rien ne m'échappe

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J'observe, tranquille mais vigilant

vendredi 21 avril 2017








Opus 8 : Le Risque Alpha

 

De la réalité virtuelle
à la vérité





Le secteur nucléaire, certes présente de lourds inconvénients mais il a aussi quelques avantages qu’il ne faut pas négliger, tout n’est pas à jeter, dans le monde de l’atome, loin de là.

A y regarder de plus près, celui-ci pourrait bien offrir une autre approche que celle que l’on nous impose en marche forcée, où l’absence de calendrier caractérise l’immaturité de la stratégie industrielle pour y parvenir, et met en évidence les carences de la méthodologie du chiffrage du coût réel du démantèlement.


EDF est quelque peu spécialiste en la matière, il suffit de regarder le prévisionnel du coût de l’EPR de Flamanville et la réalité des faits pour comprendre. Prévisionnel 3.3 milliards d’euros et dans la réalité celui-ci va dépasser les 10.5 milliards, avec près de 7 ans de retard sur l’objectif initial et ce, pour un seul réacteur. Le démantèlement à terme c’est 58 réacteurs, une telle erreur sur le provisionnement sera une véritable catastrophe économique.
Toute la stratégie du monde de l’atome est basée sur la prolongation forcée des vieux réacteurs, en attendant de les remplacer par des nouveaux, le tout étant conditionné par une stratégie où, contraintes techniques et défauts économiques apparaissent comme éléments de justification d’une non-faisabilité réaliste, qui ne vise qu’à prolonger l’activité dans une fuite en avant, sans vision à très long terme.

Il est tout à fait étonnant de voir seulement aujourd’hui, une mission parlementaire soulever ces questions et commencer à prendre conscience de la réalité de la situation.

A y regarder d’encore plus près, celle-ci pourrait bien expliquer à elle seule, l’étonnante position de l’Etat Français à avoir conditionné une situation critique au sein de l’atome, pour favoriser les directives de Bruxelles, ce qui n’est pas sans nous donner l’impression qu’il se serait tiré lui-même une balle dans le pied.

La question alors à se poser est : Mais quelle serait l’intérêt pour des entreprises privées d’investir dans des installations en sursis ?
N’y aurait-il pas une évolution possible des installations qui pourrait devenir fortement compatible avec les énergies renouvelables que l’on nous dissimulerait, et qui n’apparaîtrait, comme par enchantement, qu’après un phénomène de privatisation, solution bien connue pour parer aux manquements de l’Etat à savoir gérer ses entreprises, ce qui relève beaucoup plus d’une simulation, que d’une réalité.
Ceci est pourtant le véritable objet de la « transition énergétique » directive ultra libérale de Bruxelles qui ne vise qu’à vassaliser un peu plus les Etats souverains, en les exonérant de leurs missions de services publics. Ce que nombre d’élus des différents Etats, corrompus par les lobbies, n’ont guère le choix de faire s’ils veulent sauver leur tête.
Lorsque des cadeaux de plusieurs milliers d’euros, les collusions avec des personnes d’influence, s’étalent au grand jour, la question qui devrait se poser est : Quelles sont les véritables intentions qui se cachent derrière ce clientélisme (lobbying en Anglais) ?

Les révélations médiatiques au grand public deviennent alors un excellent moyen de manipulation par résonnance dans l’esprit des populations, « tous les politiques méritent d’être mis dans le même sac ».
Même s’il peut s’avérer qu’à un moment donné, le chien vienne à mordre la main qui l’a nourrit.
Ce chantage aux faits de corruption que les médias aux ordres n’ont de cesse de généraliser jusqu’à la banalisation, à plusieurs objectifs.
Générer de faux débats qui occultent les vraies questions de société
Discréditer les personnalités non compatibles avec leurs projets.
Conditionner le choix des populations sur la personnalité de ces représentants nationaux bien choisis, qui auront pour objectif de conduire leurs missions à bien, moyennant une amnistie médiatique de faits qui pourraient leur être reprochés.
Influer sur le taux de participation aux élections, il faut que celui-ci reste dans une fourchette acceptable, condition sine qua non pour que cette stratégie fonctionne. Si le taux de participation est trop faible, le risque est double ; se retrouver avec des fous furieux incontrôlables au pouvoir, largement minoritaires par rapport à l’ensemble de la population, mais surtout et cela est beaucoup plus grave, une désolidarisation massive de la population dans la confiance aux dogmes du système en place, qui imposeront des changements qui risquent de le remettre en cause sur le fond.

