rien ne m'échappe

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J'observe, tranquille mais vigilant

mardi 22 novembre 2016





  
Opus 2 : Le Risque Alpha

Contexte opérationnel ou 
« ce que l’on ne vous précise pas »




Les moyens mis en œuvre par l’industrie du nucléaire pour se prémunir du risque alpha

Dans cet opus 2, je vais traiter de la procédure de repérage pour une contamination alpha, mais au travers de son aspect contextuel, en traçant le cheminement de l’analyse d’un mouchage et son parcours, sans rentrer plus sur le domaine des analyses complémentaires, qui est un sujet à lui tout seul.
Cet aspect contextuel est indispensable pour comprendre certains abus de langage et positionnement qui vont en découler et qui seront développés dans le prochain opus.

Le service radioprotection : SPR

Les SPR (Service de protection contre les radiations) sont en première ligne. Concrètement, pour anticiper un chantier à risque alpha, le service radioprotection du site se doit de réaliser une cartographie du lieu, et réaliser mesures directes et indirectes (frottis) qui donneront des indications radiologiques sur la nature de l’intervention, et ainsi prendre les dispositions nécessaires qui encadreront le bon déroulement de l’intervention.

Le mouchage

Les rayonnements Béta et Gamma peuvent être détectés dans les installations grâce à l’anthropogammamétrie ou les portiques, qui sont de bons outils de détection pour une contamination externe ou interne, cependant, les alpha ne peuvent pas être détectés en contamination interne, du fait de la très courte distance de leurs rayonnements.
Le seul moyen de détecter une suspicion de contamination alpha, nécessite un prélèvement biologique, qui devra être transformé afin qu’il puisse devenir mesurable sur le matériel adapté.
Le matériel et la technique nécessitent une accréditation spécifique relevant du domaine médical.
Ce que l’on appelle usuellement un mouchage, est en fait un prélèvement de mucus nasal.
La principale voie d’incorporation d’une contamination est la voie respiratoire, l’inhalation. Les cloisons nasales sont garnies de poils qui jouent un rôle de filtre. Le mouchage permet de récupérer les particules inhalées du contexte environnant, son analyse permettra de mesurer si la personne a été exposée à un risque de contamination.
C’est un moyen simple, peu contraignant pour le personnel et permettant de donner un résultat « rapidement ».
Toutefois, il faut rester prudent avec cette technique, car elle n’est que semi quantitative et semi qualitative et n’est représentative que de la ponctualité d’une prestation sur chantier.
Ce n’est qu’un indicateur qui permettra de déclencher les analyses complémentaires si besoin est, et des dispositions spécifiques de sécurité, supplémentaires le cas échéant.
Un mouchage est un prélèvement de détection, en aucun cas les mesures effectuées, même si elles sont positives et significatives, ne seront prises en considération dans le calcul de l’évaluation dosimétrique.
Dans certains cas, des mouchages peuvent laisser apparaître de faux négatifs, donc la lecture de cette analyse se doit d’être appréciée à sa juste valeur, en tenant compte de la globalité des résultats effectués sur un même chantier.

Moyens industriels et médicaux

Il faut bien dissocier la nature des différents moyens et analyses réalisés dans le cadre du suivi des travailleurs et comprendre ce qui est de l’ordre de la détection industrielle, de la détection médicale, et ce qui au niveau médical contribue à l’évaluation de dose.

Une anthropogammamétrie est un examen médical, contribuant à l’évaluation de dose.
Le mouchage est une analyse médicale ne contribuant pas à l’évaluation de dose, mais tout autre prélèvement envoyé au LAM (Laboratoire d’Analyses médicales), selles, urines, relève d’un examen médical, contribuant à l’évaluation de dose.
Les dosimètres sont assimilés à des moyens médicaux, car ils contribuent à l’évaluation de dose.
Les portiques sont des moyens industriels mais non médicaux.
Les autres dispositifs de mesure de radioactivité dans les installations sont des moyens industriels, ne contribuant pas à l’évaluation de dose.
Ceci est particulièrement important pour apprécier les propos utilisés dans le discours officiel sur le sujet.

Mouchage, qui décide?

