rien ne m'échappe

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J'observe, tranquille mais vigilant

lundi 19 décembre 2016




Opus 4 : Le Risque Alpha

L'incertitude de la certitude


Comme vous l’aurez remarqué, dans l’opus 3, il apparaît un véritable forcing médical pour favoriser le mode d’incorporation digestif, j’en explique la raison en m’appuyant sur la projection technique qu’apporte l’approche de l’estimation du calcul de dose.
Pour le commun des mortels, l’argumentation d’une approche permettant de minorer le résultat se suffit à elle-même, au  vu de l’ingérence de la Direction dans les affaires du médical. Celle-ci semble apparaître comme une disposition qui puise sa source dans une orientation politique, priorisant la seule rentabilité économique, au détriment des autres aspects que l’activité nucléaire soulève.
L’on peut voir les choses comme cela, et notre flot quotidien d’actualités confirme que nombre d’entreprises investissent dans ce jeu très dangereux du rendement à tout prix, peu importe les moyens, d’une rare cruauté sociale.

D’où l’incroyable jeu d’influences sur la législation du monde du travail, qui n’a pour but, que de rendre morales leurs politiques d’entreprises, dans le cadre de lois taillées sur mesure. (Les garde-fous sont abattus les uns après les autres).

Dans le cas de l’exploitation nucléaire, il apparaît que cette manière de faire, date de bien trop longtemps pour que la situation ne se résume au seul aspect économique conjoncturel, cette omerta du « nucléaire civil » si tant est, qu’un jour il ait existé, cache bien d’autres choses. Le prétexte de rentabilité, argument suprême d’agitation sociale,  laissant penser que des résolutions ont été prises en haut lieu pour faire le ménage et virer des soi-disant fainéants trop privilégiés, ne semble être en vérité que le tapis que l’on soulève pour y cacher toujours plus de poussières.

La présentation du « faux débat » sur la transition énergétique, met avant tout en avant la question de coût et de rentabilité afin d’équilibrer un mix énergétique plus adapté à l’évolution de notre société.
Ce débat est toujours rétréci à une notion de mise en concurrence, de manière à ce que cet unique point de vue, en soit le juge de paix, et tout est mis en œuvre pour que cela reste en l’état.
Nos politiques s’en défendent, mais ils œuvrent systématiquement en ce sens.

Pourquoi tout le monde est invité à placer sa tête à l’intérieur d’un cône, qui est orienté de façon à ne voir que cet aspect ?
Pour comprendre il suffit de regarder la question, en regardant par le petit trou du cône, et l’on comprend vite une chose, ce qui semble être la source des problèmes n’est qu’une conséquence de faits dissimulés au grand public à travers le temps.
Ces faits ont été révélés bien des années après, cependant, en son temps, certaines dispositions ont été prises pour les dissimuler au grand public, et sont restées en héritage d’un passé compromettant, au titre de mesures applicables de gestion de crise. Il s’avère que cette forme « d’état d’urgence de crise nucléaire », a d’une part été reconduite sans cesse, mais d’autre part été utilisée pour rentabiliser les intérêts des actionnaires privés avec la bénédiction de l’Etat.

Il est alors bon de relire l’article du Point du 22/03/11 pour apprécier à sa juste valeur ce qui a déjà été dit dans les opus précédents et encore mieux comprendre ce qui va suivre.

Le jour où la France a frôlé le pire

Exclusif. C'est à Saint-Laurent- des-Eaux qu'a eu lieu le plus grave accident nucléaire français.


Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Olivia Recasens
Publié le 22/03/2011 à 00:25 | Le Point