Sur la question énergétique de la France, convergent de multiples aspects de notre société, cette interrogation dépasse de très loin le simple débat qui oppose le nucléaire et les énergies renouvelables.
Ce n’est pas une simple question énergétique, c’est une question de fond du modèle de société dans lequel nous sommes appelés à vivre.
Cependant, lorsque l’on regarde les arguments qui opposent nucléaire et énergies vertes, l’on se rencontre que ceux-ci sont développés pour fortement orienter et freiner le développement des énergies renouvelables face au nucléaire.
Pas à un seul moment, la question de leur complémentarité technologique, dans la réalisation de la transition énergétique, n’est évoquée.

Un des problèmes majeurs des énergies renouvelables est leur disponibilité, conditionnée par les aléas climatiques des éléments naturels, vent ou soleil, la production n’est pas forcément en adéquation avec les pics de consommation.

Un des problèmes majeurs du nucléaire est son démantèlement, qui va prendre beaucoup de temps et celui-ci dépasse son temps d’activité (Brennilis à fonctionné 18 ans, son démantèlement rencontre des difficultés techniques que l’on n’arrive pas à résoudre pour le moment, la fin du démantèlement « pourrait être » achevée à l’horizon 2032, soit 47 ans après sa mise à l’arrêt).

Mathématiquement lorsque l’on multiplie deux signes négatifs, nous devrions obtenir un signe positif.

Est-ce que ces deux aspects, énergies renouvelables et démantèlement sont fondamentalement incompatibles ?
A en croire la position des deux parties qui s’opposent oui.
Mais est-ce bien le cas ?
Comme pour l’uranium que l’on présente comme insoluble dans l’organisme, lorsque l’on regarde bien les choses l’on se rend compte qu’il n’est pas si insoluble que ça, encore faut-il bien prendre en considération l’ensemble du processus d’assimilation et non pas que ce qui favorise au mieux une interprétation orientée.
D’insoluble, il n’y a que notre incapacité à pouvoir concevoir une autre approche du problème.

Alors il est bon de poser le problème le plus objectivement possible et, regarder si nous ne serions pas passés à côté de quelque chose d’évident, mais qui, par la radicalité de l’inertie d’approche de la question, n’a même pas été envisagé.

Posons les choses simplement.

Qu’elle est le principe d’un réacteur nucléaire à eau pressurisée, le REP ?

C’est le principe d’une cocotte-minute.
Lorsque que l’eau est sous pression elle ne bout plus à 100°C, l’eau monte en température sans se vaporiser en gardant sa forme liquide mais à température supérieure à son point d’ébullition à pression atmosphérique.

Dans un REP, réacteur à eau pressurisée, c’est ce principe qui est utilisé, mais qui est optimisé.
A 155 bars de pression, le fluide primaire atteint 320°C, mais reste sous forme liquide.
Ce fluide circule dans un circuit primaire fermé, qui au niveau du générateur de vapeur (GV) échange sa chaleur au travers des parois de centaines de tubulures dans lesquelles circule l’eau du circuit secondaire.
L’eau du circuit secondaire est alors transformée en vapeur, qui entraîne des turbines permettant ainsi à l’alternateur de produire l’électricité.
Le fluide primaire, après échange thermique dans le générateur de vapeur, perd de sa chaleur, il est alors réacheminé vers la chaudière où il est à nouveau réchauffé pour recommencer une nouvelle boucle, la circulation du fluide est réalisée par les pompes primaires.

Pour voir les choses simplement, je prendrai cette image que tout le monde comprendra pour caractériser le phénomène généré par un réacteur à eau pressurisée.
Imaginez que vous asseyez un enfant sur une balançoire.
Lorsque l’enfant est assis sur la balançoire, il est en position statique, donc pour amorcer le mouvement dans un premier temps vous allez le tirer en arrière, pour amorcer le mouvement de balancement, ce qui vous demande beaucoup d’énergie.
Arriver au point haut vous le lâchez, l’enfant se balance puis revient en arrière, et là vous n’avez plus qu’à l’accompagner d’un mouvement de la main pour donner l’énergie suffisante afin d’entretenir le mouvement de balancier.
L’énergie que vous donnez alors, est considérablement moins importante que celle dont vous avez nécessité au départ pour amorcer le mouvement de balancier.
C’est exactement ce qui se passe dans un circuit à eau pressurisée, une fois la réaction amorcée, la quantité de chaleur nécessaire au fonctionnement du circuit, dans les conditions d’exploitation de production d’électricité, est considérablement moins grande que celle nécessitant sa mise en route.
Son principe fondamental est de jouer de l’inertie thermique, de la même manière que vous jouez de l’inertie du mouvement de votre enfant sur une balançoire.