Ce sont les services radioprotection qui font effectuer des mouchages aux intervenants en sortie de zone de chantier, afin de collecter des échantillons pour rechercher les contaminants dont les alpha, qui seront expédiés au laboratoire de radiotoxicologie de Saint Denis, « le LAM », pour analyses.
Si le LAM reçoit un échantillon qui n’est pas inscrit sur la feuille de prescription, celui-ci n’a officiellement pas de devoir légal d’analyse, ce qui signifie deux choses, « Sans accord du médecin ».
a) Un intervenant ne peut pas de son propre chef, demander une analyse.
b) Le PCR (personne compétente en radioprotection) ne peut déclencher un contrôle sur les intervenants.
Que ce soit dans le cas de surveillance de routine ou de suspicion de contamination, la prescription du médecin est obligatoire à toute demande d’analyse.
Ce qui implique une étroite collaboration entre le PCR et le médecin, qui en tout état de cause a le dernier mot.

Le LAM : Pièce maîtresse du suivi radiotoxicologique des travailleurs du nucléaire

Contexte historique et conséquence de la décision de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN)

A l’origine ce laboratoire de radiotoxicologie a été créé, comme une vitrine d’EDF pour faire bonne figure comme moyen de la maîtrise des risques pouvant impacter le personnel. Un plus, en terme de communication, sur la crédibilité de l’exploitant, ce positionnement volontariste s’effondre le jour où l’ASN impose à EDF de réaliser les analyses dans son laboratoire, mais sous conditions d’homologations structurelles, comprenant les installations et de la maitrise technique de son personnel, imposant l’accréditation COFRAC, (Comité Français d’accréditation) mais aussi IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et ASN.
Cette disposition, pose un grave problème à EDF, car elle impose à l’exploitant un regard externe sur sa prestation auprès de l’IRSN, où tous les résultats se doivent d’être communiqués, et loi TSN (Transparence sur la sécurité nucléaire) obligeant, l’entreprise perd de sa maîtrise sur l’aspect communication santé. Sujet au demeurant sensible, car il témoigne de l’impact industriel sur la santé des travailleurs.
Il est hors de question pour EDF de perdre ce contrôle, l’entreprise va alors développer toute une stratégie pour garder la main mise sur le sujet. Stratégie impliquant des mesures de contournement des dispositions réglementaires, ingérence directe sur le fonctionnement du LAM, recrutement sélectif, pression sur les membres de l’équipe, les médecins, infiltration des organismes de contrôles etc…
Jusqu’à la purge de l’effectif trop récalcitrant à l’ingérence de la Direction qui n’a pas été sans faire de graves dégâts sur le personnel.
Le silence conciliant des autorités de contrôles sur les faits, en dit long sur le degré d’infiltration du réseau institutionnel dont bénéficie l’entreprise pour arriver à ses fins en toute impunité : Syndicats, CHSCT, Acteurs du domaine médical interne et externe à EDF, Inspection du travail……Tout ce beau monde non seulement va se taire, mais activement contribuer à faire objection à toutes formes de critiques des faits et de leurs conséquences sur le personnel du LAM, victime isolée prise entre trois feux, l’éthique médicale, la confidentialité imposée par la sûreté nucléaire et la loi sur la transparence nucléaire. A qui la priorité ? Il apparaît des conflits d’intérêts multiples, curieusement personne n’a jamais daigné répondre à cette question juridique. Le problème de l’équipe du LAM est qu’elle se retrouve au milieu de tout ça, isolée, autant dire que la situation peu devenir vite très inconfortable et dangereuse pour peu, que le jugement de valeur d’un membre de l’équipe, ne corresponde pas aux désidérata de l’employeur. C’est ce qui s’est passé à un moment donné, dans des circonstances bien particulières, mais nous aurons l’occasion de revenir dessus ultérieurement.
Ainsi le personnel sera soumis à de vives recommandations qui, à ne pas s’y méprendre, s’apparentent beaucoup plus à des menaces qu’à des bons conseils.
La Direction va prendre des moyens ultimes pour fliquer l’équipe, exercer des pressions sans nom sur certains de ses membres, attachés au respect de l’esprit de l’éthique médicale, et non pas à la conception de forme très orientée qu’EDF en fait, à son avantage.
La loi sur le renseignement entrera pour eux en vigueur bien avant la date effective, avec tous les excès qu’elle peut autoriser pour dissimuler des études compromettantes et des recours pour se défendre de tels agissements.
Il va s’en dire que les dispositions d’une telle loi, n’ont pas été votées pour protéger les intérêts des entreprises, mais au nom de la sûreté nucléaire, c'est-à-dire la raison d’état, on peut tout justifier.
Bilan sur les trois dernières années 80% de l’effectif a été renouvelé, burnout, mutation, licenciement, démission, rupture conventionnelle…..Mais le discours officiel que tout ce petit monde acquiescera sans dire mot, est : Ce sont des situations qui ne relèvent que de cas personnels, il n’y a aucune relation commune de cause à effet, tout cela n’a strictement rien à voir avec ce qui s’est passé au LAM, il ne faut pas faire d’amalgame.

