rien ne m'échappe

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J'observe, tranquille mais vigilant

samedi 10 décembre 2016




       
 Opus 3 :  Le Risque Alpha



L’étrange discours du Docteur Knows, 
Magicien de Chooz

En 2013, il est apparu sur nombre d’échantillons en provenance de sites, une tendance très inquiétante.
Nombre d’échantillons dits « systématiques », c’est-à-dire qui ne relèvent aucunement d’une suspicion de contamination suite à incident, montrent des valeurs de contamination alpha.
L’équipe du LAM (laboratoire d’analyses médicales d’EDF) alors surprise de la fréquence de ces résultats, alerte son management ; un site est plus particulièrement touché par ce phénomène, le site nucléaire de Chooz.
Le site de Chooz fait effectuer des mouchages, pour contrôler les intervenants, ceux-ci confirmeront l’alerte.
L’alerte remonte au sein de la Direction de CEIDRE qui à son tour alerte la DPN (Division Production Nucléaire), qui devant l’état de fait, diligentera un audit interne pour analyser la situation.

Le résultat de cet audit, revêt soudainement un caractère ultra confidentiel, et la Direction en refusera l’accès aux membres de l’équipe technique du LAM à l’origine de l’alerte.
Les éléments de cet audit pourtant, sont à même de permettre d’identifier la relation de cause à effet, entre la nature de la contamination et les dysfonctionnements qui en sont à l’origine, et ainsi, améliorer la réactivité face à la situation, et donner de précieuses informations essentielles dans l’interprétation de l’identification des contaminants.
Mais les hautes sphères de la Direction d’EDF, ne l’entendent pas du tout de cette oreille, un véto est imposé.
Fait très étonnant, le relativisme de cette affaire va être porté par la médecine du travail au travers d’un exercice de com, qui mérite d’être commenté.
Les propos émanant d’un médecin font généralement office de référence en matière de santé, et il n’est pas question de lui opposer une contrepartie qualifiée, son interlocuteur démuni ne peut que faire déférence à son statut.
Pour apprécier le discours du médecin à sa juste valeur, il est indispensable d’avoir lu les deux premiers opus qui traitent du contexte opérationnel et qui ne sont pas sans conditionner ses propos, sans quoi vous risquez de passer à côté de l’essentiel de la nature profonde de cet exercice de style.

Ci-dessous extrait de deux documents officiels, traitant de la réalisation de cet audit et des commentaires qui lui sont associés.

Reprenons l’identification du risque radiologique, risque alpha, mesure et cartographie, que lit-on dans « les projets de recommandation », il faut entendre dans le terme recommandation « parade à ce qui a dérivé. »
En rouge, extrait de document officiel, en bleu commentaire.

Reconquête de la propreté radiologique de l’installation :
- S’assurer que les moyens de contrôle mis en œuvre permettent de quantifier cette reconquête et d’identifier les dérives éventuelles (par exemple : cartographies plus denses et plus fréquentes sur les locaux à risques avec un seuil de détection plus bas) 

On comprend que le travail effectué par les services radioprotection, est, inadapté, les moyens de détections sont d’une part insuffisants, mais plus grave, les mesures effectuées sont soumises à des seuils d’interprétations qui minorent le danger et ne permettent pas de prévenir des risques, pourtant ceux-ci vont être mesurés au LAM dans les échantillons fournis par le personnel.
Là nous sommes devant un fait très grave, les valeurs des seuils de détections sont génériques au sein d’EDF, donc si ce fait arrive sur un site, cela veut dire qu’il n’est pas à exclure que d’autres incidents de ce type puissent se produire sur d’autres sites.
Ce constat explique à lui seul, pourquoi des traces de contaminations ne sont retrouvées sur les échantillons de selles, qu’à postériori, et sur des analyses systématiques de contrôle annuel, et non pas en suspicion de contamination.
Ainsi nombre de cas passent entre les mailles du filet.
La capacité d’analyses radiotoxicologiques alpha sur une année au LAM oscille entre 300 à 500 personnes contrôlées, ce qui pour les 19 centrales EDF est très peu, dans la fourchette moyenne cela représente une vingtaine de personnes par site  
(1000 personnes), sachant que certains sites n’envoient pour ainsi dire jamais d’échantillons.
Le terme reconquête a déjà été utilisé, (voir opus 2 « reconquête du LAM »).
Lorsque l’on connaît le contexte de son utilisation, et les conséquences occasionnées au sein du LAM, il y a tout lieu de s’inquiéter de l’intention qui se cache derrière ce propos.


Concernant la contamination interne des intervenants
En mars 2013, quatre analyses se sont révélées positives pour des personnes qui travaillaient sur les chantiers HK (prélèvements effectués en novembre 2012). Un lien a été établi avec la contamination de deux intervenants précédents (septembre 2012) ayant travaillé sur le chantier de « dépose des luminaires » non identifié comme chantier à risque alpha.