La technologie du réacteur à eau pressurisée a été développée par Westinghouse, promoteur historique du développement de l’énergie nucléaire, mais cette technologie adaptée à la réaction nucléaire, très spécifique, tirerait-elle l’exclusivité de son adaptabilité à cette unique source d’énergie ?

Pour mémoire :
Rudolph diesel cherche à améliorer le fonctionnement du moteur à combustion interne inventé dès 1807, pour le rendre plus simple, et permettre l'usage de n'importe quel carburant. Il dépose en 1892 un brevet pour son moteur conçu pour fonctionner avec du charbon pulvérisé. La découverte du pétrole dans les années 1850 et son développement dans les années qui suivirent, le feront devenir le combustible de référence du bien connu moteur diesel.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas la technologie qui est venue s’adapter au combustible, mais le contraire, c’est le combustible qui a trouvé une application pratique dans une technologie.

L’aspect technologique est absolument capital, mais nous vivons dans un monde où les enjeux économiques priment, et nous conditionnent à prêter une valeur des choses, en fonction du phénomène de rarification des ressources naturelles par leur exploitation. Nous nous focalisons sur la projection spéculative de l’épuisement de la matière première consommable nécessaire à notre bien-être.
Nous allons toujours de plus vers moins, alors même que notre technologie nous permet de faire le contraire, mais ceci est devenu dans l’esprit de la plupart des gens, quelque chose de conceptuellement non réalisable.
Pourtant, si je prends pour exemple une personne de ma corpulence et de mon âge, je peux choisir de m’entretenir en faisant de la marche. En dépensant mes calories je parcourrai alors environ 5 Km à pied en une heure, mais rien ne m’interdit de dépenser le même nombre de calories pour faire plus de distance 8km, en moins de temps, seulement 24 minutes, il suffit pour cela que je prenne un vélo.
Personnellement j’en tirerai le même bénéfice au niveau santé, mais cela me permettra de joindre l’utile à l’agréable, en trouvant une utilité pratique, ne serait-ce que me rendre sur mon lieu de travail en vélo lorsque cela s’avère possible.
Ce petit exemple nous rappelle que ce n’est pas l’énergie qui fait la performance mais la technologie qu’on lui associe.
Ce petit exemple démontre aussi, ô combien ! Notre conditionnement sociétal, nous invite à oublier des principes simples facilement vérifiables, et fausse notre approche des véritables questions qui s’ouvrent à nous.
Il me semble opportun d’insister sur ce point, car la prise de conscience de l’impact de la dimension technologique disparaît, dès lors que l’on parle de nucléaire.
Lorsque que le sujet est évoqué, la première chose qui vient à l’esprit c’est la nature du combustible qui permet des performances inégalées, la performance technologique devient secondaire trop technique et complexe d’approche pour la plupart des gens.
Si l’on demande au commun des mortels s’il connaît le principe du fonctionnement d’une centrale nucléaire, pour les plus avertis ils connaissent l’existence des différents circuits primaire secondaire et tertiaire, mais pas le principe fondamental du fonctionnement d’un réacteur.
Ils n’en connaissent que l’aspect technique matériel redondant, associé à la sécurisation de la dangerosité potentielle de l’utilisation du combustible. Les arguments se veulent rassurants, ce qui résonne dans l’esprit des gens est que tout a été mûrement réfléchi, bien structuré. Même si le risque est potentiel, il est totalement maîtrisé. Pour assouvir nos besoins énergétiques, ce choix économique stratégique est le plus réaliste face aux exigences de notre société.

Ce qui régit notre modèle de société est la culture de la puissance, pour être efficace il faut que ça crache au départ parce qu’après, il y a forcément des pertes. Nous nous inscrivons alors dans une logique de surenchère de surdimensionnement pour parer à tout risque de pénurie qui contreviendrait à notre confort.