"Je suis allé ramasser l'uranium fondu sous le réacteur avec une raclette. La radioactivité était tellement forte qu'on ne pouvait pas rester plus de deux minutes. En ressortant, on avait pris la dose autorisée pour un an." Daniel Robert fait partie des centaines de "nettoyeurs" mobilisés en urgence par EDF sur la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, dans le Loir-et-Cher.
Le 17 octobre 1969, une mauvaise manipulation lors du chargement du cœur sur le réacteur n°1 entraîne la fusion de 50 kilos d'uranium. C'est l'un des plus graves accidents nucléaires jamais survenus en France. Pourtant, quarante-deux ans plus tard, l'événement reste quasi inconnu du grand public.
Le Point a mis la main sur des documents inédits et retrouvé des témoins qui, pour la première fois, racontent ce qui s'est réellement passé. La veille, le général de Gaulle était venu visiter cette toute récente centrale graphite-gaz. Un procédé abandonné depuis.
Une dizaine de jours après l'accident, des centaines de "nettoyeurs" entrent en action. Pour intervenir, il a fallu attendre que le combustible nucléaire refroidisse. Serge Roullier, 69 ans, se souvient."J'étais chef d'équipe. Je veillais sur les gars pour qu'ils ne mettent pas leur vie en danger. On leur passait une corde autour de la taille. Au bout de deux minutes, on tirait trois fois dessus pour qu'ils ressortent. Ça crachait fort, là-haut..." Pour pénétrer dans le bâtiment du réacteur, les nettoyeurs doivent se hisser dans l'enceinte, par un trou d'homme percé dans une plaque d'acier de 30 centimètres. Daniel Robert est l'un des rares à être monté deux fois."On raclait l'uranium fondu avec des outils que l'on avait bricolés. On était éclairés par un projecteur. C'était d'autant plus dur que l'on travaillait avec un masque et trois combinaisons de protection enfilées les unes sur les autres alors qu'il faisait 40 °C. La sueur qui ruisselait le long du corps remplissait nos bottes en plastique ! On mettait les déchets radioactifs dans des petites poubelles en plomb qu'il fallait ensuite redescendre." Pour travailler le plus vite possible, chacun s'est entraîné sur une maquette grandeur nature construite pour l'occasion."Cela ne demandait pas de compétences particulières, mais il fallait être rapide. On avait pour rôle soit de gratter l'uranium, soit de le ramasser."
Comme si le sort s'acharnait sur la centrale de Saint-Laurent, onze ans plus tard, le 13 mars 1980, à 17 h 40, les alarmes se déclenchent. Une nouvelle fusion se produit, cette fois sur le réacteur n°2. Un morceau de taule vient d'obstruer une partie du circuit de refroidissement. La température fait un bond, ce qui provoque la fusion de plus de 20 kilos d'uranium et entraîne l'arrêt d'urgence du réacteur.
Omerta. D'après la liste confidentielle établie à l'époque par EDF, ce sont plus de 500 personnes qui sont intervenues pour nettoyer et remettre en état de marche le réacteur. Des salariés de l'entreprise, mais aussi beaucoup de sous-traitants. Même si la quantité de combustible est moins importante qu'en 1969, l'accident est plus grave parce que l'uranium qui a séjourné dans le réacteur près de deux ans est beaucoup plus radioactif.
Pour faire écran aux radiations, des tonnes de plomb doivent être transportées dans le bâtiment réacteur. "C'était des sacs de 20 kilos remplis de billes, précise Janick Goussay, qui est intervenu avec son père. On faisait une chaîne humaine pour les déposer là où ça crachait le plus. Il ne fallait pas rester plus de vingt minutes." Il faudra vingt-neuf mois pour nettoyer et réparer l'installation. Le bâtiment réacteur restera longtemps contaminé par les poussières d'uranium qui se sont dispersées à l'intérieur. Les 352 sous-traitants, chaudronniers, soudeurs ou mécaniciens, recrutés pour remettre en état le réacteur, se retrouveront particulièrement exposés à la radioactivité. Trente ans plus tard, que sont devenus ces centaines de nettoyeurs et de sous-traitants ? Ont-ils fait l'objet d'un suivi médical particulier ? Interrogé par Le Point, EDF n'a pas souhaité répondre. Combien d'entre eux ont développé des cancers liés aux radiations ? Mystère. A l'époque, les doses autorisées pour les travailleurs du nucléaire étaient deux fois et demie plus élevées qu'aujourd'hui.
Dans un document interne à la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux que Le Point s'est procuré, on découvre que, en 1980, 71 personnes ont été traitées à l'infirmerie pour contamination, contre 7 seulement en 1979. Parmi les endroits du corps les plus touchés, la tête, les mains et le cou. Joël Rauch travaillait à la radioprotection au moment de l'accident. "Je contrôlais la radioactivité des types qui sortaient de la zone chaude. Je faisais une vingtaine de relevés sur chaque personne. Mais, au lieu de retranscrire la dose la plus élevée, comme j'aurais dû le faire, la direction m'imposait de faire une moyenne. Au final, ça revenait à minorer le niveau de contamination."
L'accident a-t-il menacé les riverains de la centrale ? Officiellement, non. Sauf qu'avant d'intervenir dans le bâtiment réacteur il a fallu "vidanger", c'est-à-dire relarguer dans l'atmosphère les 200 tonnes de gaz carbonique qu'il contenait et qui avaient été contaminées par l'uranium en fusion. Sept mois après l'accident, la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux a dépassé son quota annuel de rejets radioactifs. Comme le montre un document récupéré par Le Point, son directeur demande alors une autorisation exceptionnelle pour des rejets supplémentaires. Un feu vert aussitôt accordé par le directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), Pierre Pellerin, qui symbolisera en 1986 aux yeux des Français le mensonge sur le nuage de Tchernobyl. "Peu de temps après l'accident, le professeur Pellerin est venu voir les élus dont je faisais partie pour leur expliquer que tout ça n'était pas grave, raconte Michel Eimer, ancien conseiller général de Loir-et-Cher, aujourd'hui vice-président de la commission locale d'informations sur le nucléaire. Le réacteur a pourtant été arrêté pendant trois ans et demi et l'accident a été porté au niveau 4 de l'échelle internationale des événements nucléaires ; c'est à ce jour le plus grave jamais répertorié en France."
Un épisode très longtemps demeuré secret.
Le Point est en mesure d'affirmer que, pour nettoyer l'uranium fondu dans les réacteurs 1 et 2 de Saint-Laurent, EDF mobilisera 411 de ses employés. C'est l'une des dernières fois qu'EDF exposera en nombre ses propres salariés aux radiations et aux risques de contamination. Aujourd'hui, la quasi-totalité des interventions en "zone chaude" sont sous-traitées

Quelles implications, ces accidents ont-ils encore sur le suivi médical des travailleurs ?