Dans l’opus 1 il est expliqué d’où provient la contamination alpha : Les ruptures de gaines entrainent une contamination des circuits en contact avec le fluide primaire.
Là on parle de luminaires, il va de soi que les luminaires ne sont pas au contact du fluide primaire. Ce qui signifie qu’une opération de maintenance (ouverture d’un élément du circuit primaire, découpe, meulage ….) a permis de mettre en suspension dans l’air quantité de contaminants alpha.
Contrairement au discours convenu, les ruptures de gaines sont beaucoup plus fréquentes qu’il n’y parait, et l’intérieur du circuit primaire est très fortement contaminé en alpha, mais d’un point de vue industriel, cette contamination est jugée acceptable jusqu’à un certain niveau. Là aussi, nous sommes devant des seuils de détection, et de décisions qui sont entièrement à la main de l’opérateur, une certaine tolérance industrielle de présence d’alpha dans le fluide primaire est jugée acceptable avant intervention.
Déterminer quel élément combustible est endommagé est une opération délicate, son retrait implique un arrêt réacteur, donc le coût est considérable, au nom de la rentabilité les tentations sont inévitables.

Quel discours est alors utilisé pour relativiser la chose : Extrait d’un échange  entre représentant du personnel, correspondant sécurité, et médecin du travail lors d’un CHSCT intersites relatant l’audit de Chooz.

Le correspondant à la sécurité précise que la difficulté est de rattacher la contamination à un chantier particulier :
L’audit visait donc à compiler des interviews, pour avoir une idée des causes possibles et des pistes pour expliquer ces contaminations.

Il suffit de regarder les résultats des mouchages pour cela, et les analyses complémentaires prescrites devant les cas de contaminations. La réactivité médicale est pour le moins surprenante voire incompréhensible. Il apparaît que des intervenants qui ont été identifiés contaminés au mouchage, n’ont pas bénéficié d’analyses complémentaires alpha. Il n’y a pas eu d’exclusion de zone juste après les détections, du coup les intervenants ont pu, au cours d’un même mois changer de zone de travail tout en ayant été contaminés, ainsi il devient impossible de déterminer les lieux précis de contamination et leurs causes.
Ceci pose la question des seuils de réactivité médicale, en fonction des mesures effectuées sur les mouchages.  Manifestement les seuils de détection de positivité entre le laboratoire et la médecine du travail ne sont pas les mêmes.
Il va sans dire, que les médecins ne considèrent pas un risque de contamination, en deçà d’une certaine valeur mesurée dans les mouchages, ces valeurs par défaut relèvent d’une approche historique (voir opus 2). Le fait est, les valeurs considérées pour déclencher une réactivité opérationnelle, ont permis une sûre et lente dérive de l’approche des médecins et des services de radioprotection. Les seuils de décisions ont été élargis dans des proportions totalement irraisonnées qui puisent leurs fondements sur une absence de veille sanitaire, et de révisionnisme des valeurs normatives d’un autre temps.
Pourtant il était facile pour les auditeurs de croiser les données médicales du laboratoire avec la réactivité sur site, vu que la chargée d’état-major du service de santé d’EDF, faisait aussi partie de l’équipe d’audit, et que dans le même temps elle assurait la validation biologique des échantillons du LAM en sa qualité de suppléante du Directeur médical, arrêté pour burnout, au moment des faits. (Situation confuse qui n’est pas sans générer un conflit d’intérêt criant, EDF est aux commandes de l’audit mais aussi du laboratoire et a non seulement accès à toutes les données médicales, mais aussi à leurs validations biologiques) La chargée d’état-major du service de santé d’EDF est en position de juge et partie.
Le croisement des données médicales avec la réactivité opérationnelle du site est pour le moins accablant, alors dire qu’il est difficile de rattacher la contamination à un chantier particulier est pour le moins surprenant.

Il a été identifié que la contamination était faible et diffuse sur l’ensemble de l’installation. En effet des mouchages ou des analyses de selles ont été positifs sur des activités non liées à du démantèlement (personnes travaillant dans la logistique annexe, circulant dans l’installation).

Avec des seuils de détection et de décision inadaptées, facilitant la non détection des contaminations rien de surprenant et tout à fait logique.

L’atmosphère de travail dans les cavernes est poussiéreuse, et ces poussières ont été contaminées lors de l’ouverture des tuyauteries à la fois par des spectres alpha et bêta. Il insiste sur le fait que ce sont des traces qui sont retrouvées, et non des contaminations élevées.

Si le fait de passer ponctuellement dans les installations permet de retrouver de la contamination sur le personnel de la logistique, qu’en est-il pour le personnel y passant 8 heures d’affilée.
Si l’on retrouve des traces sur les personnes, c’est que l’activité ambiante doit être détectable, et pour contaminer de toute évidence une grande partie du lieu, la contamination a dû être non seulement conséquente, mais tout porte à croire qu’elle s’est étendue au-delà de son périmètre de confinement.
Le médecin ne précise pas que les faibles doses, au cours du temps s’accumulent, et une fois fixées ne donnent que des signes de traces en radiotoxicologie alpha, lorsqu’elles ne sont analysées qu’à postériori et longtemps après la date de contamination. Plus on tarde à détecter la contamination alpha, plus elle devient difficile de la détecter, et plus il devient facile de proposer une argumentation qui vise à la minorer.
Parler de traces est totalement abusif et inapproprié.

