheur, au travers de ce qu'ils considèrent, à juste titre, comme une expression démocratique.
Notre système de démocratie républicaine se retrouve déstructurée de sa substance d’origine par des oublis répétés, qui favorise une interprétation subversive des textes de lois. La corruption a tellement fragilisé le fonctionnement du principe démocratique qu'aujourd'hui, la république se retrouve devant un risque systémique qui conduit tout droit à un totalitarisme.
Il apparaît aujourd’hui, que ce système a atteint ses limites de persuasions, que la suspicion et la défiance viennent frapper à la porte d’un peuple déjà dubitatif, et qui commence à se rendre compte, par lui-même, qu’il ne s’y retrouve plus. Plus de la moitié de ce peuple, prête attention à une autre approche, que celle vendue par les médias traditionnelles.

Les tractations du soi-disant front républicain de l’entre-deux tours, sont aussi spectaculaires qu’affligeantes. Après avoir sabordé le navire, les rats le quittent. Les masques tombent et ils montrent enfin leurs vrais visages.
Toute guerre n’apparaît que pour une seule et bonne raison : Lorsque que le pouvoir établit est menacé sur ses fondements, le reste n’est que prétexte.
Mais suis-je bête, nous sommes en guerre, mais au fait contre qui ?

Comment se fait-il qu’en situation de guerre nos dirigeants s’accordent pour voter des lois privant de leurs libertés les Français, et ensuite se déchirent entre eux pour garder le leadership plutôt que de former un gouvernement d’unité nationale.
Il serait quand même bon de rappeler que nos chers élus viennent tous de voter au parlement la loi sur le renseignement et la loi sur l’état d’urgence.
Si je ne m'abuse, cela ressemble étrangement en très grande partie au programme sécuritaire du FN.
Quel aveu d'échec de nos gouvernants qui reconnaissent ainsi de fait, la pertinence de son programme politique.
Juste avant des élections !!!? Mais c'est mistral gagnant pour le FN.

Pardonnez-moi du peu, mais si la gauche comme la droite avait voulu faire une haie d’honneur au FN, il n’aurait pas pu mieux s’y prendre.

Lorsque l’on veut mesurer la grandeur d’un fait d’une action ou d’une personne, il suffit de regarder l’espace de créativité et de liberté qu’il libère autour de lui.

Ce que je constate actuellement : Toutes les stratégies et les perspectives offertes ne visent qu’à réduire cet espace et cela par tous les partis en présence.

Alors faites ce que vous voulez au second tour.