A la relecture de cet article, le discours actuel tenu par les acteurs du médical prend en partie beaucoup de sens.
Il est bien connu que la presse traditionnelle Française est sous le contrôle total de l’état, la parution de cet article n’a eu de raison  que le contexte de Fukushima, et ce n’est pas un hasard si les autorités ont accepté sa diffusion, cela n’a strictement rien d’innocent. Le message est là pour faire résonner dans l’esprit des gens, une vérité historique grave mais dont l’impact sur la population a été extrêmement limité, grâce à une gestion de crise qui justifiait la prise de décisions et des moyens ultimes pour favoriser son solutionement, quitte à cacher les choses. Non l’état et le monde de l’atome ne mentent pas, ils aménagent simplement la vérité pour mieux protéger la population.
Faire une révélation plus de 42 ans après les faits, il y a prescription. Aussi étrange que cela puisse paraître, la sortie de cet article en plein accident de Fukushima, sert le monde de l’atome, le message subliminal qu’il induit est, ne vous affolez pas, nous avons connu pareille situation faites-nous confiance.

Le 11 mars 2011, arrive l’accident nucléaire de Fukushima, pour ceux qui se rappellent, le grand débat qui intéressait la presse à cette époque était le chiffre qui sera attribué à l’accident. Un 7 sur l’échelle INES/
International Nuclear Event  Scale comme à Tchernobyl c’est un choc psychologique mondial considérable de très mauvais augure pour la filière nucléaire, un 4, accident n'entrainant pas de risques importants à l'extérieur du site, serait un moindre mal, plus acceptable, comme pour Saint Laurent des eaux et Three Mile Island.
L’article parait le 22 mars, lorsque l’on prend le temps de le regarder dans son contexte de parution, cet article transforme un accident nucléaire gravissime en acte de maitrise du risque en situation de crise extrême.
Le monde de l’atome est particulièrement doué dans l’art de la manipulation de l’opinion publique, deux semaines plus tard les journaux n’en parlaient pratiquement plus.

La maîtrise de la communication médiatique est une chose, néanmoins celle-ci se complique lorsqu’il faut établir des normes justifiant de dispositions techniques qui devront tendre à minorer l’interprétation des faits, tout en restant crédibles face aux contradicteurs médiatiques, mais aussi scientifiques.
L’argumentaire technique devient un sujet périlleux dès lors que certaines personnes s’attachent à aller au-delà de l’approche imposée, en demandant les études de justification des normes.
En 1986 l’accident de Tchernobyl, va transformer l’opinion public des Français à l’égard de l’atome, l’Etat aura bien du mal à contenir, un 7 sur l’échelle INES, c’est un évènement de retentissement mondial, le discrédit du discours du monde de l’atome incarné par le professeur Pellerin, laissera des traces indélébiles, la relation de confiance entre les Français et le nucléaire ne tient qu’à un fil.
En 1986, l’incident « caché » de Saint Laurent des eaux, n’était pas connu du grand public, celui-ci intervient un an après l’incident de Three Mile Island 28 mars 1979, (Saint Laurent des eaux 13 mars 1980), et seulement 6 ans avant Tchernobyl 26 avril 1986. Devant la chronicité des faits sur une cette très courte période, les autorités auraient dû se poser la question objective de la fiabilité des installations nucléaires, et la vrai question du mix énergétique Français aurait pu prendre 40 ans d’avance et éviter  ainsi des stratégies industrielles énergétiques irresponsables, dont nous mesurons l’impact aujourd’hui.

C’est de ce mensonge coupable, que l’Etat Français sous influence de l’atome, doit se défendre.
Non seulement il va s’inscrire ouvertement dans le déni, mais en plus, il donnera les moyens de le pérenniser au travers de son réseau institutionnel. Ce réseau jouant le rôle des 3 barrières de confinement au combustible radioactif qu’est « L’opinion publique ».

La gaine combustible : Une forme de management paranoïaque et totalitaire imposant ses normes.
Les parois réacteur et circuits : Le réseau institutionnel visant à verrouiller et neutraliser les recours internes et externes.
L’enceinte : Les médias, et le renseignement pour désinformer la population et conditionner une approche orientée des débats.

Vous aurez remarqué que le langage usuel de ce milieu si particulier est codifié de manière à le rendre incompréhensible pour toute personne non autorisée à débattre sur le sujet, ceci évitant d’avoir à préciser des éléments techniques très importants qui pourraient ébranler la version officielle, d’où, aussi peu de vulgarisation du sujet.
Ce manque de compréhension du sujet (démocratisation du sujet, si tant est que ce terme ait un jour pu s’appliquer à ce domaine spécifique) laisse malheureusement un terrain de jeu au « Trollisme », outil fort répandu pour discréditer les contradicteurs compétents, en invitant à se poser de fausses questions réductrices, plus ou moins compréhensibles par tous, et dont beaucoup s’enorgueillissent de pouvoir y apporter leur grain de sel.
Cependant leurs compétences en assaisonnement, n’est pas de nature à relever le débat.

Cette première approche historico-médiatique, nous invite à regarder plus en profondeur, les dispositions d’ordre technique qui se sont imposées et qui conditionnent le discours et le fonctionnement de l’activité.
Il apparaît que les médecins priorisent le mode d’incorporation par ingestion de manière prioritaire au mode inhalation, l’on en connaît le pourquoi très avantageux pour l’entreprise dans le contexte récent, que l’on pourrait interpréter comme conséquences à des dispositions détournées afin de répondre à des exigences de rentabilité.
Néanmoins en relisant l’article sur Saint Laurent des Eaux, il semble apparaître que cette disposition pourrait puiser son origine pour des raisons différentes.
Ce dont les acteurs parlent dans cet article essentiellement, c’est de l’uranium.