Le représentant du personnel demande si toute l’installation est contaminée alpha.

Le correspondant à la sécurité répond « à des endroits », mais redit qu’il s’agit de traces.
A des endroits ! Comment sait-il cela, alors que quelques lignes plus loin il dit « Les contrôles RP mis en œuvre ne permettent pas de détecter ces petites contaminations, car elles sont inférieures au seuil de détection. » le médecin de son côté dit qu’ils ont du mal à rattacher la contamination à un chantier particulier.

Le médecin du travail explique que si on fait une analyse de selles de personne travaillant en zone contrôlée, on va fréquemment retrouver des traces de microcontamination. 

Le médecin reconnaît que les microcontaminations sont courantes et apparemment pas une découverte pour lui, ceci-dit ses propos sont faux, lorsqu’une personne bien formée, évolue en zone contrôlée où les risques du chantier sont bien évalués, on ne retrouve pas de trace de microcontaminations chez les intervenants. 

C’est pour cela que pour avoir une analyse de selles fiable sur de l’alpha, il faut une exclusion de zone. 

Donc faire des analyses alpha sur des gens lorsqu’ils sont en exercice fausse le résultat, et le fait est apparemment aussi peu surprenant que normal 

Si à l’issue de l’exclusion, l’analyse de selles est positive, cela veut dire que la contamination interne est fixée. Là je suis d’accord, mais la vraie question est, si elle est fixée, elle est fixée où ? Vous verrez par la suite que le médecin tient à ce sujet des propos très surprenants.

Le correspondant à la sécurité explique que le médecin du travail du site préconisait donc une exclusion de zone des personnes ayant des mouchages positifs de manière à savoir s’il y avait microcontamination, si la contamination était fixée ou pas.

Ce que le correspondant sécurité ne dit pas, est que cette mesure d’exclusion de zone, ne semble pas avoir été mise en place.
Il apparaît qu’un certain nombre d’intervenants, et ce de manière récurrente, ont produit dans le même mois plusieurs mouchages positifs à des dates différentes. Au mois de Juin par exemple un de ces intervenants a produit 11 mouchages à 6 dates différentes, tous positifs en Béta, ou cet autre qui produit 7 Mouchages systématiques à 3 dates différentes, tous positifs en béta et dont 2 sont positifs aussi en alpha.
La constance de ce type de résultats au cours des mois montre que malgré les mesures effectuées, et l’alerte émise par le LAM, et ce malgré l’audit déclenché, le choix du risque de continuer à exposer les intervenants a été fait.

Mis à part 2 personnes pour lesquelles ils sont en attente de savoir s’il y aura enregistrement de dose, il s’agit pour les autres de traces, de microcontaminations non fixées. Concernant l’installation, Le médecin du travail indique qu’il y a effectivement une microcontamination alpha, de l’ordre du becquerel, et M. Le correspondant à la sécurité précise qu’il s’agit du genre de microcontamination que l’on n’arrive pas à détecter aux appareils de mesure.

D’un point de vue industriel, le terme microcontamination se veut rassurant.
D’un point de vue médical lorsque l’on parle de valeur de l’ordre du Bq, on ne parle plus de microcontamination.
Pour les personnes non averties, il est important de préciser qu’en mesure alpha, suivant les conditions de la contamination, quelques milli-becquerels mesurés peuvent induire une dose engagée.
Il est extrêmement dangereux et malhonnête, d’assimiler des valeurs de mesures de résultats médicaux à des valeurs de mesures de radioprotection, il faut des Bq mesurés en radioprotection pour que l’on trouve des mBq au niveau médical. Une valeur mesurée de 1 Bq en alpha au niveau médical, fait que nous sommes devant un cas de contamination gravissime.

Le médecin du travail redit que ce n’est pas parce qu’il y a microcontamination qu’il y a une véritable contamination interne.

Faux !!! Ceci est un abus de langage de « com », extrêmement dangereux, sur lequel je reviendrai ultérieurement tant il demande à être précisé.

Le représentant du personnel redit qu’il faut trancher, à savoir si l’installation est contaminée alpha ou non.
Le correspondant à la sécurité répond qu’il y a des chantiers qui sont dans une ambiance contaminée, avec des poussières qui viennent de l’installation et sont relarguées par des sols et des parois en béton nu, ou encore
des déchets ou du matériel qui restent longtemps au même endroit.

Si c’est le cas, cela veut dire que la contamination est généralisée et que les poussières sont continuellement remises en suspension dans l’air, en pareille situation le port du masque est obligatoire.
Cela traduit un manque d’anticipation et de suivi de chantier évident, la propreté radiologique du site semble fortement dégradée, et tout laisse à penser que cette situation va s’inscrire dans la durée vu l’ampleur du phénomène, nombre de dispositions n’ont pas été prises à temps pour garantir la sécurité des employés.

Les contrôles RP mis en oeuvre ne permettent pas de détecter ces petites contaminations, car elles sont inférieures au seuil de détection.

