rien ne m'échappe

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J'observe, tranquille mais vigilant

dimanche 12 février 2017





 Opus 7 : Le Risque Alpha

     La tragition-énergéfric





 Au regard des opus développés, il apparaît de nombreux dysfonctionnements au sein de la chaine de contrôle sur la santé des travailleurs du nucléaire.
La raison principale en est le cloisonnement institutionnalisé.

Celui-ci prend tout son sens lorsque que parait le 18 janvier 2017 une ordonnance :
Conseil des ministres du 18 janvier 2017. Conditions d'accès aux données couvertes par le secret médical ou le secret industriel et commercial.
Personnalité, fonction : TOURAINE Marisol.
FRANCE. Ministre des affaires sociales, de la santé
La ministre des affaires sociales et de la santé a présenté une ordonnance relative aux conditions d'accès aux données couvertes par le secret médical ou le secret industriel et commercial pour le compte de l'Autorité de sûreté nucléaire et de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et à la mutualisation de certaines fonctions d'agences sanitaires nationales.

Prise sur le fondement de l'article 166 de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, l'ordonnance permet, en premier lieu, aux agents habilités de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) d'accéder à des données couvertes par le secret médical ou le secret industriel ou commercial afin d'exercer plus efficacement leurs missions de contrôle et d'expertise. Cet accès permettra à l'ASN et à l'IRSN de donner un avis plus précis sur les conséquences des effets des rayonnements ionisants sur la santé des patients et de proposer à l'équipe soignante les préconisations utiles et adaptées à la prise en charge de ces patients.

En second lieu, l'ordonnance organise la mise en commun des fonctions supports de certaines agences sanitaires nationales. S'inscrivant dans la réorganisation du système d'agences relevant des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale, elle permet au pouvoir réglementaire de mutualiser tout ou partie des fonctions comptables, logistiques, informatiques, immobilières ainsi que des fonctions de paiement ou de commande, d'expertise juridique, de communication ou de relations internationales, selon des modalités qui seront précisées par convention conclue entre les organismes intéressés. Les organismes concernés sont l'Etablissement français du sang, le Haut Conseil de la santé publique, l'Agence de la biomédecine, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et la Haute Autorité de santé.

Cette ordonnance parait au Journal officiel le 20 janvier 2017
 II.-A la section 7 du chapitre II du titre IX du livre V du code de l'environnement, après l'article L. 592-46, il est inséré un article L. 592-46-1 ainsi rédigé : 

« Art. L. 592-46-1.-Lorsque l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire est chargé, à la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire ou d'une autre autorité publique, d'une mission d'expertise d'une situation d'exposition potentielle ou avérée aux rayonnements ionisants, il accède, à sa demande et dans des conditions préservant la confidentialité des données à l'égard des tiers, aux informations détenues par les personnes physiques ou morales qui lui sont strictement nécessaires, sans que puisse lui être opposé le secret médical ou le secret en matière industrielle ou commerciale. Seuls les agents de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire habilités à cet effet par le directeur de l'institut ont accès à ces données. »

De toute évidence, il semble apparaître une certaine évolution dans les dispositions règlementaires, qui permettront d’approfondir certains sujets, et notamment celui du médical.
Il apparaît que les responsables d’installations nucléaires ne soient pas très enclins à déclarer les expositions professionnelles auprès de l’ASN et nombre de plaintes à ce sujet en témoignent.
L’ASN jusqu’à présent est toujours restée très en retrait sur cette question, tout simplement parce qu’elle n’avait pas autorité en la matière.
L’ASN (sans en préciser la raison), le dit d’ailleurs clairement sur son site internet, lorsqu’elle explique à quoi se réfère une lettre de suite. (Cette précision est écrite en tout petit et il faut bien chercher pour la trouver).

Une lettre de suite d’inspection relève
1°) les bonnes pratiques et les progrès réalisés par l’installation inspectée
2°) les écarts à la réglementation et les insuffisances en termes d’organisation qui peuvent favoriser la survenue d’évènements indésirables
3°) la prise en compte des demandes d’actions correctives antérieure de l’ASN. Elle fixe les délais et les modalités des nouvelles actions correctives demandée. Dans le domaine médical, les lettres de suite ne préjugent pas la qualité médicale des traitements réalisés et leurs résultats pour le patient.

Cela signifie que l’ASN n’avait jusqu’alors aucun pouvoir de contrôle de la pertinence des pratiques médicales mettant en relation service radioprotection, médecins du travail, dosimétrie patient.
Cela a grandement contribué à faciliter l’instauration de valeurs par défaut totalement inappropriées entraînant des dérives significatives en termes de radioprotection.
Cela a aussi permis d’instaurer cette méthodologie fallacieuse du calcul de dose, échappant ainsi à tout contrôle d’une autorité « indépendante ».

La radiotoxicologie est une discipline médicale qui en fait est très mal définie, elle est souvent assimilée à deux activités très différentes, alors qu’en réalité c’est une discipline à part entière, qui n’entre tout simplement dans aucune case prévue à cet effet.
En fait il n’existe aucun statut juridique adapté à ces laboratoires très spécifiques, c’est un amalgame de textes de lois assimilant cette activité dans le cadre des dispositions relatives aux installations nucléaires de base, et au milieu hospitalier.
Ce mélange des genres, génère un flou juridique qui laisse la porte ouverte à des interprétations très divergentes.
Chaque fois qu’un nouveau texte de loi est voté et vient contrevenir à l’une ou à l’autre de ces activités, c’est toujours l’option la moins pénalisante pour le laboratoire qui est adoptée.