Dès que vous abordez ce sujet, il vous est opposé la question du bilan énergétique.
Mais de quoi parle-t-on ?
Le bilan énergétique est le rapport entre la puissance thermique extraite du cœur du réacteur, et de la production d’électricité après conversion de cette énergie thermique en énergie électrique.
Celle-ci est de l’ordre de 34.58% pour un réacteur nucléaire : (1350 Mw (électrique net) / puissance extraite du cœur 3817 MWt (méga watt termique)) X 100.
Lorsque l’on regarde les chiffres, l’on se rend compte qu’une grande partie de la puissance énergétique de départ est perdue lors des phases de conversion de l’énergie thermique en énergie électrique.
L’on passe d’une énergie thermique à une énergie cinétique au niveau des turbines, cette énergie cinétique est transformée en énergie mécanique pour entrainer l’alternateur, et cette énergie mécanique est transformée en énergie électrique par l’alternateur. A chaque étape les contraintes mécaniques, réduisent les performances et une grande partie de l’énergie de départ est perdue.
Cette manière de considérer la chose, d’un point de vue industriel est très opportune pour déterminer et structurer le nombre d’installations afin de garantir les capacités de production, établir des prévisionnels adaptés à notre réalité économique en besoin d’énergie électrique.
Sans oublier l’aspect sous-jacent que représente la rentabilité financière que le commerce d’énergie est censé procurer aux actionnaires.
Mais ce dernier aspect est-il réellement sous-jacent, ou moteur d’une présentation très orientée de l’efficacité de la technologie associée au nucléaire.

Il y a un aspect fondamental qu’il ne faut pas négliger, la résonnance des chiffres dans l’esprit de la plupart des gens.
L’on comprend que nous sommes devant des installations de taille monstrueuse qui produisent des quantités d’électricité tout aussi impressionnantes, qui nous laissent devant des ordres de grandeur qui nous échappent complètement. Lorsque vous prenez connaissance qu’il faut fournir 3 fois plus d’énergie au départ pour obtenir de telles capacités de productions, à part le nucléaire, il n’y aucune autre source d’énergie qui soit en mesure de répondre à de telles exigences. Notre société est énergivore et pour la préserver il faut les moyens de ses ambitions, pour atteindre de telles performances.
Pour beaucoup, le réalisme cantonne les énergies vertes au rayon de l’utopie écolo, certes, localement elles peuvent être intéressantes, mais restent néanmoins marginales pour pouvoir garantir de telles performances.
Il suffit de lire les commentaires sur les réseaux sociaux et dans la presse pour se rendre compte que ce sont toujours ces arguments qui reviennent sur le devant de la scène et qui font office de juge de paix. (Coût, capacité de production, réalisme économique).

Comme vous l’aurez compris à la lecture des opus précédents, l’impact psychologique issu du conditionnement, nous invite à ne pas nous poser les bonnes questions et à prendre pour argent comptant, les arguments des personnes habilitées à statuer dessus.
Nous restons sous l’influence de valeurs établies de longue date, justifiées par des chiffres que l’on nous balance en pâture sans jamais nous expliquer, ce à quoi ils correspondent véritablement.
Nous vivons dans ce monde de statistiques, de sondages, de pourcentages, où les chiffres n’ont d’intérêt que la justification de positionnements intéressés.
Les mathématiques c’est du sens, à savoir si leur utilisation pour induire en erreur et justifier une interprétation erronée des faits pour les rendre acceptables, est un sujet qui mériterait une profonde réflexion avant de venir s’imposer en tant qu’argument irréfutable dans les débats.
Mais en hexagonie, les débats ont lieu avant la réflexion et quand celle-ci s’invite et ne va pas dans le sens souhaité, il y a le 49.3, juge de paix du consensus national.
Nous avons tous entendu lors d’interventions à la télévision cet argument facile « Les chiffres sont là !!! ».
Dans l’esprit des gens, les mathématiques sont réputées comme étant l’unique science exacte, c’est sur ce principe qu’elles ne peuvent être contredites. Un argumentaire chiffré ça fait scientifique, néanmoins ce n’est pas parce qu’un argumentaires apparaît cohérent en chiffrant le verbe, qu’il est vrai.
Cependant ça marche, écoutez les débats passionnés générés après l’annonce des chiffres, regardez les km de commentaires écrits par tout un chacun dès lors qu’un sondage, une stat apparaît dans la presse, nous le faisons tous inconsciemment pour la simple et bonne raison que, comme Obélix, nous sommes tous tombés dans la marmite dès notre plus jeune âge.
Nous sommes conditionnés à entrer en réaction, en survolant les choses, sans avoir véritablement le souci de prendre le temps de les regarder dans le détail ; pourquoi ? Parce que nous avons assimilé des concepts prédéfinis, qui nous sont rabâchés à longueur de journée dans notre vie quotidienne, auxquels il est bienséant de s’y conformer, et inconsciemment nous réagissons de manière quasi-mécanique, à toute chose affairant à ce que nous croyons, alors nous l’interprétons soit comme une forme d’agression, ou de plébiscite.
Cette réalité virtuelle, objet de notre conditionnement, n’existe en fait que parce que nous y croyons et que nous l’assimilons comme vérité.
Que l’on soit d’accord, ou pas, avec les chiffres donnés, cela résonne ainsi dans l’esprit des gens : Si de tels chiffres sont publiés, ils ont fait l’objet d’études sérieuses, par des officiels qualifiés donc, légitimes. Même s’ils sont contestables, de par l’origine de la source non partagée qui les diffuse, mais nous sommes en république et tout le monde a le droit de s’exprimer, il y a forcément une part de vérité dedans, il n’y a pas de fumée sans feu.
Balancer des chiffres à tout va, certes !!! Mais la question fondamentale reste néanmoins : Est-ce-que la méthodologie appliquée donne bien les chiffres qui correspondent à une réalité objective, ou est-elle là, uniquement pour orienter notre esprit à réagir à une intention plus subtile, qui se cache dans le choix de la méthode pour obtenir des résultats sur mesure.
Plus simplement, est-ce que les effets de com ne se seraient pas une nouvelle fois déguisés en approche scientifique.