Ceci vous aidera à mieux comprendre ce que la Direction d’EDF dit lorsqu’elle parle de « reconquête du LAM » et les moyens discrets dont elle peut bénéficier pour arriver à ses fins.
Vous l’aurez compris lorsque vous travaillez au LAM, vous avez plutôt intérêt à débrancher votre « prise » de conscience, et à faire ce que votre employeur vous demande.

De par sa conception historique originelle, ce laboratoire n’a jamais eu vocation à avoir un effectif et une capacité de production prévue pour l’ensemble des centrales Françaises, et ce changement imposé par l’ASN n’a rien changé, si ce n’est la mise en conformité du nouveau laboratoire déménagé en 2009 dans les bâtiments de CEIDRE (Centre d’Expertise et d’Inspection dans les Domaines de la Réalisation et de L’exploitation) à Saint Denis, réalisé par une société non spécialisée dans l’aménagement de laboratoire, ce qui a été un désastre sans nom et témoigne des bonnes intentions d’EDF concernant le suivi médical des travailleurs: construire un décor de  laboratoire, pour en faire une vitrine de l’entreprise.
Le problème est que les communicants qui ont eu cette idée géniale, n’avaient strictement aucune conscience de ce qu’implique un laboratoire de radiotoxicologie, où se pratique une chimie très agressive, et où il y a une rare concentration d’exigences logistiques et techniques, qui n’ont rien à envier à un laboratoire d’exploitation en CNPE (Centrale Nucléaire de Production d’Electricité).

C’est dans ce contexte historique que le laboratoire a été réadapté, pour satisfaire à minima l’exigence réglementaire imposée. Cependant, la capacité opérationnelle réelle, par rapport aux besoins, est restée comme lettre morte, elle se base sur le retour d’expérience et les recommandations d’anciens Directeurs du LAM, aujourd’hui travaillant pour EDF, et ayant pratiqué bien avant l’accréditation des techniques d’aujourd’hui, notamment sur les alpha où l’évolution est la plus conséquente. Qui plus est, à cette époque, les centrales étaient encore récentes, ce qui n’est pas un gage d’impartialité sur la question.
Cette décision réglementaire imposée par l’ASN, devient alors quelque peu contre-productive en matière de santé publique, car ce n’est pas les besoins des médecins qui ont conditionné l’investissement du LAM, mais la réalité des  capacités opérationnelles du LAM qui conditionnent les demandes d’analyses des médecins.
Donc les règles « réactionnelles » en cas de contamination sont inévitablement conditionnées et adaptées par cet état de fait.

Traitement du mouchage au LAM et transmission des résultats

Les mouchages sont donc envoyés au LAM de Saint Denis, qui généralement rend les résultats dans les 24 H.
Je dis « généralement », comme je l’ai précisé précédemment, au sein d’EDF, il n’y a qu’un seul laboratoire de radiotoxicologie pour les 19 centrales nucléaires et leurs 58 réacteurs.
Les moyens du LAM en termes d’équipements et de personnel, 7 à 8 techniciens opérationnels ne permettent pas de pouvoir gérer les situations d’incidents simultanés sur plusieurs sites dans le même temps, et difficilement des suivis de chantiers trop importants.
Toute personne ayant déjà vu un parking de centrale lors d’un arrêt de tranche, comprendra facilement ce que je veux dire.