Un peu comme pour le calcul de dose, où l’on fait valoir l’aspect toxicologique lorsque c’est l’aspect radiologique qui prédomine et inversement dans le cas contraire.
Il faut savoir qu’une analyse radiotoxicologique ne fait pas partie de la liste des examens médicaux remboursés par la sécurité sociale, elle n’intervient uniquement dans le cadre de la surveillance des travailleurs du nucléaire, c'est-à-dire dans un contexte d’entreprise et un cadre juridique spécifique (taillé sur mesure).
Les intérêts commerciaux de l’entreprise sont directement en compétition avec l’aspect sanitaire de l’activité.
C’est d’ailleurs pour cela que le suivi médical des travailleurs du monde de l’atome est effectué directement par l’entreprise, sous couvert d’une pseudo-indépendance médicale (à minima) qui est quelque peu tirée par les cheveux.
Il suffit de se poser ces deux questions, pour comprendre la limite du système.
Qui finance le laboratoire ? EDF
Le laboratoire facture-t-il sa prestation ? Non.
Comment un responsable de laboratoire peut-il pratiquer son activité en toute indépendance, lorsqu’il est subordonné au bon vouloir du financement de son outil de travail, par l’entreprise qu’il est censé contrôler, et qui est aussi son unique client, auquel il ne facture pas sa prestation.

La lecture des précédents opus montre bien que cette indépendance ne relève que du prétendu statut officiel des membres représentant le corpus médical au sein de l’atome, mais lorsque l’on prend le temps de regarder le contexte opérationnel et organisationnel, il est évident que cette indépendance est totalement impossible tout simplement parce que tout a été structuré pour conditionner son contraire.
Cette impossibilité repose sur la compartimentation des différentes entités affairantes au sujet du suivi médical des travailleurs, l’interconnectivité de cet ensemble ne relevant que du seul ressort de l’entreprise.

A la lecture de cette ordonnance, il apparaît que non seulement cette compartimentation est effectuée en interne, mais elle s’applique aussi aux organismes de contrôle !!!

Il est intéressant de savoir que l'ASN n'était jusqu'à présent pas habilitée à enquêter sur la question de l'aspect médical par objection du secret médical.
C’est encore plus surprenant d’apprendre que l’IRSN, n’a pas non plus vocation à s’exprimer sur la question, pourtant, il est en charge de la centralisation des données médicales, sur la base nationale SISERI !!!

Le principe du secret médical repose sur la confidentialité nominative des patients, mais les statistiques médicales ne relèvent nullement du secret médical, ce qui signifie que c’est uniquement sous couvert du secret médical que l’ASN n’a pas droit de regard sur les statistiques et la méthodologie des pratiques médicales au sein du monde de l’atome.

Cette interprétation détournée du secret médical est une aubaine pour justifier d’un cloisonnement entre les deux entités et favoriser la prévalence du secret industriel et commercial.
Doit-on comprendre que les rapports annuels d’activités émis par l’IRSN sont présentés afin de préserver cette notion très orientée du secret médical, et favoriser la notion de secret industriel et commercial au détriment des données de santé publique.
En effet, lorsque l’on regarde de près, les comptes rendus annuels d’exposition de l’IRSN, il apparaît que les résultats sont exprimés sur le nombre d’échantillons, ce qui donne l’illusion de résultat tout à l’honneur de l’entreprise.
Lorsque l’on favorise une approche médicale objective, après avoir pris conscience de la méthodologie fallacieuse actuellement en vigueur, la question à laquelle il apparaît important de répondre serait, « Toutes analyses confondues réalisées (mouchage, selles, urine, tritium, anthropogammamétrie) par patients ; quelle est le pourcentage de personnes qui montre des « traces de contamination » au moins une fois dans l’année ? ».

Ce chiffre-là, très peu de personnes le connaissent, (quand on connaît son ordre de grandeur effectivement, il fait très peur). Vu du monde de l’atome cela relève du secret « industriel, commercial» par extension au nom de la sûreté nucléaire (c'est-à-dire la raison d’Etat), il est assimilé comme un secret médical.
Fausser une réalité sanitaire en invoquant le secret médical, est une escroquerie.

Il est aussi intéressant de voir que les données sanitaires avec les organismes de santé publique ne sont nullement corrélées, nous sommes toujours dans le système d’obscurantisme issu de la gestion des accidents nucléaires comme Saint Laurent des eaux, Tchernobyl ou Fukushima qui n’échappent pas à la règle.

Beaucoup ne mesurent pas la portée de cette ordonnance qui ouvre la porte aux autorités de contrôle pour enquêter sur les pratiques médicales concernant le suivi médical des travailleurs.
Une enquête sanitaire sur les pratiques du médical, sur le suivi du personnel en centrale nucléaire, pourrait bien voir le jour très prochainement, maintenant que l’ASN en a les moyens.
En aura-t-elle la volonté ?
Le problème qu’elle a mis en évidence sur les falsifications de l’usine AREVA du Creusot, risque bien de trouver là son implication sanitaire sur le personnel, et lever le voile de l’utilisation des mêmes méthodes au niveau médical pour dissimiler une vérité inavouable.
Certains médecins vont avoir bien du mal à justifier leurs discours et légitimer leur méthodologie d’estimation de dose.