Alors peut-être serait-il bon de s’arrêter sur ce chiffre du bilan énergétique d’un réacteur nucléaire et de regarder cela avec une approche plus ouverte de la question.

Premier constat, le bilan énergétique ne prend pas en compte la technologie du réacteur.
Il ne considère que la puissance énergétique extraite du cœur donc sa valeur maximale.
Hors lorsque l’eau du circuit primaire entre dans le réacteur, en mode de production, elle est à sa puissance minimale et ce n’est qu’après avoir traversé le réacteur, qu’elle atteint sa puissance thermique maximale.
Si je veux être honnête, vis-à-vis d’une population et que je veux lui expliquer le bien-fondé de l’utilisation de tel ou tel procédé, il me semble devoir lui donner des chiffres qui sont au plus près de sa réalité fonctionnelle.
Donc si je dois établir un bilan énergétique, je me dois de prendre en compte tous les aspects du système.
Donc le bilan énergétique doit prendre en compte aussi la technologie du réacteur à eau pressurisée.
C'est-à-dire que mon bilan énergétique devrait s’exprimer ainsi :

Bilan énergétique d’un REP = (Puissance énergétique électrique nette commercialisable / Puissance énergétique thermique nécessaire pour garantir le fonctionnement du REP dans les conditions de température et de pression) x 100.

Précisons les choses : La puissance énergétique thermique pour garantir le fonctionnement du REP dans les conditions de température et de pression, ce n’est pas la puissance énergétique thermique extraite du cœur donc maximale, mais la puissance énergétique minimale qui doit être appliquée lorsque le REP est en mode de production, pour que l’eau à sa sortie puisse garantir une puissance thermique maximale permettant la production de la puissance électrique escomptée.

Second constat : Technologiquement nous savons très bien convertir l’énergie thermique en électricité, mais nous savons aussi faire le contraire, c’est ce que nous faisons le matin avec notre cafetière ou notre bouilloire électrique grâce à des résistances électriques.
Vu qu’à l’issue du procédé notre réacteur nucléaire produit de l’électricité, posons-nous alors la question, si l’on remplaçait le combustible nucléaire par des résistances, quelle puissance électrique devrait alors être fournie pour nous placer dans les mêmes conditions d’exploitation ?
Ainsi nous pourrons établir le bilan énergétique de l’installation dans la même unité, des Watt électriques, et ainsi nous affranchir de l’influence du combustible nucléaire, ce qui nous intéresse c’est le bilan énergétique de la chaudière dans le cadre du processus de production d’électricité.

Nous allons alors effectuer ce petit calcul à partir de données qui sont en libre accès sur le net, et qui pour les avoir comparées aux données d’exploitation sur site sont très proches de la réalité.
Ce n’est pas un calcul ultra précis,  mais juste un petit calcul « d’atelier » pour se faire une idée de la question.