Alors nous allons parler de l’uranium.

Comme vous le savez l’uranium est le principal composant du combustible nucléaire.
Il suffit de lire l’article de Saint Laurent des eaux pour comprendre ce qui se passe en cas d’incident.
Je vais certainement vous surprendre en vous disant que pour la chargée d’état-major du service de santé d’EDF, il n’y a pas de risque uranium dans les CNPE.
A tel point, qu’elle a œuvré en qualité de suppléante du LAM, "Laboratoire d'analyses médicales", (mais en réalité aux fonctions de Directrice officieuse), pour  faire supprimer de manière pure et simple l’analyse d’uranium des analyses systématiques inscrites dans l’offre de service de prestation du LAM à partir de 2010.
En 2013, le laboratoire a accusé un retard important dans le traitement des échantillons systématiques, dû à l’indisponibilité de ses locaux pour travaux de remise aux normes.
Dans le même temps le LAM s’est retrouvé confronté à devoir faire face à des arrivages trop importants d’échantillons, pour pouvoir respecter les délais d’analyses.
Pour parer à l’urgence, les médecins ont donc restreint leurs prescriptions d’analyses.
Afin de réduire le temps de réponse, le laboratoire a provisoirement suspendu l’analyse d’uranium dans la recherche alpha, pratiquement pendant toute l’année 2013.

Pourquoi cette analyse a été suspendue ? Parce que c’est celle où l’on ne retrouve jamais rien !!!

Cette disposition d’urgence, exceptionnelle, issue d’une argumentation convenue par défaut, a permis de régulariser la situation.
Devant le bénéfice de l’opération, la chargée d’état-major, martelant qu’il n’y avait pas de risque uranium, a donc décidé de faire supprimer l’analyse de manière définitive des analyses systématiques, ce que le Directeur médical du LAM et un médecin du travail (au nom des autres médecins) ont validé. Il va sans dire que ces deux interlocuteurs n’avaient guère intérêt à s’y opposer.

Mais pour quelles véritables raisons l’uranium est-il un sujet aussi sensible au point que l’on veuille à tout prix s’en affranchir ?
Bien tout simplement parce que théoriquement, l’uranium est le contaminant alpha le plus présent et probable en centrale nucléaire.
C’est tout de même étonnant que d’un point de vue médical l’on ne retrouve pratiquement jamais rien sur le plus important contaminant alpha présent en centrale nucléaire, et que les principaux contributeurs à une contamination détectés sont tous des radionucléides issus de sa fission, n’y a-t-il pas là quelque chose de très étrange qui mériterait d’être plus approfondi.
Les principaux contributeurs alpha étant le Plutonium 238 et 239 l’Américium 241 et le Curium 242 et 244, ceux-ci sont des produits de la fission de l’Uranium.
Ces produits de fission sont largement minoritaires par rapport à l’U235, s’il y a rupture de gaine il est évident que l’on doit retrouver de l’uranium, ce que confirme les études du CEA (Commissariat à l'énergie atomique).

Si je vulgarise les propos de la chargée d’état-major du service de santé d’EDF sur le risque uranium en CNPE
(Centrale nucléaire de production d'électricité) revient à admettre que si l’on avait enfermé dans une paille de l’eau, à laquelle il aurait été ajouté quelques gouttes de colorant, une fois percée avec une petite aiguille, la paille ne laisserait s’échapper uniquement que le colorant, mais pas l’eau.
Difficile à admettre si l’on a deux sous de bon sens. Mais c’est bien connu, plus c’est gros plus ça passe.
Ceci dit, au niveau de l’équipe technique, c’est très mal passé, il a été répondu, à l’un d'entre eux, et ce  malgré un argumentaire technique étayé, que personne n’a voulu regarder et encore moins débattre avec lui, qu’il ne fallait pas qu’il oublie qu’il était agent EDF. (Vu de la Direction, le statut d’agent EDF, prime sur le code de la santé publique !!!)
Comment se fait-il alors qu’aucun REX, (retour d’expérience), médical ne fait état de l’uranium comme principal contributeur à un risque de contamination alpha, surtout après avoir lu l’article sur Saint Laurent des eaux.
Serions-nous à nouveau devant un phénomène magique, ou simplement devant un grotesque tour de prestidigitation.

Pour comprendre ce qui est à l’origine de cet étrange phénomène il faut entrer plus dans le détail de la nature de l’uranium et de l’interprétation qui peut en être faite, moyennant quelques petites imprécisions « réglementaires » accommodantes.