Ce défaut d’interconnexion entre les différentes entités a non seulement été organisé, mais de surcroît a été exploité de manière abusive, pour mettre en place des méthodologies fallacieuses.
Le mensonge qu’entretient le monde de l’atome ne tient plus que par des pratiques managériales, véritablement calquées sur la pathologie du pervers narcissique.
Les manipulations psychologiques, sont très courantes, la Direction d’EDF n’hésitant pas à faire intervenir un psychanaliste professionnel, qui profite de sa double casquette de psychanaliste mais aussi de consultant, pour induire en erreur les membres du personnel, extirper des informations sous couvert du secret médical pour les redonner de manière nominative à la Direction, qui en profitera pour mettre en place une stratégie personnalisée d’épuration des effectifs.
C’est ainsi que l’équipe du LAM d’EDF a, sur une période de 3 ans, été renouvelée à 80%, ce dont la Direction se justifiera ainsi « Il n’y a pas de problème global, ce n’est qu’une accumulation de cas particuliers qui n’ont rien à voir les uns avec les autres ».
Management ultra libéral à la sauce Anglo-Saxonne, où lorsqu’il y a un problème avec les personnes, plutôt que de chercher une solution au problème, il est plus simple de supprimer les personnes.
Vous l’aurez compris, la paranoïa des équipes de management, au sein du monde de l’atome, est d’empêcher à tout prix de pouvoir établir des relations de causes à effets non désirées, entre les divers services et entités, pour que la Direction de l’entreprise soit la seule à avoir une vue globale de la situation.
Ce grand carrousel, se constitue de multiples entités, œuvrant dans un but commun dont elles en ignorent la véritable substance, mais leurs missions spécifiques ne leur permettent d’avoir qu’une vision partielle qui les place dans une situation de fausse concurrence entre elles.
Elles interagissent entre elles dans le cadre exclusif d’un cycle prédéterminé dont il ne leur appartient pas d’avoir le contrôle.
Dans un système complexe, de temps à autre, il y a des bugs, un peu comme dans un programme informatique, ceux-ci sont gérés en affinant les paramètres de priorité. Mais ces paramètres ne sont ajustables que dans le cadre du respect de l’objectif global visé, et celui-ci est l’exclusivité de l’Etat par la voie d’EDF.
C’est l’adaptation du modèle d’organisation militaire qui a permis, lors de la seconde guerre mondiale, de préparer le débarquement de Normandie.
Pas sûr que ce modèle soit bien adapté à la société civile, lorsque l’on apprend que les organismes de contrôle ont été bridés eux aussi, pour ne pas avoir accès à une vue globale de la situation, surtout lorsque celle-ci vise à occulter un problème de santé publique, est-il bon de rappeler que le nucléaire civil n’est que l’extension commerciale du nucléaire militaire.
Le caractère spécifique de l’activité fait que si le nucléaire militaire a été développé pour obtenir une arme de dissuasion efficace, son passage au domaine civil en fait autant de points de vulnérabilité stratégique.
C’est un peu comme prendre une horde de loups pour surveiller une propriété, c’est très efficace pour dissuader les intrus, mais c’est aussi très dangereux pour vos enfants.
Inévitablement, vous serez obligé de prendre des dispositions restrictives de leur espace de jeu et de vie, devant le risque permanent de voir se retourner contre vous les chiens de garde. C’est pourquoi le nucléaire civil n’a jamais existé qu’en apparence et que la structure même qui encadre le sujet, est calquée sur un modèle autoritaire, qui ne laisse pas de place à un débat public.
Le cas de l’accident de Saint Laurent des eaux démontre à lui seul, jusqu’où ce modèle autoritaire a été utilisé pour justifier l’injustifiable, aujourd’hui les reliquats des mesures prises à l’époque, montrent des carences évidentes de ce modèle.
Les organismes de contrôle ont fini par évoluer timidement, jusqu’au point d’avoir l’autorisation à pouvoir s’émanciper sous contrôle de ces sujets tabous, qu’ils ont été en charge de taire, pendant des années d’utilisation des installations.
Ne croyez pas que c’est une découverte pour eux, ce n’est tout simplement qu’un secret de polichinelle, qui est devenu trop gros à cacher et qui vient s’inscrire, à point nommé, dans une période où il trouve une utilité propice visant à amener une évolution de la politique énergétique nationale.
Cela passe par des révélations, qui n’ont d’objectif que de faire basculer l’aspect décisionnel en faveur d’un changement radical et inévitable, que le monde de l’atome se refuse à entendre et n’accepte pas.
Cela occasionne un argument de deal pour faire pression sur le lobby de l’atome, face à sa résistance.
Il perd chaque jour un peu plus le contrôle, sous l’émergence de la conscience de la société civile, devant la nécessité d’une orientation énergétique indispensable, pour pouvoir se projeter sur le long terme, et celle-ci dépasse de très loin la vision nombriliste nationale qui pour faire plus de profit a choisi de mettre tous les œufs dans le même panier, d’où notre dépendance due à la disproportion de notre mix énergétique.
Argument largement utilisé, par le monde de l’atome, pour justifier du maintien des investissements, pour soutenir son activité. Ceci dit le coût des investissements et du fonctionnement du nucléaire perd chaque jour du terrain, les fiascos s’accumulent.
Les médias traditionnels aux ordres pour soutenir la filière, nous ont fait le coup du terrible hiver, des importations d’électricité, du risque permanent de pénurie et j’en passe.
Le vrai risque de pénurie apparaît réellement lorsque les employés d’EDF se mettent en grève, nous avons surtout un risque de pénurie sociale.
Mais nous sommes en France, n’avons-nous pas encensé le siècle des lumières, avant même d’avoir trouvé l’électricité !!!
Il apparaît cependant que ces arguments aujourd’hui sont très fortement contrés par une réalité que l’on ne peut nier. Nos voisins qui investissent massivement dans les énergies renouvelables s’en sortent. Les rendements augmentent considérablement chaque année, ce qui va leur permettre de pouvoir s’affranchir progressivement, voire assez rapidement des centrales utilisant du combustible fossile, (ce que le monde de l’atome critique pour le moment pour fait de pollution).
Personne ne met le doigt sur le fait que l’utilisation de ces centrales n’a de vertu que de parer au manque de production électrique, le temps d’avoir développé suffisamment les énergies vertes pour suffire à leurs besoins, et qu’à terme, elles n’auront plus de raison d’être.
Lorsqu’ils en seront là, et que nous continuerons toujours à nous débattre dans un modèle qui nous aura coûté la « peau du cul », nous tient en otage, et aura fait explosé nos factures, la seule conclusion que l’on pourra en tirer sera « Un imbécile qui marche ira toujours plus loin qu’un sage qui reste assis ».