Nous allons prendre l’exemple d’un REP de 1300 MW.

Pour cela il nous faut connaître un certain nombre de données, qu’il est bon d’expliquer ne serait-ce succinctement parce qu’ignorées d’un très grand nombre de personnes, mais qui sont fondamentales pour comprendre les choses.


Les conditions de température et de pression qui conditionnent les caractéristiques physiques de l’eau.

Lorsqu’un réacteur est en mode de production, l’eau est sous pression, ses caractéristiques physiques changent, notamment sa masse parce que l’eau se dilate et prend plus de place, donc sa masse par m3 diminue.
L’eau à pression atmosphérique dans des conditions normales présente ces caractéristiques.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de l’écriture scientifique J Kg-1. K-1 = (Joule/ Kg) / kelvin
(exposant -1), c’est diviser.

Capacités thermiques massiques de l'eau liquide :
Eau =4180 J Kg-1. K-1 aux environs de 10°C sous 1 bar (pression atmosphérique)
Masse 1000 Kg/m3 ou 1Kg/dm3 (litre)

L’unité internationale pour exprimer la chaleur n’est pas le °C (Celsius) mais le Kelvin (K), néanmoins 1 K = 1°C, ce qui différencie ces deux unités est le point zéro qui les définit, le zéro Kelvin étant le zéro absolu.
0 Kelvin = -273°C, donc lorsque nous ferons intervenir des valeurs établissant des différences de température dans les calculs qu’elles soient exprimées en K ou en °C, c’est la même chose.

En condition de production dans un réacteur à eau pressurisée REP, les capacités thermiques massique de l’eau changent.
Eau REP =5250 J Kg-1. K-1 aux environs de 290°C sous 155 bars   masse 742 Kg/m3

En mode de production la pression est constante et est assurée par le pressuriseur, qui agit comme un piston sur le fluide primaire pour réguler la pression dans les proportions souhaitées.
Tout repose sur l’équilibre chaleur et pression.
Une perte subite de pression en mode de production entraîne une vaporisation de l’eau, la vapeur d’eau en se détendant occupe un volume bien plus important et peu faire exploser l’installation.
C’est ce qui peut arriver en cas de rupture de canalisation primaire, où la brusque perte de pression abaisse la capacité thermique de l’eau, le fluide se trouvant alors à une température trop élevée, se vaporise.
Dans le cadre de surchauffe du cœur, le risque est inverse c’est un dépassement de la capacité thermique de l’eau qui la vaporise, le circuit étant fermé la pression devient considérable.
Afin d’éviter un excès de pression qui ferait exploser l’installation, des soupapes de sécurité entrent en action et permettent de décompenser la pression générée par la perte de contrôle de la réaction nucléaire.
C’est de cela qu’il s’agit lorsque vous entendez parler des fameux rejets à l’extérieur avec une forte présence d’iode radioactif « entre-autres ».
Vous appliquez ce même principe lorsque vous ouvrez la soupape de votre cocotte-minute.
Ce que l’on appelle la capacité thermique massique de l’eau est la quantité de chaleur maximum que l’eau est capable de recevoir avant vaporisation, plus la capacité thermique massique est élevée, plus l’eau est capable d’extraire de la chaleur du cœur du réacteur.


La différence de Température à compenser entre l’entrée et la sortie du REP de 1300 MW

Comme je l’ai expliqué précédemment en prenant l’exemple d’un enfant sur une balançoire, ce qui nous intéresse est la valeur de la différence de température entre l’entrée et la sortie de cuve.

Entrée cuve : 288 °C
Sortie cuve : 320°C
Le delta Température est de 32°C

Personnellement vu les chiffres annoncés les Méga puissances mises en avant pour produire de l’électricité, je m’attendais à avoir une différence de température beaucoup plus importante à compenser.
Tout étant disproportionné au sein d’une centrale nucléaire, volumes, pressions, quantités d’énergies, températures, je me suis posé la question, qu’est-ce que cela peut donner, histoire de visualiser, à échelle domestique ces principes de production d’eau chaude avec variation de température.
J’ai versé de l’eau du robinet à 13°C dans ma vieille cafetière électrique et j’ai chronométré le temps qu’il fallait pour l’évaporer.
Il n’a fallu que 17 s pour entendre le début de l’écoulement, 4 minutes 50 pour faire passer la totalité du contenu pour compenser un delta T° de 87°C, donc pour compenser un delta T° de 32°C il m’aurait fallu 87/32= 2.7 fois moins de temps soit 6.25 s pour que la réaction s’amorce et 1m47s pour passer un litre et ce à pression atmosphérique. Une simple résistance de cafetière électrique est très efficace.
Si l’on peut faire cela sur des petits volumes, on doit pouvoir le faire sur des gros volumes.
Les cannes de chauffe du pressuriseur sont des résistances électriques capables de chauffer un volume d’eau de 60 m3 à des températures de plus 300°C en des temps très courts pour parer aux chutes de pression éventuelles.