Faux sur un NT 200 on mesure des frottis en alpha à 0.1 Bq, alors des activités de l’ordre de 1Bq sont non seulement tout à fait identifiables, mais relèvent d’une alerte au risque alpha. Ce ne sont pas les seuils de détections qui sont à mettre en doute, mais les seuils de décision imposés et convenus pour déclencher une réactivité qui soit en adéquation avec le risque sanitaire.
Lorsque l’on sait sur quoi, et qui, ont contribué à leur relativisme, (voir opus 2) il est plus facile d’apprécier l’inévitable dérive de la surveillance en Radioprotection qui aujourd’hui est médicalement perceptible.
C’est ce qui arrive lorsqu’on établit des normes par défaut, en faussant les relations de  causes à effets par des indicateurs bien choisis. 
Le médecin du travail insiste sur le terme de microcontaminations, formulation sous entendant qu’il ne faut pas dramatiser la situation car, celles-ci n’ont qu’un impact très faible et n’occasionnent pas de dommage sur la santé des intervenants.
Faisant le constat de l’impertinence de l’approche radioprotection de la situation, il apparaît quelque peu prudent de se demander si l’approche médicale ne serait pas du même ordre, et croyez-bien que celle-ci va soulever quelques questions et pas des moindres.


Regardons plus en détails certains aspects développés.

Le mode de contamination

Le médecin du travail rappelle que lorsqu’un mouchage est positif, c’est qu’il y avait une contamination non fixée donc récupérée au mouchage. La plupart des contaminations rencontrées sur le REP sont digestives, donc tout est récupéré dans les selles en 3 jours.
Tout autre chose est une contamination dite fixée (sur les organes cibles), avec un « relargage » urinaire et au niveau des selles. A partir du moment où la contamination est fixée, on va pouvoir la suivre dans le temps. En fonction des courbes de modélisation, on va pouvoir revenir à une activité et calculer une dose engagée sur 50 ans, qui va être appliquée en une seule fois à l’instant T.

C’est avec ce genre d’arguments fallacieux que tout le secteur de la surveillance médicale a gentiment dérivé.
La plupart des contaminations rencontrées sur le REP (Réacteur à eau pressurisé) sont digestives.
!!!Il est bien connu que le premier critère de recrutement des intervenants en installation nucléaire est leurs spécificités physiologiques, ils ne respirent pas, mais ils mangent de l’air, c’est pourquoi principalement les contaminations sont digestives.
C’est d’ailleurs pour cela que l’on effectue des mouchages sur les intervenants, tout le monde sait bien que le nez représente la principale voie d’entrée pour ingérer les aliments !!!
Il faut être Docteur pour faire avaler une énormité pareille !!!
Alors ce passage en force n’est pas innocent, mais pourquoi privilégier le mode d’incorporation digestive prioritairement par rapport au mode inhalation.
Tout simplement parce que les facteurs de calculs utilisés  pour convertir les Bq en Sv sont beaucoup plus pénalisants dans le mode inhalation que dans le mode ingestion.
Il faut savoir une chose, lorsqu’une mesure en spectrométrie alpha est effectuée, le labo est sûr de ce qu’il mesure, et s’il a mesuré un contaminant alpha d’origine industrielle, c’est qu’il y a une contamination avérée.
Il faut savoir que, ce qui va conditionner une déclaration de dose, n’est pas en soi la valeur intrinsèque de la mesure, mais le choix des paramètres de calcul, qui lui sera associé, correspondant aux propriétés physicochimiques et radiologique du contaminant, de son mode d’incorporation, et du temps d’exposition interne. (Le temps entre la date de contamination effective et la production de l’échantillon).
C'est-à-dire, que pour une même mesure, suivant les paramètres utilisés, vous pourrez avoir des résultats complètement différents, une contamination alpha par inhalation obligeant à une déclaration de dose, si elle est calculée en mode ingestion pourra devenir non significative.
Le choix de ces paramètres sont entièrement à la main du médecin du travail, (mais surtout du Valideur biologique du LAM, qui lui propose une estimation de dose).
Vous comprendrez dès lors que ce genre de discours et l’utilisation de tels arguments relèvent d’un conditionnement médico-industriel qui traduit bien le climat dans lequel le corpus médical est contraint d’évoluer.
Discours qu’il est difficile d’appréhender si l’on n’a pas lu l’opus 2, où est évoqué la volonté d’ingérence de l’entreprise pour avoir la main mise sur le laboratoire.

Le médecin parle de courbe de modélisation, qu’est-ce que c’est ?

Petit rappel :
Pourquoi d’abord faut-il faire une mesure alpha sur des prélèvements biologiques ? : Tout simplement parce qu’une mesure directe n’est pas possible, une feuille de papier suffit à arrêter le rayonnement alpha, il est tellement chargé qu’il est capable d’interagir avec tout ce qui l’entoure, donc une fois incorporé dans l’organisme une mesure directe est impossible.
Si l’analyse des alpha se fait sur les selles c’est uniquement parce qu’il est plus simple de faire un prélèvement de selles que de poumon.

Le docteur parle de courbe de modélisation.

Les courbes de modélisation ont deux fonctions, déterminer le mode d’incorporation, ingestion ou inhalation.
Retrouver l’activité de la contamination d’origine, dans le temps.