En attendant cette inéluctable projection, le monde de l’atome se frotte les mains, l’EPR de Flamanville semble dès lors acquis, au prix d’un deal qui résonne comme une victoire à la Pyrrhus.
Encore une bataille comme celle-là, à Hinkley-point où ailleurs, et EDF sera définitivement connecté à Waterloo.com.

Si les organismes de contrôle avaient eu autorité de faire part de la réalité du suivi médical des travailleurs, en toute objectivité, avec une vraie prise en considération des valeurs statistiques médicales, et non pas d’une divulgation  au nom de la loi TSN (Transparence sur la sécurité nucléaire) de la vue industrielle de l’état de santé des travailleurs, ce qui est le cas actuellement.
Il y a longtemps que la relation de cause à effet entre l’état réel des installations, les pratiques douteuses de management et l’impact sanitaire sur le personnel auraient été mis en évidence.
Si les personnes se contaminent c’est qu’il y a des raisons à cela.
Le pseudo système d’autocontrôle a ses limites et elles ont été très largement outrepassées, soyons un peu sérieux, si vous voulez lutter contre des « narcotrafiquants », il ne vous viendrait pas à l’idée de mettre son chef de cartel à la Direction des douanes.

Le fait est, le suivi médical des travailleurs a été entravé depuis des années, par des dispositions règlementaires visant à interdire toute forme de contrôle, par une entité qualifiée et réellement indépendante qui soit en mesure de bénéficier des éléments globaux, lui permettant de statuer de l’impact de l’activité sur la santé des travailleurs.
La lecture des opus 3 et 6 en dit très long sur le sujet, si pareils propos peuvent être tenus, sans aucune crainte, c’est uniquement par absence de contrôle des pratiques médicales, ce qui garantit une immunité totale aux responsables de la mise en œuvre de ce genre de pratiques.

Si cette toute nouvelle ordonnance du 20 janvier 2017 est appliquée de manière sincère, elle provoquera une onde de choc sans commune mesure qui pourrait bien accélérer le processus de la transition énergétique.
Mais est-ce bien là, l’intention réelle de cette ordonnance, ou est-ce simplement une manœuvre de diversion ?
Le monde de l’atome et son réseau institutionnel a plus d’un tour dans son sac, et pourrait habilement détourner cette apparente bonne mesure, en argument de justification de l’augmentation des seuils des normes d’activité des rayons ionisants en vigueur, en guise de réponse à l’escroquerie de la méthodologie appliquée actuellement, «  c’est un peu comme lutter contre la pédophilie en légalisant la majorité à 6 ans » comme le dit si bien un chroniqueur célèbre.
Pour mémoire, ce qui s’est passé avec la loi sur le renseignement, une pratique totalement illicite a été légalisée au prétexte que tous les partis au pouvoir s’en étaient servis abusivement.
Comme la pratique était courante, bien que totalement illégale, ça ne posait pas de problème pour légiférer sur le sujet, sans consultation populaire.
Il aura suffi de conditionner un aspect contextuel, dont l’Etat français n’est pas exempt de responsabilités, pour instaurer un état d’urgence, et ainsi placer toute la population française sous écoute.
La situation s’est-elle améliorée ?
Lorsque l’on fait sauter les garde-fous, l’on ne peut que s’exposer à ce genre de comportement.
Manifestement cela est monté au crâne de nombre de responsables « politico-industriel », dont l’ambiguïté des propos en dit long sur leur opportunisme mercantile.