Toute proportion gardée, cette banale petite expérience, à échelle domestique laisse entrevoir la capacité que peut offrir un REP surdimensionné, dont le principe de fonctionnement sous pression augmente considérablement les performances de capacité de chauffe du fluide.
La question qui se pose alors, est de savoir quelles performances thermiques faut-il être capable de fournir devant les contraintes techniques imposées par le fonctionnement du REP ?

La première contrainte technique est le temps de passage de l’eau dans le réacteur.
Plus vous laissez de l’eau dans une casserole sur le gaz plus, elle devient chaude, la chaleur récupérée est proportionnelle au temps de chauffe.
Donc la puissance de chauffe correspondante sera exprimée ainsi : Puissance (W) = Energie (j) / Temps (s)

Pour calculer l’énergie nécessaire il nous faut connaître :
Le delta T soit 32°C
La masse volumique du fluide primaire à température entrée cuve 288°C dans les conditions de pression 155 b = 742.04 Kg/m3
La chaleur thermique massique (Cp) : 5250 J K-1 kg-1 aux environs de 290°C sous 155 bars 

Volume de fluide primaire dans le réacteur

La seule donnée laissant planer le plus d’incertitudes sera le volume d’eau utile contenu dans le réacteur, qui semble être une donnée que l’on ne peut que déduire faute de pouvoir la trouver, ce qui m’a interpellé.
Ce qui surprend, lorsque vous posez cette question aux opérateurs de centrales, tous connaissent les informations de températures, de pressions, de débits de pompe, mais pas le volume utile d’eau contenu dans le réacteur ???
Si ce volume n’apparaît même pas dans les manuels de formation interne à EDF, il doit y avoir une raison bien particulière.
Néanmoins nous pouvons en faire une approche, à partir de plans côtés, même si ceux-ci ne permettent pas de prendre en compte l’encombrement total de l’instrumentation à l’intérieur du REP. Donc nous aborderons cette question à partir de la valeur du plus gros volume possible, auquel nous appliquerons des variations afin  d’estimer les choses de manière réaliste.

Nous considérerons d’une part que le réacteur est rempli en totalité et, faute d’avoir assez d’informations sur le fond et le couvercle de cuve, nous considérerons que ceux-ci n’ont pas une forme bombée et que le volume total du réacteur correspond au volume d’un cylindre de 13.16 m de hauteur et de rayon 2.197 m soit un volume de 199.46 m3 (ce qui majore le résultat) auquel l’on retranchera le volume d’encombrement combustible.
Comme les crayons combustible font 4.75 mm de rayon sur une hauteur active de 4270 mm et qu’il y a 264 crayons par assemblage, et 193 assemblages par cœur, cela représente un encombrement total du combustible de 15.41 m3
Nous considérerons que notre volume de cuve utile pour la circulation d’eau sera de 199.46 – 15.41 = 184 m3 ce qui est une approximation  majorante vu l’encombrement de l’instrumentation et la structure interne présente dans le réacteur, que nous ne pouvons chiffrer faute d’indications suffisantes.
Nous considérerons alors des valeurs intermédiaires, allant jusqu’à moitié moins du volume avec une valeur intermédiaire. Nous ferons une projection avec les valeurs de 184 m3, 135 m3 et 90 m3.

Ayant toutes les indications suffisantes, nous pouvons dès lors estimer l’énergie qu’il faut fournir pour compenser la différence de température en mode de fonctionnement, en considérant les variations du volume cuve.
En appliquant la formule suivante :
Pour 184 m3 : QE (quantité d’énergie en j) : 5250 J K-1 kg-1 x 184 m3 x 742.04 Kg/m3 x 32°C = 2.29 E10 j
Pour 135 m3 : QE (quantité d’énergie en j) : 5250 J K-1 kg-1 x 135 m3 x 742.04 Kg/m3 x 32°C = 1.68 E10 j
Pour 90 m3 :   QE (quantité d’énergie en j) : 5250 J K-1 kg-1  x  90 m3 x 742.04 Kg/m3 x 32°C = 1.12 E10 j

Maintenant pour prendre en considération la puissance de la  performance énergétique du REP, il faut savoir  combien de temps le fluide primaire dispose pour extraire cette chaleur.
Ce temps est conditionné par l’action des pompes primaires qui permettent de véhiculer le fluide dans le circuit primaire et ainsi le faire tourner en boucle.