En cas de contamination par voie digestive, une personne élimine environ 80% de la contamination par jour, le lendemain elle évacue donc 80% des 20% restants et ainsi de suite chaque jour, au bout de 3 j une contamination digestive est généralement résolue. Vous comprendrez dès lors pourquoi il est important d’avoir une grande réactivité pour savoir à quoi a été exposé l’intervenant, parce que si vous lui demandez une selle au bout d’une semaine, vous risquez de ne pas retrouver grand-chose.
Lorsqu’une contamination est repérée sur installation, pour forcer cette élimination les médecins prescrivent l’absorption de laxatif pour accélérer ce processus.
Ce que le médecin ne précise pas, lors d’une contamination par ingestion, une partie de la contamination ingérée, est absorbée par l’organisme au même titre que les nutriments, la contamination passe au sang, donc tout n’est pas rejeté, cette fraction est calculée grâce à des facteurs de transfert, définis dans la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique), cette proportion servira à déterminer la dose incorporée mais celle-ci étant proportionnelle à l’activité mesurée, dans le cas d’ingestion, plus la production de l’échantillon sera différée, plus le résultat sera minoré.
L’étude des dates des prescriptions d’échantillons de selles par rapport à la contamination avérée des mouchages est très révélatrice de cette pratique. Il est vrai que parfois l’aspect conjoncturel d’un chantier, la situation personnelle de l’intervenant ou autre, puissent justifier ce genre de situation. Mais au regard de la chronicité de ce genre de pratique, en tenant compte du discours du médecin à systématiquement prioriser la contamination digestive, il aurait été opportun de faire remarquer à ce Docteur, que lorsque les échantillons sont fournis une semaine après la contamination, son interprétation du mode d’incorporation apparaît comme surprenante, et contredit ses propres propos.

1) Après 6 jours entre la date de contamination et la production de l’échantillon, on ne peut plus parler de mode d’incorporation par voie digestive, c’est de l’inhalation.
2) Après 6 jours, si l’on considère absolument que le mode est l’ingestion, parce qu’il n’y a pas eu d’exclusion de zone, induit que l’intervenant se contamine en continu chaque jour, soit sur un chantier, soit sur un lieu contaminé non identifié.
3) Les cinétiques d’éliminations ne confirment pas son approche de la question.

Lors des analyses radiotoxicologiques la cinétique d’élimination par voie digestive se traduit par une variation significative de la diminution de l’activité mesurée sur chaque selles espacée de 24h, le premier échantillon étant beaucoup plus contaminé que le second et ainsi de suite jusqu’à obtenir un ou des échantillons non contaminés, ce qui signifie que la contamination digestives a été évacuée.(En contrôles systématiques, un patient fournit 3 selles espacées de 24 h chacune, dans les cas de suspicion de contamination parfois plus.)
Cette cinétique d’élimination (dont la représentation graphique est une courbe très prononcée) est caractéristique d’une contamination digestive.

Est-ce que pour autant cette mesure signifie qu’aucune particule n’a pas été inhalée ? Non.
Il est bien évident que si l’on trouve de la contamination digestive, à coup sûr il y aura de la contamination par inhalation, tout simplement parce que les intervenants qui vont en zone n’y vont pas pour casser la croûte mais pour travailler, et lorsque l’on travaille on respire. (Est-il bon de repréciser, vu que ça n’a pas l’air d’être évident pour tout le monde.)

Mais alors comment distinguer une contamination digestive d’une contamination par inhalation en réalisant une analyse de selles.
Pour se faire, il faut déjà comprendre comment les particules passent du système respiratoire au système digestif.

Lorsque la personne respire, les cellules ciliées qui habillent la trachée, bloquent une fraction des particules les plus grosses et  protègent ainsi les bronches. Par phénomène de toux, ces poussières sont expulsées hors de la trachée, et régurgitées dans l’œsophage rejoignant ainsi le tractus intestinal.
Au terme de la phase digestive, la récupération des selles permet alors d’en mesurer l’activité alpha, mais la provenance de cette contamination n’est pas d’origine digestive, mais respiratoire.
Et c’est là que le modèle cinétique d’élimination dans les selles prend toute son importance.
Ce modèle d’élimination est très différent, du modèle cinétique digestif, il se caractérise par des éliminations aléatoires, le premier échantillon va être contaminé le second non et le troisième à nouveau contaminé, les valeurs sont souvent faibles, avec une variabilité de mesure d’activité assez proche les unes des autres. Parfois seul un des trois échantillons est contaminé …..
Ces variations correspondent au phénomène de régurgitation et aux décollements progressifs des particules qui sont restées bloquées dans la trachée, ou qui avaient une taille trop importante pour se fixer durablement dans les alvéoles des bronches.
La courbe d’élimination (représentation graphique très légèrement en pente) d’une contamination par inhalation, mesurée dans les selles, est très différente d’une réelle contamination digestive, et s’identifie facilement.
Lorsque de manière récurrente il apparaît des traces de contamination dans les selles, cela ne veut pas forcément dire que la personne s’est contaminée le jour même, ces traces peuvent provenir d’une contamination antérieure partiellement fixée dans la trachée ou les bronches que l’organisme expulse petit à petit et ce de manière plus ou moins aléatoire dans le temps.
C’est en cela que le médecin parle d’exclusion de zone, si au bout d’une semaine, une personne qui ne va plus en zone produit un échantillon de selles contaminées, cela signifie que le métabolisme digestif n’entre plus dans le cadre du modèle cinétique d’ingestion, la contamination relève donc d’une incorporation par inhalation.