Au niveau de l’approche médicale :

L’Uranium, a une particularité bien spécifique, qui le différencie des autres éléments radioactifs, c’est un élément que l’on retrouve dans la nature.
A l’état naturel il se compose de deux isotopes prédominants, que l’on va retrouver dans des proportions équilibrées. (Il y en a d’autres mais pour cette approche, nous nous en abstiendrons, afin de ne pas alourdir le sujet plus que nécessaire)
U238 et l’U234 sont à l’équilibre en termes d’activité, c’est ce que l’on appelle dans le langage nucléaire le rapport isotopique, il se définit ainsi U234/U238 ≈  1.
Pour ceux qui ont des problèmes avec les maths, pour simplifier, si vous avez un écart important d’activité entre les deux isotopes, c’est que cet Uranium n’est pas d’origine naturelle. (Certaines eaux minérales riches en Uranium pouvaient présenter des décalages isotopiques, aujourd’hui toutes les grandes sociétés commercialisant ce type d’eaux de sources, les filtrent afin de réduire l’apport d’Uranium dans des proportions normales)

Dans l’Unaturel il y a présence d’U235 en très faible quantité, son activité est prise en compte avec celle de l’U234.
Les études réalisées pour définir la valeur d’activité d’un échantillon l’uranium naturel d’une selle de 24 h, est d’environ 45 mBq. (mBq = unité d'activité de 1 millième de Becquerel "désintégration par seconde")
Donc l’uranium naturel (approche théorique) se présente ainsi U238 ≈ 22.5 mBq + U234 ≈ 22.5 mBq = U naturel ≈ 45 mBq d’activité, et un rapport isotopique U234 22.5 mBq / U238 22.5 mBq  ≈ 1

L’uranium industriel se trouve sous deux formes (je rappelle que l’on parle d’approche médicale)

a) L’Uranium enrichi U235 pour des raisons d’ordre technique est assimilé à l’U234 du fait de sa proximité énergétique qui rend son identification précise compliquée (les raies d’énergies de l’U235 se confondant dans la traine du spectre de l’U234 en spectrométrie alpha)
La présence U235 augmentant la valeur de l’U234 le rapport isotopique s’en trouve déséquilibré U234/U238 > 1

b) L’uranium appauvri U238 qui se caractérise ainsi  U234/U238 < 1

Comme vous l’aurez remarqué, je n’ai pas précisé les incertitudes associées aux valeurs, ce qui d’un point de vue scientifique est impardonnable, on ne donne jamais un résultat sans lui associer une incertitude. Mais c’est intentionnel en vue d’introduire ce qui va suivre

Les incertitudes :

Les incertitudes et les statistiques, sont deux outils mathématiques extrêmement prisés des communicants.
On peut leur faire dire n’importe quoi, « c’est un peu en mathématiques ce que le string est à la pudeur, c’est juste là pour cacher l’essentiel. »

Dans un document nommé« Caractérisation des commentaires apportés sur les rapports d’analyses. », document datant de mars 2011. Il est développé un argumentaire justificatif de la pertinence des commentaires médicaux, que le médecin peut trouver sur les comptes rendus du laboratoire. Ceux-ci sont issus d’études chiffrées, faites en interne au sein d’EDF, sur leurs propres échantillons, afin de définir les incertitudes à associer aux résultats pour le cas de l’uranium.
Il y a un fait manquant dans cette étude, « les activités ne sont pas rattachées aux masses des selles » hasard ?
Les données de ces études sont truffées d’erreurs, sont incohérentes, des échantillons contaminés ont été inclus dans les études faussant le résultat et permettant d’accroitre de manière significative les incertitudes, laissant libre cours à l’interprétation des cas de contamination à l’uranium.
Alors que la limite règlementaire sur lequel s’est accordé le groupe de travail est de 45 mBq, l’incertitude calculée par cette étude va permettre de pouvoir considérer la possibilité d’une « non contamination » pour une valeur d’Uranium totale de 361mBq avec une isotopie < 0.5, ce qui caractérise de manière formelle l’Uranium appauvri.
L’incertitude permet de considérer jusqu’à 8 fois la valeur guide de 45 mBq considérée pour l'uranium naturel.

C’est un peu comme si vous demandiez à quelqu’un qu’elle est la distance entre Paris et Fontainebleau (66Km) et que la personne vous réponde 70 km, alors votre réservoir étant au 2/3 vide vous demandez 70 km plus ou moins .... ? Histoire de vous assurer que vous avez assez d’essence pour parcourir la distance.
Eh là ! Cette personne vous répond, plus ou moins 560 Km.
Quelle serait alors votre réaction devant un individu qui, d’un côté vous donne l’impression de savoir de quoi il parle, mais qui dans le même temps n’est pas sûr de pouvoir affirmer que Fontainebleau soit encore en France, évoquant même la possibilité que la ville puisse se situer à la périphérie d’Amsterdam.
Personnellement mon réflexe serait d’aller demander à quelqu’un d’autre.
C’est exactement ce qu’il se passe dans le nucléaire médical pour justifier que tout est normal, mais manifestement ça ne dérange personne, pas plus les médecins que les autorités de contrôle !!!

L’ouvrage, (en abrégé SMP) « Recommandations de bonne pratique  Surveillance médico-professionnelle de l’exposition interne aux radionucléides en Installations Nucléaires de Base.  Juillet 2011 » donne clairement les critères de distinctions des deux entités possibles de l’uranium.
Cet ouvrage se veut être une sorte de bible des bonnes pratiques à appliquer dans le domaine médicale.
Dans le très étoffé corpus scientifique (CEA, AIEA, EDF, SPRA, AREVA, IRSN ….) ayant contribué à ces recommandations, nous trouvons le nom, de la chargée d’état-major du service de santé d’EDF, « coordinatrice du comité de rédaction », et le nom de l’ancien Directeur médical du LAM.

Il est très intéressant de regarder la page 141, qui traite de la méthodologie à appliquer pour distinguer l’Uranium naturel de  l’uranium artificielle.