Il est tout à fait possible de faire à l’identique avec la radioactivité, et le faux-débat sur la transition énergétique est un très bon support pour cela.
Celui-ci est uniquement cantonné à l’aspect financier de la question.
Le lobby de l’atome par la voie d’EDF et AREVA prend en otage les Français sur cette question, et œuvre pour ralentir le processus d’accélération du mix-énergétique.
La presse s’en fait écho pour amplifier le risque de pénurie d’électricité, la peur fait vendre.
Lorsqu’une population est prête à sacrifier ses droits fondamentaux, et ceux de ses enfants pour vivre en « sécurité », ne serait-elle pas prête à sacrifier sa santé, pour préserver son emploi ?
Les récentes prises de positions de l’ASN, font de son Directeur l’homme à abattre comme le titrent certains journaux.
Toute cette agitation, qui vise à diviser la population sur un faux choix est tout simplement honteuse.
Ce qu’il faut entendre lorsque le Directeur de l’ASN parle de l’état des centrales françaises, avec toutes les réserves qui incombent à sa position, sans oublier les pressions que le monde de l’atome exerce sur l’institution, sans même prendre des gants pour s’en cacher, lorsqu’il dit « la situation est grave », c’est en fait que la situation est très grave.
Ce qu’en tant que professionnel de santé, ayant travaillé longuement au sein d’un laboratoire de radiotoxicologie je ne peux malheureusement que confirmer.
Si effectivement l’ASN a la volonté d’enquêter, sur le sujet du médical, elle va très vite se rendre compte que les défaillances mécaniques qu’elle observe, ne sont certainement pas innocentes dans leur impact sur la santé des travailleurs, (le rapport CODEP-DCN-2014-004499 - ASN traitant des faiblesses des gaines combustible en zircaloy-4, traitant des possibilités de rupture de gaine invite à se poser des questions).
Les contaminations ne sont pas des hasards ni des fatalités, elles sont la résultante de défauts sur les installations, de mauvaises pratiques, voire de dérives, nous en mesurons leur impact depuis fort longtemps, sur le personnel.
En coupant cette information médicale de son contexte opérationnel pour établir une relation de cause à effet, les autorités de contrôle sont coupées des pistes d’orientation pertinentes de recherche.
EDF joue à cache-cache avec l’ASN, en espérant qu’elle ne tombe pas sur un défaut hors de son contrôle par hasard.
Le corpus médical n’a jusqu’à présent pas eu véritablement à se prêter à ce jeu, vu qu’il était protégé par les textes réglementaires, néanmoins, à son égard, l’on peut opposer l’aspect de l’éthique médicale à la considération réglementaire interprétée au sein d’EDF en posant simplement la question : Est-il acceptable d’avoir du sang sur les mains, parce que les textes vous y autorisent ?
De toute évidence la collaboration en 2017, est apparemment beaucoup plus acceptable qu’à la fin de la seconde guerre mondiale.


Au vu des éléments révélés, et même en se regardant le nombril, le débat n’est plus de savoir si oui ou non l’on veut sortir du nucléaire, mais comment en sortir le plus vite possible et cela échappe encore à beaucoup de monde.
Une forme de déni de société qui est bien compréhensible, tant d’emplois dépendent de ce secteur d’activité, et qui présume une casse sociale (sauvage libérale), que beaucoup redoutent ; ce qui place dans un inconfort certain, ceux qui défendent les salariés, se retrouvant dans la délicate position à devoir promouvoir un secteur défaillant et bien involontairement contraints à défendre celui qui leur a déjà mis tant de coups de bâton. Psychopathologie sociétale du syndrome de Stockholm inculqué par le management d’entreprise, dont la vocation est de conditionner le personnel à entrer dans une case prédéfinie, après broiement si nécessaire.

Le monde de l’atome s’agite, mais la réalité est simple, la plupart des pays voisins s’engagent dans les énergies renouvelables, avec des résultats déjà probants pour nombre d’entre eux, et cela va s’accélérer et ils ont l’avantage d’avoir, un mix-énergétique diversifié.
La France est « prisonnière » de cette absence de vision, et s’obstine à vouloir continuer sur une filière qui va nous engager pour les 100 prochaines années. Au bout du compte, cela ne nous permettra que de retarder l’échéance qui s’imposera à nous, à la différence qu’elle sera beaucoup plus importante, polluante, coûtera une fortune, sera sujet de discorde permanent avec nos voisins. Mais n’est-ce pas là, la manière dont ce pays est dirigé depuis des années, par des responsables dont le courage ne se caractérise que par la politique de la patate chaude.

Lorsque l’on apprécie la vulnérabilité stratégique qu’occasionne le fait d’avoir une concentration de 58 réacteurs nucléaires, sur le territoire national, qu’il faut sécuriser devant un ennemi terroriste infiltré.
On ne peut que constater qu’au nom de l’aspect sécuritaire, nos députés ont voté dans leur très grande majorité, l’état d’urgence et la loi sur le renseignement.
(Légalisant ainsi une pratique que tout régime totalitaire rêve d’avoir : Priver les habitants d’un pays entier à avoir un droit fondamental au respect de sa vie privée et de ses opinions, l’interprétation juridique du cadre de cette pratique a montré très vite ses limites, les premières dérives sont apparues très vite, assignation à résidence de militants écologistes qui n’ont strictement rien à voir avec le terrorisme…)

Il est tout de même paradoxal, dans le débat sur « la transition énergétique » que personne n’aborde les questions que soulève cette approche et ce qui en découle :
1) La vulnérabilité stratégique
2) L’impact sanitaire en cas d’attentat.

Thème au vu du contexte sécuritaire d’un très haut point stratégique, devant l’évolution des guerres modernes basées sur l’infiltration des populations locales pour réaliser des attentats visant à faire le plus grand nombre de victimes avec peu de moyen.
En ce sens les installations nucléaires sont des points de vulnérabilité que personne ne peut ignorer de par le risque réel qu’ils représentent, mais aussi et cela est peut-être encore plus grave et il ne faut pas le négliger, ceux-ci peuvent servir de terribles arguments de chantage permanent, pour contraindre et déstabiliser économiquement un pays.
Derrière le terrorisme peuvent se cacher d’autres entités aux intérêts quelque peu intéressés, mais très étrangement personne n’en parle ???

C’est tout de même assez étonnant de voir les politiques qui font de l’aspect sécuritaire leur fonds de commerce et qui ignorent cette réalité qui rend le pays entier vulnérable à un risque d’attentat majeur et dévastateur, ou de chantage.