L’entreprise a-t-elle alors intérêt à ce que les médecins du travail préconisent une exclusion de zone des intervenants ?
Pas vraiment, mieux vaut que le calcul dosimétrique soit fait avec le mode ingestion environ100 fois moins pénalisant que le mode inhalation.
Pas d’exclusion de zone, c’est diminuer de 100 fois le risque d’avoir à déclarer une dose, en se  justifiant du choix du mode d’incorporation, défini par abus de langage convenu au sein de l’entreprise. « Toutes les contaminations sont digestives ».

Comment vérifier que la contamination puisse être passée dans le sang.
Lorsque des contaminations apparaissent sur des échantillons systématiques, (ceux-ci sont généralement demandés au retour de congé des employés, donc après exclusion de zone), cela signifie que nous sommes devant un cas de contamination par inhalation.
La résorption d’une contamination dite fixée, est proportionnelle à la solubilité de la particule radioactive qui la constitue, lorsque celle-ci est soluble, alors elle rejoint le sang au niveau du poumon lors de l’oxygénation, le sang irrigue l’organisme et est filtré au niveau du rein, le produit de cette filtration est l’urine.
Une mesure alpha des urines permet donc de détecter le passage au sang d’une contamination et de suivre son élimination dans le temps, mais ces particules étant difficilement solubles leur élimination est très lente et étalée dans le temps.

L’Analyse radiotoxicologique alpha des urines, n’est pour ainsi dire, jamais prescrite, au LAM.
A cela deux raisons.
a) La doctrine médicale appliquée dans le monde du nucléaire fait que par défaut la voie de contamination est forcément digestive.
b) Cette analyse particulièrement chronophage, demande une mobilisation importante en terme de personnel, moyens, et installations, ce dont le Laboratoire ne dispose pas, il est donc techniquement impossible d’envisager une telle analyse à grande échelle.

Le médecin parle de microcontamination, ce à quoi il est important de réagir avec force.
Il faut considérer un fait technique qui a toute son importance et qui va vous aider à comprendre pourquoi, il est très abusif de classifier une activité en milli-Becquerel, comme une microcontamination.
Lorsque qu’une personne se contamine, le temps d’exposition pris en compte, se situe entre la date de contamination et le jour de production de l’échantillon.
Mais lorsqu’une analyse systématique fait état d’une contamination, cela signifie que la personne a travaillé sur un chantier non identifié à risque alpha, oui mais lequel et à quelle date ?
En pareille situation, et faute d’éléments factuels d’identification, la date de contamination utilisée pour le calcul de dose,  est la zone médiane entre la date de production de l’échantillon et la dernière analyse radiotoxicologique.
Si la personne n’en a pas eu depuis un an, ce qui est généralement le cas, vu l’inadaptabilité des moyens médicaux au sein d’EDF, le temps d’exposition sera de 365j/2= 182 j, donc 182 fois la valeur mesurée journalière après analyse, et la micro-contamination n’est alors plus si micro que ça.
Le mode d’incorporation générant des facteurs de calculs associés très différents, il devient relativement simple de minorer un résultat et de s’affranchir d’une déclaration aux autorités, en priorisant le mode d’incorporation (ingestion) le moins pénalisant. Certains résultats posent questions …..
Qui contrôle les bonnes pratiques du médecin, dans son approche de l’évaluation de dose ? A vrai dire personne.
Qui effectue le calcul de dose ? Légalement c’est le médecin du travail, mais l’offre de service du LAM va plus loin, car elle propose à tous les médecins l’estimation de dose, en guidant l’interprétation possible du scénario de la contamination, qui justifie l’utilisation des facteurs de calculs.
La fonction de Directeur médical du LAM, est supervisée par la chargée d’état-major du service de santé d’EDF, qui a pour mission sa formation, et d’établir la coordination entre les différents médecins mais aussi le laboratoire. Elle supervise aussi les déclarations qui sont faites aux autorités légales, ASN, IRSN, et en qualité d’ex Directrice du LAM est de plus suppléante en cas d’indisponibilité du Directeur médical, ce qui est le cas au moment de l’audit (où elle fait partie de l’équipe des auditeurs).

Lorsque l’on observe les incohérences de prescriptions entre les différentes analyses effectuées par les médecins, et le très faible nombre de déclarations de contaminations aux autorités ayant un impact dosimétrique, au vu des mesures effectuées au laboratoire, il n’est pas inopportun de se poser des questions sur l’objectivité et l’indépendance réelle des acteurs médicaux au sein d’EDF.