Il n’est pas possible d’effectuer un comptage directement sur un mouchage, en l’état.
Les mouchages sont calcinés au four pour y être réduits en cendres, qui sont ensuite reprises avec de l’eau pour être transférées dans des coupelles spécifiques à la mesure. Une fois la reprise séchée au fond de la coupelle, il ne reste qu’un film de matière.
Cette manipulation est nécessaire, elle permet de réduire l’épaisseur de matière interférente indésirable qui pourrait atténuer les alpha et les empêcher d’être détectés dans la chambre d’ionisation lors du comptage.

Après analyse du mouchage, le LAM saisit le résultat sur la base de données médicales, et le transmet au médecin. Cette base de données médicales servira aussi à faire les extractions des résultats pour les communiquer à la base de données radiologiques SISERI (Système d’Information de la Surveillance de l’Exposition aux Rayonnements Ionisants) de l’IRSN.
Ainsi l’IRSN est au courant de tous les résultats du LAM et a une vue d’ensemble au niveau national de l’impact radiologique sur la santé des travailleurs, tout du moins au niveau statistique, de là à dire qu’ils ont un effectif compétent en radiotoxicologie capable de les analyser de près pour les interpréter objectivement, est un autre débat…

Selon le résultat, le médecin choisira ou non de faire effectuer des analyses complémentaires.
En cas de contamination significative, le service radioprotection par l’intermédiaire de son PCR, doit être averti par le médecin.
Si une personne est contaminée, il appartiendra au PCR de prendre les dispositions d’ordre professionnel, le médecin lui, est en charge des prescriptions médicales complémentaires qui peuvent s’imposer.

Le résultat usuellement donné sous 24 h, permet, en cas de contamination alpha identifiée sur un chantier, de prendre précautions et mesures compensatrices de suivi de chantier à risque alpha, « le plus rapidement possible ».

Il est évident que si ce genre de mesure s’effectuait sur site, le temps de réponse serait seulement d’une à deux heures et permettrait de s’affranchir du temps de transport des échantillons et des horaires d’ouverture du laboratoire où les astreintes ne sont pas de rigueur.
Mieux vaut se contaminer un lundi plutôt qu’un vendredi.

De fait, cet aspect structurel et organisationnel impacte l’aspect conjoncturel, bien connu des médecins qui en pareilles situations se voient contraints de réduire, le nombre de prescriptions d’analyses médicales, pour parer à l’urgence et à la surcharge de travail du LAM.
La chargée d’état-major du service de santé d’EDF ayant pour rôle de coordonner, les relations entre le LAM et les différents services médicaux des CNPE au niveau national.

Vous verrez par la suite, que les discours tenus par les différents acteurs pour justifier cet état de fait, n’y est pas étranger et que celui-ci va indirectement impacter, le choix des moyens du suivi du personnel sur les chantiers et leurs interprétations médicales.
Ceux qui en paient le prix fort sont les intervenants des CNPE, qui au lieu d’un vrai suivi médical, bénéficient d’un suivi médico-industriel, dont la réalité de la vocation s’apparente plus au dédouanement de l’entreprise à ses obligations réglementaires, qu’à la surveillance de rigueur qu’impose le travail en milieu radioactif.
Tout ce système se justifiera par des abus de langage convenu par défaut, qui relève d’un exercice de « com » visant à occulter certaines réalités que les statistiques bien orientées cachent plus ou moins habilement.
Statistiques à peu près aussi fiables que les sondages électoraux ou les chiffres du chômage.

Moyen du respect de l’indépendance du médical

Dès que l’on aborde la question du médical dans le monde du travail, il apparaît une notion de confidentialité, que les personnels médicaux assujettis au code de la santé publique se doivent de respecter et qui entre autres, interdit à l’employeur l’accès aux données médicales nominatives, le fameux secret médical.
L’employeur ne doit aucunement faire preuve d’ingérence ou exercer quelque influence sur le domaine médical, le laboratoire se doit de préserver un caractère indépendant.

Moyens structurels pour préserver l’indépendance du domaine médical

Le fonctionnement du LAM est exclusivement financé par EDF (il n’y a pas de facturation du travail réalisé).
Les personnes travaillant au LAM sont des agents statutaires EDF, leur promotion est décidée au sein d’EDF.
Les médecins du travail sont eux aussi rémunérés par EDF, (accords particuliers entre la médecine du travail et le  domaine spécifique du nucléaire).
En cas d’absence du Directeur médical du LAM, c’est la chargée d’état-major du service santé d’EDF qui valide les résultats.