La sécurité est-elle renforcée autour des centrales ?
Quand on voit les vols de drones au-dessus des CNPE ou la facilité avec laquelle un groupe comme Greenpeace entre à l’intérieure d’un site, et le malaise des autorités à savoir réagir devant cette intrusion, il y a manifestement un malaise.
Si des anti-nucléaires tentaient de rentrer sur le site du CEA de Valduc, pas sûr qu’ils aient le même accueil, et ils ne s’y risqueraient pas.
Autant dire que l’aspect sécuritaire est beaucoup plus mis en avant pour manipuler l’opinion publique que pour répondre à une véritable menace terroriste.
Dans un pays « En guerre !!! » comme certains de nos politiques hystériques se plaisent à nous le répéter, où règne l’état d’urgence, la loi sur le renseignement, comment se fait-il que tous les acteurs politiques débattant du sujet de la transition énergétique, oublient tout simplement d’évoquer ce malheureux point de détail qui est la vulnérabilité stratégique « militaire » du pays à cette forme d’énergie.

Si dans un premier temps le nucléaire a permis une certaine indépendance énergétique, « vis-à-vis du coût du pétrole », il nous entraîne maintenant vers une dépendance à un modèle énergétique totalement contre-productif, sur bien des aspects.

On peut simplement regarder le nucléaire à notre égoïste petite échelle humaine, mais on peut le regarder aussi à une échelle intergénérationnelle en considérant des aspects technologiques que le nucléaire a permis de développer.
Dans le monde du nucléaire tout n’est pas à jeter, loin de là.
Ce qui est affligeant sur ce débat de la transition énergétique est que celui-ci a été volontairement mal posé de manière à occulter une réalité à laquelle, qu’on le veuille ou non, l’on ne pourra pas se soustraire et qui, à plus ou moins long terme, inéluctablement s’imposera à nous.
La véritable question est beaucoup plus vaste que ce triste débat imposé, et nombre d’aspects en sont exclus, il n’est alors pas inutile de s’interroger sur la question du pourquoi dissimulé de cette exclusion qui pose question !

Attachez-vous à ce que l’on oublie discrètement de vous dire,lorsque que l’on vous présente un sujet.

Il ne faut pas oublier que derrière les institutions, ASN, IRSN, ANDRA, AREVA, EDF, CEA c’est l’Etat qui est aux commandes.
Si l’Etat dénonce lui-même ces faits occultés, il semblerait que celui-ci tend à faire passer le message d’une forme d’aveu, de l’impertinence d’un choix stratégique, ayant occasionné notre défaut de mix énergétique actuel qui ralentit le processus d’évolution vers les énergies vertes.

C’est aussi l’aveu, d’avoir diligenté une organisation institutionnelle orientée des entités de contrôle, pour  promouvoir l’industrie électronucléaire en les privant de leurs capacités analytiques objectives de leur mission première.

C’est aussi l’aveu, d’avoir laissé s’instaurer une forme de management sauvage, au sein même des institutions et entreprises d’Etat, afin de faire sauter les garde-fous internes, et offrir la possibilité d’exercer des pressions internes en toute impunité.
Les exemples de plaintes contre les inspecteurs du travail, les médecins, en disent long sur le sujet. Les personnels du secteur privé sont très loin d’imaginer les possibilités que cela offre aux managers pour faire pression sur le personnel, en lui infligeant des traitements de faveur, qu’il ne serait même pas possible d’utiliser dans le secteur privé.
EDF bénéficie aujourd’hui d’un climat aléa-moralité qui lui offre toute latitude, pour exercer des pressions inhumaines sur les membres de son personnel. (L’explosion des cas de burnout et la manière dont ils sont traités se passe de tout commentaire, il vaut mieux travailler dans le privé en pareil cas).
Les cas d’agents EDF, qui sont de bons professionnels mais qui osent dénoncer des pratiques plus que douteuses, se retrouvent aujourd’hui sanctionnés et privés de salaire, pour une durée indéterminée, ceci devenant une tendance fort acceptable vu de la Direction.
L’employeur au nom « du statut d’agent » ayant toujours la possibilité d’inventer un prétexte de faute administrative. Bien évidemment l’inspection du travail refusera d’intervenir et laissera ainsi tout le temps à l’employeur pour proposer un autre poste à l’employé.
Ce qui bien sûr va prendre un temps indéterminé (plusieurs mois) et, qui bien évidemment, contraindra l’employé, devant la pression financière, à démissionner.
Comme il est difficile pour EDF de licencier un employé, l’entreprise le laissera dans cette position où il ne peut subvenir à ses besoins et n’a pas le droit de travailler ni de s’inscrire au chômage.


Nombre de délégués syndicaux, prisonniers des directives magouilleuses de leur Direction syndicale, se voient contraints d’œuvrer dans le sens des Directions d’unités, en faisant obstruction au sein des CHSCT à la remontée des problèmes, laissant ainsi nombre de personnes victimes des pratiques abusives managériales, en les abandonnant à leur triste sort.
Les soi-disant partenaires sociaux, sont réduits à faire de la figuration au sein d’un système qui les tient par l’acceptation de la Direction à taire, une corruption financière, qu’elle garde sous le coude au cas où ; ce qu’elle ne manque pas de faire, dénoncée de temps à autre par ces propres entités syndicales sympathisantes, lorsque les choses ne vont pas dans son sens, histoire de se rappeler à leur bon souvenir.
Il n’existe plus de dialogue social au sein d’EDF, tout, repose sur un chantage aux faits de corruption.

A ne pas s’y méprendre, il semblerait qu’en interne comme en externe, la même méthodologie ait été appliquée.
La transition énergétique : Que penser de l’approche proposée de cette question ?
Le débat est orienté de manière à systématiquement opposer, secteur privé à secteur public, pro-nucléaire et écolo, libéralisme et conservatisme, sur fond de réforme nécessaire où, l’enjeu essentiel tourne autour de la rentabilité des moyens de production d’énergie, qui dans la forme proposée ne peuvent qu’être opposés.
Leurs complémentarités ne s’apparentant qu’au seul aspect économique de notre capacité à pouvoir réaliser cette transition technico-financière, que soulève le développement des énergies renouvelables auquel viendra s’ajouter le coût du démantèlement.