Extrait page 141.
Le tableau cite les valeurs retenues par le groupe de travail pour l’uranium dans les selles.
La somme des deux isotopes de l’uranium U234 et U238 activité 45 mBq/j et rapport U234/U238 < 2
La connaissance des compositions isotopiques dans les urines et les selles permet de soustraire une valeur guide par isotope, ou par masse.
Toute trace d’isotopes autres que ceux d’origine naturelle dans les échantillons signe l’impact d’une origine potentiellement professionnelle.

Il est a noté un détail de première importance, le groupe de travail n’évoque à aucun moment les incertitudes à  associer à ses valeurs.
Surprenant !!! Surtout pour un corpus scientifique aussi qualifié, dont nombre de membres sont aussi auditeurs COFRAC (Comité Français d'Accréditation).
Traçabilité, calcul et justification des incertitudes des mesures sont leur cheval de bataille lors des audits.
Cet oubli, est-il innocent ?
Le fait que les incertitudes ne soient pas précisées, laisse toute latitude aux différents responsables de laboratoire de les définir à leur guise. Tiens donc !!!

P 141 on lit : Si le laboratoire possède des valeurs moyennes de la population locale non exposée ou des valeurs individuelles antérieures à l’exposition, ces données sont utilisées à la place de valeurs par défaut ci-dessus.

Il apparaît que toute l’étude du document de caractérisation des commentaires a été réalisée sur des échantillons de personnes travaillant en CNPE, et manifestement, en comparant la valeur des résultats utilisés pour cette étude, par rapport au valeur guide du SMP, il apparaît de manière évidente que nombre d’échantillons contaminés ont été inclus dans cette étude.
L’absence de masse ne permet pas de vérifier l’impartialité du choix des échantillons.
Ces deux paramètres permettent d’augmenter la variabilité des résultats, et plus la variabilité augmente, plus les incertitudes augmentent aussi !!!
Pourquoi croyez-vous que l’approche de toutes ces études se fasse sur des selles de 24 h.
La raison en est très simple, une selle caractérise le métabolisme digestif d’une personne.
Seulement voilà, toutes les personnes ne font pas le même poids, quelqu’un qui pèse 50 Kg n’a pas le même coup de fourchette que le gars de 100 Kg, et ils ne mangent pas nécessairement les mêmes choses.
Le régime alimentaire et la masse corporelle des personnes, sont des éléments importants qui influencent la masse de cendre de selles et par voie de conséquence l’activité de l’uranium naturel que l’on pourra y trouver.
Si vous considérez pour approche de votre étude une selle de 24 h, les variations vont être considérables.

Les masses de cendre de selles varient de 0.5g mini (pour analyses) à des valeurs de 12 g, voir plus, sachant que la moyenne est proche de 3 g.
Comme l’uranium naturel est apporté par les aliments il est donc logique, plus une personne absorbe d’aliments, plus la quantité d’uranium naturel sera conséquente, donc forcément nous allons obtenir une très grande variabilité de masse de selles et d’activité lui correspondant.
Il y a un moyen très simple de restreindre ces variabilités, il suffit de raisonner en termes d’activités mesurées par gramme de selles.

Petit exemple : Considérons 2 personnes A et B.
A, pèse 50 Kg et une B, pèse 100 Kg, la masse de selle correspondant à A est de 0.5 g et l’activité mesurée de 45 mBq, B, masse de selles 6g activité mesurée 90 mBq.


Lorsque l’on considère le résultat en raisonnant par avec la conjonction des deux conditions pour déterminer une contamination : valeur guide de 45 mBq et une isotopie >2


A) Les valeurs mesurées sont pour U234 31 mBq et  U238 14 mBq le rapport isotopique est de 31/14 = 2.2
Bien que le rapport isotopique soit supérieure à 2, comme la valeur mesurée est inférieure à la valeur guide de 45 mBq les deux conditions ne sont pas réunies pour déclarer la personne contaminée.

B) à la valeur guide  U234 45 mBq   U238 45 mBq le rapport isotopique est de 45/45 = 1
La valeur mesurée est supérieure de 2 fois supérieure à la valeur guide de 45 mBq mais comme le rapport isotopique est inférieur à 2 et proche de 1 ce résultat est tout à fait dans les normes.


Maintenant raisonnons en fonction de l’activité par g de selles pour tenir compte des facteurs morphologiques et du type de régime alimentaire.


La valeur moyenne massique d’une selle est de 3g environ, donc son activité par g de selles sera :

Valeur guide 45 mBq / 3g = 15 mBq par g de selles, le rapport isotopique lui reste le même.

A : activité par g de selles 45/0.5= 90 mBq  le rapport isotopique reste le même 2.2
Lorsque l’on raisonne en terme d’activité par g de selles .
A) remplit les 2 conditions pour être déclaré contaminé et est très largement au-dessus de la valeur guide par g de selles.
           
B) : activité par g de selles 90 / 6 =  15 mBq  le rapport isotopique est de 1, cet échantillon est parfaitement dans la norme et tout à fait conforme.

Constat :

Lorsque l’on utilise l’approche afin de réduire les incertitudes en raisonnant non plus sur l’activité d’une selles de 24 h mais en raisonnant en activité par grammes de selles de 24 h pour prendre en considération les particularités physiologiques et le régime alimentaire des personnes le résultat change considérablement. A est un faux négatif.