Des points négatifs

Une boucle d’analyse, de restitution, et d’action beaucoup trop longue
– Pas de visibilité et d’anticipation de la charge de travail du LAM
– Restitution des résultats d’analyse à la médecine du travail beaucoup trop longue (de l’ordre de plusieurs mois) qui rend impossible la prise de mesures rapides / dispositions pour maîtriser les situations de contamination

Les conclusions, émises sur les lenteurs de transmission des résultats entre le LAM et le service médical du CNPE de Chooz sont fausses : Les résultats des mouchages sont transmis dans les 24 h.
Nombre de ceux-ci montraient des traces de contaminations alpha, c'est-à-dire que le service médical du site a été tout de suite au courant du risque alpha non identifié sur les chantiers.
Concernant les échantillons suspectés de contamination ceux-ci sont traités de manière prioritaire et les résultats sont connus en moins d’un mois.

Pas de visibilité et d’anticipation de la charge de travail du LAM : Eh oui !!! Les médecins ne devraient pas à avoir à se soucier de ce genre de question, les raisons en sont bien connues, (voir Opus 2), néanmoins c’est sur la prestation du LAM, que le médecin se décharge, alors qu’il sait très bien que cette responsabilité incombe aux moyens qu’EDF veut bien lui consentir. (de l’ordre de plusieurs mois) cela fait référence à la contrainte occasionnée par la restauration du laboratoire suite au malfaçons conceptuelles qui a obligé l’équipe à travailler plusieurs mois dans des conditions très dégradées, freinant considérablement sa capacité de production.

Les contrôles systématiques de selles datant de 2012 et réalisés en début d’année 2013 montraient déjà des traces de contaminations alpha, ce qui signifie que le phénomène n’était pas ponctuel et datait de longue date et ce de manière récurrente, il était donc médicalement identifié.

Il est d’ailleurs très intéressant de voir la traçabilité, de la cohérence des prescriptions des analyses complémentaires suite aux alertes des mouchages positifs en alpha.
Est-ce que la pertinence d’approche de la réactivité au vue des résultats, est adaptée ?
Le fait est, le discours tenu se veut rassurant, mais il est loin d’être objectif, et les arguments développés visent à dédouaner l’employeur, en relativisant les faits.
Est-ce le rôle du médecin et du correspondant sécurité ?
Qui fait les frais d’une telle attitude ?

Pour l’un des intervenants déclarés positifs il n’y a pas de mouchage associé à la positivité des analyses de selles. L’intervenant travaille principalement sur la décontamination des tubes pastillés (aérogommage et cérium) en galerie Ga. Le risque de contamination dans le sas et le bol GV est présent mais faible (suite à la décontamination chimique).
La cause de la contamination reste inconnue.

Comment peut-on sous-entendre la pertinence de la source d’une contamination avérée par positivité de l’analyse des selles qui est une mesure extrêmement précise en radiotoxicologie, devant le fait que celle-ci n’a pas été détectée par un mouchage au préalable.
L’analyse d’un mouchage est semi qualitative et quantitative, il suffit que la particule alpha soit sous dépôt de cellulose dissout au fond de la coupelle lors de la mesure pour que son énergie atténuée soit mal voire non détectée.
C’est pourquoi, une interprétation raisonnée des résultats des mouchages doit tenir compte du caractère individuel mais aussi collectif du chantier d’où ils proviennent.
L’analyse du mouchage n’est qu’un indicateur, s’il y a présence de contamination, une analyse complémentaire s’impose de fait.
Dans le cas présent, je ne saurais recommander au médecin d’envisager aussi la possibilité d’une contamination par inhalation antérieure. Ah !!! mais oui j’oubliais, la contamination étant forcément digestive, donc ce résultat est étrange, sous entendant que les résultats du laboratoire……

La question alors à se poser serait plutôt, mais à partir de quelle valeur d’activité le médecin réagit et fait remonter l’information au service radioprotection.
Comment peut-on conclure : « La cause de la contamination reste inconnue.» alors qu’il y a présence de contamination dans le SAS, « faible » (suite à la décontamination chimique). Par curiosité j’aurais aimé savoir, mais avant décontamination la présence était comment ?
Non la contamination n’est pas inconnue, elle est le résultat d’un laxisme dans la surveillance du personnel et de l’évaluation des risques des zones dans lesquelles il travaille.

J’arrêterai là les commentaires sur cet audit.
Les propos tenus sont clairement commandités par les sphères autorisées de la Direction, bien qu’ils soient totalement infondés et irrecevables dans l’esprit de l’éthique médicale.
Qu’un médecin du travail puisse user de pareils propos pour justifier d’une situation accablante est tout simplement abracadabrant. Il y a une contamination mesurée, pas de problème, le médecin intervient et elle disparaît, c’est magique !!!
En tout état de cause, et vu le peu de cas de contamination consentie par « la Direction d’EDF », il semble qu’il n’y ait pas eu de raison valable d’effectuer une déclaration d’ESR, Evènement Significatif Radioprotection à l’ASN.
A l’heure où j’écris je n’ai rien trouvé sur leur site qui approche de près ou de loin ce sujet dans la période correspondante, mais il apparaît parfois que certaines choses sont publiées suite à réclamations.
Néanmoins je ne saurais recommander, aux intervenants concernés par ces faits, ayant bénéficié d’une analyse radiotoxicologique, de demander à leur médecin du travail, copie des comptes rendus de spectrométrie alpha, de 2012 et 2013, les concernant, cela pourrait s’avérer fort utile.
Parce qu’au-delà du jeu de cache-cache, de l’interprétation des normes, il y a un fait, des personnes ont été sciemment exposées, et celles-ci n’ont nullement la garantie que leur cas a été apprécié de manière impartiale.
Ces pratiques dans le temps, pourraient s’avérer avoir de très fâcheuses conséquences, sur la santé du personnel, mais je pense que cet aspect de la chose ne soit simplement considéré comme un simple dommage collatéral inévitable aux dispositions économiques indispensables décidées en haut lieu, qui au nom de la sûreté nucléaire doivent rester secrètes.