Ces aspects structurels ne sont pas des gages d’indépendance du domaine médical vis-à-vis de l’exploitant, ni d’objectivité, ceux-ci étant subordonnés aux moyens que l’exploitant veut bien leur attribuer.

Pour donner l’illusion d’une forme d’indépendance du laboratoire, seul le Directeur médical a un statut indépendant.
Sachant que son recrutement et sa formation seront faits par la chargée d’état-major du service de santé d’EDF, ancienne Directrice du LAM, membre du COFRAC, et suppléante en cas d’indisponibilité du Directeur médical. Ce qui s'est passé pendant une longue période, après le double burnout et l’ancien Directeur médical et le licenciement d’une biologiste fraîchement recrutée, qui de toute évidence ne convenait pas à EDF. Licenciée à l’époque au motif « d’atteinte à la sûreté nucléaire » propos de la Directrice de CEIDRE, elle est aujourd’hui en activité au CEA (Commissariat à l’Energie Atomique). Il faudra que l’on m’explique ce que c’est une atteinte à la sûreté nucléaire !!!

Historiquement, l’industrie du nucléaire était le domaine réservé de l’Etat, et tout le réseau institutionnel qui est venu encadrer ce domaine s’est effectué essentiellement en ce temps-là.
Mais l’époque de la privatisation est arrivée, ce modèle institutionnel même s’il a évolué dans les formes, n’a que très peu évolué sur le fond, et aujourd’hui il n’est pas sans poser quelques problèmes.

C'est-à-dire, l’Etat, sous couvert d’une entreprise qui a été en partie privatisée, laisse bénéficier les investisseurs privés, qui ne se gênent pas pour exercer des pressions, sous protection de ce système réservé et sécurisé originel, et son réseau institutionnel, les dédouanant ainsi des mesures drastiques, prises au nom de la rentabilité, et qui ne sont pas sans conséquences.
Les installations vieillissent, les conditions de travail se dégradent, en termes de santé publique, les résultats sont à la hauteur de ces dégradations.
Le premier endroit où celles-ci apparaissent, et qui plus est, sont centralisées, c’est bien évidemment au LAM. Si les personnes se contaminent c’est qu’il y a des raisons, elles peuvent être multiples, mais lorsque celles-ci commencent progressivement à s’étendre à plusieurs sites, il est difficile d’exclure le phénomène générique.

Seulement voilà, lorsque des intervenants montrent des signes suspects de contamination alpha, ils sont susceptibles de recevoir un suivi médical adapté suite aux premiers éléments fournis par le résultat des mouchages, en bénéficiant d’analyses complémentaires spécifiques.
Mais qui dit présence d’alpha, dit problème d’intégrité des barrières de confinement du combustible, et contamination des circuits, ce qui soulève la question de la vétusté et de la fiabilité des installations, avec tous les risques que cela comporte.
Sujet au demeurant sensible dans une conjoncture défavorable, amplifiée par une insuffisance de vision à long terme de la réalité objective de l’état des installations. Ceci a fortement conditionné l’absence de pertinence du mix énergétique pour rester en adéquation avec les besoins nationaux en énergie, sans parler du thème de la santé publique dont la recevabilité est réservée à une élite bien choisie.
Lorsqu’il est fait obstruction à la diffusion des bons indicateurs, il devient impossible d’anticiper correctement les choses, et un jour on se retrouve devant une réalité qui s’impose d’elle-même et qui ne laisse plus le choix.

Le fait est, que le discours prophétisé par le corpus médical sur cette question, semble plutôt favorable à une vue industrielle que médicale, favorisant grandement des interprétations convenues, mais qui pour une personne avertie relève beaucoup plus de l’intox visant à dissimuler « une faute professionnelle » quelque peu conditionnée.
C’est pourquoi, il est si important de connaître les éléments traitant du contexte organisationnel et opérationnel pour bien comprendre les positions de chacun.
Il y a un fossé énorme entre la réalité opérationnelle et les principes de réactivités industrielles et médicales.

Ce qui sera le sujet de l’opus 3, à suivre …….