Lorsque l’on utilise cette méthode, et que l’on pousse son développement dans le calcul d’incertitude, c'est-à-dire le calcul de l’incertitude correspondant à tous les échantillons par tranche de masse : Entre 1 et 2 g, puis ensuite entre 2 et 3 g et ainsi de suite.

Pourquoi procéder de la sorte ?

Lorsque vous considérez une population par tranche de masses de selles, cela vous permet de prendre en compte différents profils de personnes à l'intérieur de chaque tranche.
Dans la tranche comprise entre 2 et 3g, vous aurez par exemple : Un homme de 100 kg qui ne mange que de la viande, un autre homme de 70 kg qui mange équilibré, une femme de 50 Kg qui est végétarienne ...
Chaque tranche de masse de selles englobe à elle seule une grande variabilité de cas de figure.
Ainsi, cela vous permet de calculer les incertitudes associées à chaque tranche de masses.
 
Il apparaît, que les incertitudes associées à chaque tranche de masse sont beaucoup moins importante qu’il n’y parait, et, lorsque l’on définit l'incertitude globale associable à toutes les tranches de masse pour déterminer les bornes d’encadrement, il y a une énorme différence avec celles en vigueur.
C’est encore plus frappant lorsque l’on établit les moyennes isotopiques par tranches de masse, où il apparaît une grande stabilité du rapport, donc l’incertitude à associer est très faible.
Lorsque ces deux éléments sont combinés, vous pouvez donner un résultat cohérent.
Bien évidemment, pour réaliser pareille étude, il est essentiel de supprimer, les échantillons présentant des traces d’autres contaminants que l’uranium, ou témoignant de valeurs douteuses, en masse, en activité, ou en isotopie et respectant les proportions statistiques massiques (% de population, par g de selles).

Ainsi la personne qui vous renseignera sur la distance entre Paris et Fontainebleau, tiendra un propos du genre (en respectant les proportions de l’approche citée précédemment) environ 70 km mais à coup sûr moins de 125 km
 « Ainsi, vous pourrez aller de Paris à Fontainebleau avec un réservoir au 2/3 vide, en toute confiance, sans peur de tomber en panne d’essence et en évitant de vous retrouver au Pays-Bas ».




Parlons maintenant de la pertinence du choix des rapports isotopiques.

Je vais prendre un exemple théorique pour vous l’expliquer.
Ci-dessous un petit tableau qui va nous servir à apprécier la pertinence des rapports isotopiques.
Considérant l’activité d’une valeur cible de 45 mBq en Uranium naturel qu’elle proportion d’activité artificielle puis-je intégrer dans l’activité naturelle avant que celle-ci puisse dépasser le seuil d’alerte de contamination, pour rappel >2





Isotopie
SMP 1,3
Isotopie IRSN 1
En respectant activité
 et isotopie quel est
le% de contaminant
intégrable en U industriel
entre le rapport
 de 1 et de 1,3
En respectant activité
 et isotopie quel est
le% de contaminant
intégrable en U industriel
entre le rapport
 de 1 et de 1,4
En respectant activité
 et isotopie quel est
le% de contaminant
intégrable en U industriel
entre le rapport de
 1 et 2

mBq
mBq
mBq
mBq
mBq
U238 Naturel
19,5
22,5
16,5
22,5
14,5
U238 Appauvri
0
0
6
0
0
Total U238
19,5
22,5
22,5
22,5
14,5






U234 Naturel
25,5
22,5
22,5
16,5
14,5
U234 Enrichi
0
0
0
6
16
Total U234
25,5
22,5
22,5
22,5
30,5






Total U
45
45
45
45
45
U234/U238
1,3
1
1
1
2,1

% U238 appauvri
% U238 appauvri
% U238 appauvri
% U238 enrichi
% U238 enrichi

insérable
insérable
insérable
insérable
insérable

dans l'U naturel
dans l'U naturel
 dans l'Unaturel
 dans l'Unaturel
 dans l'Unaturel

0,00%
0,00%
36,36%
36,36%
110,34%


Avec un rapport isotopique de 1.3 il est possible d'intégrer 36.36% U enrichi ou appauvri dans les  l’isotope U234 et238 de l’uranium naturel
Avec un rapport isotopique de 2 il devient possible d'intégrer 110,24% U enrichi dans l’isotope U234 de l’uranium naturel tout en ayant une activité conforme aux critères d’activité d’une Selles de 24 h soit 45 mBq.
Quand une personne fourni un échantillon de petite masse, nous ne sommes pas censé trouver une activité importante, moins vous consommez d'aliments, moins vous risquez d'ingérer de l'uranium naturel.
La valeur de 45 mBq est une valeur moyenne pour une selle de 24 h d’environ 3g, néanmoins elle ne permet pas de prendre en compte ce cas de figure, quelqu’un qui fournit une selle de 24 h avec une activité totale en Uranium de 30 mBq mais qui a un rapport isotopique de 2.1 je suis désolé, ce n’est pas normal du tout.
D’où l’importance de raisonner non pas en termes de selles de 24 h mais en activité par g de selles de 24 h pour déterminer de la pertinence du résultat.