Il semble apparaître qu’un certain nombre de relations de causes à effets très orientées ne permettent plus d’envisager une approche véritablement médicale du problème.
Il serait alors bon de regarder de très près, les résultats statistiques et médicaux qui ont permis d’établir ses principes d’approche des situations par défaut, et qui aujourd’hui sont à l’origine des dérives.
Lorsque l’on voit l’argumentaire développé, il devient nécessaire de se poser la question, mais jusqu’où ce genre de manipulations peuvent-elles aller.
Cela invite à regarder de beaucoup plus près la méthode de calcul des doses.
Il ne faudrait pas que nous nous retrouvions dans le cas du scandale « Volkswagen » qui a justifié de la conformité des normes environnementales en interprétant les mesures afin que celles-ci soient conformes aux résultats attendus. (Voir quelque chose dans ce goût-là).
Ce sujet ultra-sensible sera abordé un peu plus tard, mais avant de le traiter il nécessitera une introduction importante pour placer les choses dans leur contexte, ce qui est fondamental pour leur bonne compréhension.
Le but de ces opus n’est pas de balancer bêtement les choses, mais d’inviter à comprendre, l’extrême dangerosité de cette forme de libéralisme sauvage intramuros, où tout à chacun dans son coin gère son plan de carrière en s’employant à donner les chiffres que la Direction attend, peu importe les moyens.
Il est si facile pour du personnel technique hautement qualifié de donner l’apparence d’une fausse réalité, cela devient encore plus confortable lorsque les organismes de contrôles sont infiltrés et se montrent d’une consilience aveugle.

Que l’on soit devant des actes intentionnels ou devant la conséquence d’un effet domino conditionné par ce système, le fait est que tout ceci est totalement contre-productif.
En laissant passer volontairement les intervenants entre les mailles du filet, d’un véritable suivi médical, EDF s’expose à toute une série de procès, mettant en cause sa responsabilité sur l’explosion des cas de cancer à venir.
Cela a déjà commencé, et va s’amplifier, notamment compte tenu du climat malsain entretenu pour raison de rentabilité, au sein de l’entreprise.
Ceux qui auront été traités comme du bétail, à l’époque des faits, ne manqueront pas de se rappeler au bon souvenir des salopards qui auront contribué à mettre un tel système en place et à le pérenniser.
Devant le regroupement des plaintes, la multiplicité des procès qui seront instruits, les questions soulevées dans cet article, vont être évoquées, et l’entreprise devra se justifier….. Jusqu’à ce que l’évidence ne pourra plus être cachée.
Comme pour l’amiante, ce qui signera la mort de l’activité productive et se cantonnera au démantèlement.
On peut jouer avec les normes, pour se justifier, mais arrive un moment où l’on ne peut plus tricher, et c’est exactement ce qu’il se passe actuellement, les dérives multiples les petits arrangements entre amis ont été au-delà du raisonnable, il n’y a plus de limite entre l’optimisation des méthodes, et la fraude.
Il aura fallu des années avant que les malfaçons métallurgiques ne soient révélées, et ce n’est pas une découverte récente loin s’en faut.
La bête s’affaiblit, elle n’a plus les moyens de s’offrir le silence de ces incontournables collaborateurs, qui sentant le vent tourner…...
L’aspect santé est l’ultime maillon de cette longue chaine de dérive, s’il casse, c’est toute la crédibilité du système qui s’effondre.

Les solutions ne se trouvent que lorsque l’on a la capacité de regarder les choses sous le plus grand nombre d’angles possibles, pour cela il faut savoir regarder objectivement les faits.
Se justifier en ne choisissant que des indicateurs d’intérêts particuliers, revient à inventer le sens des choses, cela génère un monde virtuel qui ne correspond en rien avec la réalité, ce qui est le mal profond de notre société de « com ».
Il va sans dire, que les propos des acteurs, évoqués dans cet opus, ne sont là que pour aider à dissimuler une réalité dérangeante, pour ne pas dire inavouable, qui dépasse de loin l’entendement d’une population conditionnée au confort de la bienséance du prêt-à-penser, officiel.
Population prête à accepter n’importe quoi, par peur, de la projection virtuelle du discours officiel.
Jusqu’au jour où la réalité vous rattrape…..



A suivre ….