Alors l’argumentation opposant le coût du KWh du renouvelable par rapport au nucléaire est quelque peu erronée, et sous-entend une notion particulièrement grave qui va devenir un frein essentiel à cette transition.
Cette vue restrictive semble échapper à beaucoup de monde et elle n’est pas sans satisfaire quelques esprits libéraux qui y trouvent un avantage considérable.

La privatisation du secteur de production des énergies renouvelables met en concurrence le secteur public au secteur privé.
Si dans un premier temps celui-ci va créer de l’emploi, pour sa réalisation, très vite, l’on va se rendre compte qu’à terme il ne nécessitera que très peu d’emplois en terme d’exploitation.
Cependant l’emploi va se trouver au niveau du démantèlement, qui lui, coutera une fortune et durera bien au-delà de la mise en œuvre de la réalisation de ce passage au vert.
Si ce secteur se retrouve en majorité privatisé, qui va payer le coût du démantèlement ?
L’Etat français, loin d’être exempt de toutes responsabilités dans la gestion d’AREVA, a réussi à ébranler l’entreprise, puis imposer à EDF de reprendre pour partie de ses activités afin d’éponger sa dette.
La solution préconisée en pareille situation est de sociabiliser les dettes et privatiser les bénéfices, ce que l’Etat français a déjà fait à plusieurs reprises pour d’autres secteurs d’activité que celui de l’énergie.
Cela permet de supprimer des postes de fonctionnaires, ce qui est l’argument principal de tous les derniers gouvernements qui prônent la rentabilité à tout prix.
La faute aux fonctionnaires ou assimilés trop assistés et dont les prétendus privilèges, coûtent très chers et ne les incitent guère à être compétitifs face aux entreprises privées.
Ce qui dans la tête de beaucoup de Français se réduit à l’équation : fonctionnaire = fainéant et il suffit d’aller sur les réseaux sociaux pour voir l’image que la presse et les politiques ont réussi à faire résonner durablement dans la tête des gens.
Ce qui en soi est une forme d’aveu de la part de l’Etat, à reconnaître son incompétence en matière de gestion d’entreprise nationale, qu’il justifie allègrement à la faute de notre code du travail qui, pour l’occasion, méritait d’être considérablement assoupli pour parer à ce problème.
Au regard des éléments développés dans les opus et des affaires impactant le monde de l’atome, il semble apparaître de manière évidente que l’Etat, que l’on retrouve aux commandes de toutes ces structures, a ouvertement œuvré pour conditionner cette situation.
L’opposition systématique entre le secteur privé et public est devenue de bon ton, tout ce contexte laisse entendre clairement une chose : En France pas de transition sans privatisation du secteur énergétique. (Ce qui est une directive Européenne.)
Le problème est, si EDF est affaibli par ces privatisations qui seront autant de recettes en moins, censées permettre d’amortir le coût de la transition du modèle nucléaire, vers les énergies renouvelables : Quel sera le prix du KWh réel pour les Français ?
Il sera tout simplement celui fixé par la concurrence entre les différents producteurs, qui ne tarderont pas à passer des accords discrets entre eux pour augmenter leurs bénéfices, comme cela s’est passé pour d’autres secteurs d’activité, mais en plus, pour compenser le déficit inévitable du démantèlement, il imposera une augmentation d’impôts qui risque bien d’être non négligeable.


Le prix du KWh pourra sensiblement baisser, mais en fait les Français paieront une facture globale inhérente au budget énergie, beaucoup plus cher.
Voilà qui pose un problème sociétal complexe.
En apparence, le monde de l’atome aurait tout intérêt à ce que le secteur énergétique reste sous la coupe de l’Etat, et ce de par son simple intérêt stratégique en période sécuritaire.
Mais cette situation le place devant un dilemme, il lui est difficile de prôner une forme de libéralisme interne jusqu’alors réservé aux industries du privé, qui lui permette de dégager d’importants bénéfices en faisant du nucléaire low cost, et de prôner dans le même temps une forme de conservatisme qui vise à la protection de ses écarts aux normes, par son réseau institutionnel.
La question du coût du KWh est au centre des débats, écologistes et pro-nucléaires s’opposent sur cette approche économique. Seulement cette approche est conditionnée par un autre aspect, qui est très loin de faire l’unanimité au sein même de chacun des deux groupes, et qui est la question de la privatisation.
C’est un objectif que l’Etat se doit de mettre en œuvre afin d’atteindre les directives européennes imposées par Bruxelles.
Cet objectif affiché de Bruxelles pose une question de fond à laquelle l’Etat français doit répondre.
Jusqu’à présent c’était le monde de l’atome qui se cachait derrière l’Etat français, mais cette directive change la donne et maintenant c’est l’Etat français qui se cache derrière le monde de l’atome.
Il devient alors le bouc émissaire, au chantage à la transition énergétique, ou plutôt serait-il plus approprié de parler de tragition-énergéfric dont l’objectif réel (non avoué) est la privatisation à terme de tout le secteur énergétique français.
Le nucléaire sous sa forme actuelle a entamé sa longue agonie, il est encore porté à bout de bras par l’Etat, pour éviter une catastrophe sociale, mais la réalité est qu’il est déjà en état de mort cérébrale.
Conceptuellement le nucléaire est déjà une énergie du passé, et Fukushima est son cancer.