Il est à noter dans le SMP que la tendance du rapport isotopique U234/U238 varie entre 1.3 et 1.5, certains organismes le situe vaguement à une valeur <2.
Ceci est pour le moins surprenant, car lorsque l’on lit la fiche Uranium de l’IRSN il est écrit :



Fiche uranium IRSN

L’uranium naturel tel qu’il est extrait de son minerai contient 99,275 % de l’isotope
238, 0,719 % de l’isotope 235 et 0,0057 % de 234U. Ainsi, pour 1 g d’Uranium
naturel, l’élément chimique se répartit comme suit :

238U=0,99275 g soit 12346 Bq ;

235U=0,00719 g soit 575 Bq ;

234U=0,000057 g soit 13110 Bq.

Donc le rapport isotopique est de U234 13110 Bq / U238 12346 Bq = 1.06  Attention, ce n’est pas un simple détail.
La différence est très importante car, plus la valeur de référence augmente, plus la quantité U234 devient assimilable dans de l’uranium naturel et inversement pour l'U238.

Avec un rapport isotopique de 1.3 sur de l’uranium naturel, (SMP) au lieu de 1 (IRSN) cela signifie que 37 % d’U234 enrichi sont assimilables à l’isotope U234 naturel, et ils seront transparents dans l’interprétation d’une contamination.
Lorsqu’on applique le rapport isotopique de 2, ce n’est plus 37%, mais 100%. C'est-à-dire que si l’on a autant d’isotope d’U234 industriel que d’isotope U234 naturel dans l’uranium naturel (U234+U238), cette contamination devient donc transparente, elle ne sera pas prise en compte au vue du rapport isotopique, certes la valeur d’activité sera supérieure à la valeur de référence, mais la possibilité offerte par le groupe de travail à pouvoir laisser toute latitude aux organismes en  charge des analyses, d’utiliser leurs propres données, mais avec la méthodologie d’approche du calcul d’incertitudes sur des selles de 24 h, leur permet de faire exploser les bornes supérieures et inférieures de contaminations.
Cela n’a rien d’un hasard si le groupe de travail n’exprime aucune incertitude dans sa recommandation sur le sujet et laisse la porte grande ouverte pour que chacun dans son coin, réalise des études sur mesure en fonction de leur besoin.
Dans ces conditions, il y a toutes les chances qu’une des deux conditions ne soit pas réunie, donc tout passe au titre d'uranium naturel.
Vous comprendrez mieux pourquoi les contaminations sont forcément digestives, et pourquoi l’analyse d’Uranium a été supprimée.
Pour être raisonnable, en considérant des valeurs acceptables de l’ordre de 25% assimilables cela encadrerait l’uranium ainsi.
U238 appauvri rapport isotopique 0.8 < Unaturel rapport isotopique  1 <U234 enrichi rapport isotopique 1.33

On se rend compte que la fourchette médiane annoncée par le groupe de travail du SMP, est en fait la fourchette haute de la détection de l’U234.

Si cette approche avait été réalisée en son temps comme elle aurait dû l’être, la question de la transition énergétique aurait été tranchée depuis très longtemps.

Lorsque l’on applique les incertitudes associées aux variations isotopiques, en utilisant la méthode d’approche par g de selles de 24 H, et par tranche de masse, les valeurs isotopiques d’encadrement sont beaucoup moins importantes que ce qui est annoncé. Il apparaît en fait une grande stabilité des rapports isotopiques, et l’incertitude associée est vraiment très petite. (A deux sigmas de l’ordre de ± 0.2).
Encore faut-il s’assurer que les échantillons choisis pour l’étude sont représentatifs d’une population civile, non exposée. Ce que l’étude « Caractérisation des commentaires apportés sur les rapports d’analyses» ne garantit pas, puisque tous les échantillons proviennent de personnes travaillant en CNPE, et certains sont de toute évidence contaminés.

Ce n’est pas un hasard si EDF est si discret sur les dossiers médicaux des personnes qui sont intervenues sur le site de Saint Laurent des Eaux, et pourquoi tous les acteurs du médical au sein de l’atome, et les institutions d’Etat, soient pris d’un étonnant phénomène d’amnésie généralisée.
Tout le système d’approche de la question uranium a été conçu de manière à délibérément minorer les résultats, et minorer est un piètre mot à côté de la réalité.
En fait, il serait plus pertinent de parler de véritable escroquerie scientifique, institutionnalisée.

Mais nous n’avons, jusqu’à présent fait qu’effleurer ce sujet. Le monde de l’atome est gourmand et il n’a pas échappé à la folie convulsive qui frappe notre société tous les jours « l’optimisation », au point où la frontière avec la fraude, s’apparente à un curseur que certains ont à souhait le pouvoir de bouger à leurs guises en toute impunité.

Il reste un point de détail, le registre de valeur acceptable pour l’Uranium naturel n’est pas défini par un  encadrement dans le SMP et le sujet de l’uranium appauvri n’est pas abordé.
L’Uranium naturel est défini ainsi, Unaturel  < 2    Uenrichi, il me semble qu’il manque quelque chose.  

Voilà un sujet qui mérite que l’on y prête une attention toute particulière.
Les réponses se trouvent, non pas dans les propos qui sont exposés, mais dans ceux que votre interlocuteur évite d’aborder plus ou moins habilement.
A défaut d’apparaître de manière évidente, ils transparaissent au travers d'imprécisions ou de malencontreux oublis.

Il paraît que le diable se cache dans les détails.


A suivre…….