Les orientations politiques de la loi NOME (nouvelle organisation du marché de l'électricité) date de 2010, et lorsque l’on regarde les enchaînements des évènements depuis 2010, tout ce processus semble avoir été planifié de longue date.
Les évolutions juridiques et les divers évènements qui sont en rapport avec la question énergétique sont beaucoup trop rapprochés voire synchronisés pour qu’ils ne soient que le fait du hasard.
Ceci n’est pas sans avoir un impact significatif sur la perception que la population peut en avoir, que l’on retrouve au niveau électoral où la population ne sait plus sur quel pied danser.
Les jeux de rôles politiques des différents candidats, tendent finalement tous dans la même direction en catimini, en dissimulant la vraie nature de la directive imposée par Bruxelles qui est celle de la privatisation du secteur énergétique, sous couvert d’un prétendu débat sur la transition énergétique.
La vraie question étant « Pourquoi la privatisation est-elle un prérequis à la transition énergétique » et pourquoi la population n’est pas invitée à donner son approbation à cette question !!
« Y-a-t-il vraiment incompatibilité à conserver un réseau de production et de distribution d’énergie nationale, et engager une transition énergétique ? »

La manière dont l’Etat français œuvre pour se désengager du nucléaire pose une réelle question, comment celui-ci pense-t-il assumer l’héritage intergénérationnel du parc nucléaire.
Les Français ont payé de leurs poches ses installations nucléaires, et certaines de celles-ci resteront en héritage pour des siècles aux générations futures.
La stratégie de la patate chaude dans laquelle nous oriente Bruxelles semble être une option idéale pour se décharger de cette responsabilité.
Mais les Français ont-ils vraiment le désir lâche, de laisser ces installations encore quelque peu rentables aux mains d’investisseurs privés, dont l’unique objectif est de presser le citron jusqu’à la dernière goutte, et qui une fois bénéfice acquis, les laisseront pourrir sans suivi (voir la prestation d’AREVA en Afrique sur les mines d’uranium).
Est-ce la résultante inévitable de ce modèle que les Français veulent voir s’installer sur leur territoire ?
Quelles garanties ses entreprises privées (éphémères) sont-elles en mesure d’apporter à très longue échéance ? Aucune, tout est prévu pour faire payer les Etats qui contreviendraient à la rentabilité de ces entreprises par des décisions d’Etat qui seraient jugées discriminatoires, mais aucune contrepartie ne les engagerait sur leurs responsabilités environnementales et sanitaires et sur leurs obligations du devenir des installations au terme de leur utilisation.
Mêmes si celles-ci étaient fixées, qu’est-ce qui permettrait de garantir dans le temps, la pérennité de telles entreprises ? Rien !!!
Seul un état souverain peut apporter ces garanties.
Ce que Bruxelles tente de faire passer en force, relève d’une conception d’un modèle économique concurrentiel, calqué sur le parasitisme.
(Il existe des formes de parasitisme au niveau biologique qui sont sans dommage, comme le commensalisme ou encore sous sa forme la plus évoluée la symbiose, mais là les perspectives semblent plutôt nous orienter sur sa forme beaucoup plus agressive qu’est la compétition, pouvant aller jusqu’à la mort de l’hôte.)
Aborder la question de la transition énergétique sous cet angle est quelque peu paradoxal, car le remède proposé est aussi dangereux que la maladie.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nous n’avons nullement à faire face à un problème de posologie pour amener une transition énergétique responsable, basée sur de vrais principes de coopérations au niveau international. Le problème est l’efficacité de la molécule choisie pour trouver solution, car si celle-ci a pour effet directe de retarder l’échéance, elle n’a nullement vertu à guérir la maladie, tout simplement parce qu’elle n’a pas été conçue pour.
Les effets secondaires prennent à l’heure actuelle des proportions très inquiétantes, ils divisent la population en offrant des visions intentionnellement fragmentées de la situation, qui ne peuvent conduire qu’à des réactions passionnelles, joyeusement agitées et opposées par d’habiles manipulateurs, qui tirent grand bénéfice à voir se développer une très grande confusion de la population sur ce sujet de diversion, qui en cache un autre beaucoup plus important qui nous concerne tous.
C’est avec ce genre de stratégie que l’on arrive à déstabiliser un pays entier.
Bien conditionnée, la population concède des dispositions légales bien choisies, qui permettront à terme, de faire basculer, au moment des élections un pays entier dans un processus de radicalisation, qui n’aura de démocratique que le vague souvenir d’un temps qui se voudra révolu par la force des choses.
Le problème de cette stratégie est qu’elle conditionne un très grand nombre d’abstentions lors des élections et qu’une minorité se retrouve avec les pleins pouvoirs.
Toutes les conditions seront réunies pour faire descendre la population dans la rue avec une potentialité élevée de risque de dégénérescence.

Le fait est, et c’est fort intéressant de le constater, l’orientation politique conditionne forcément la transition énergétique au processus de privatisation.
Pourquoi cette volonté marquée d’instaurer dans l’esprit des gens cette unique option qui oppose systématiquement transition énergétique et nucléaire, et secteur public et privé.

Le secteur nucléaire, certes présente de lourds inconvénients mais, il a aussi quelques avantages qu’il ne faut pas négliger, tout n’est pas à jeter dans le monde de l’atome, loin de là.

Mais oser considérer l’approche de complémentarité entre les énergies renouvelables et les avantages technologiques qu’apporte le nucléaire, ne semble pas une piste envisagée.
Bien au contraire, tout semble fait pour que cette opposition forcée de la question énergétique soit entretenue, n’y aurait-il pas une bonne raison à cela ?

Ce qui sera l’objet de l’opus 8