Un REP de 1300 MW est équipé de 4 boucles, donc 4 pompes primaires, qui alimentent 4 générateurs de vapeur.
Le débit d’une pompe primaire en mode production est de l’ordre de 6.48 m3/s soit pour les 4 pompes 25.92 m3/s (donnée interne CNPE de Paluel).
Le temps de passage du fluide primaire dans le réacteur est donc : 

Pour 184 m3 : 184 m3 / 25.92 m3/ s = 7.1 s
Pour 135 m3 : 135 m3 / 25.92 m3/ s = 5.2 s
Pour 90 m3 :   90 m3 / 25.92 m3/ s  = 3.5 s

Quelle Puissance est nécessaire pour amener le REP en condition de production normale.


La puissance (W) = Quantité d’énergie, 2.29 E10 j / Temps, 7.1 s  

Appliquons la formule aux différents temps obtenus.


Pour un volume de
Puissance en MW =
Energie j    /
Temps
184 m3
3220
2.29 E10
7.13 s
135 m3
3220
1.68 E10
5.23 s
90 m3
3220
1.12 E10
3.49 s

Constat : Quel que soit le volume de la cuve, l’énergie à fournir pour correspondre aux conditions d’exploitation reste la même, ce qui est tout à fait normal vu que l’énergie à fournir est conditionnée par la vitesse de passage dans le réacteur, qui elle-même est conditionnée par le débit des pompes.
Si l’on écrit la formule par substitution où le temps T est déterminé en fonction de chaque Volume par (V/T) l’équation se simplifie ainsi.

Puissance en W = (5250 J K-1 kg-1 x V cuve m3 x 742.04 Kg/m3 x Δ T° 32°C) / (V cuve m3 / débit pompe)

Donc le volume de la cuve n’a pas d’impact :
5250 J K-1 kg-1 x 742.04 Kg/m3 x Δ T° 32°C * Débit pompe 25.8 m3/s = 3220 MW

Voilà qui répond à ma question, mais pourquoi ne trouve- t-on pas les données de volume de la cuve ?
En fait parce que la valeur du volume est simplifiée dans l’écriture de synthèse des deux équations.
Mais il n’est pas inutile de s’être posé la question ?
Si au niveau mathématique cette formule est pertinente, elle a le désavantage de faire perdre de sa substance au sens du rôle des pompes.
Plus le temps de passage dans le réacteur est long, moins il faut fournir d’énergie pour obtenir les conditions de production.
Mais alors, qu’est-ce qui limite l’abaissement de la vitesse de pompage ?
L’utilisation de la formule « extraire de la chaleur » prend là tout son sens, sa résonnance exprime le caractère non pas productif comme elle pourrait le laisser supposer, mais obligatoire, la puissance fournie est telle qu’il faut en abaisser les performances de l’installation. Au lieu de chercher à économiser l’énergie produite par des installations plus performantes, c’est le contraire qui a été fait en optimisant le combustible (MOX).
C’est un peu comme si vous augmentiez la carburation d’essence de votre véhicule pour plus de performance, au point que, devant la puissance développée, vous seriez obligé de rouler avec le frein à main en permanence pour garantir votre sécurité.

Si l’on utilise de l’eau c’est pour une raison bien particulière, elle est essentielle à la réaction nucléaire car elle sert de modérateur, elle ralentit les neutrons et favorise la fission des atomes, sans elle pas de réaction nucléaire.

Si vous prenez un réacteur de 1450 MW la différence de température à compenser n’est pas de 32°C mais de 36°C, pourquoi conceptuellement augmenter la différence de température, plus elle est élevée plus il faut fournir d’énergie ?

L’eau a un inconvénient, c’est un fluide qui demande énormément d’énergie pour être chauffé, sous pression à 155 bars, sa chaleur massique thermique est très élevée 5250 J Kg-1 K-1 en condition de production.
C'est-à-dire, il faut que le combustible nucléaire fournisse une énorme puissance thermique, à un fluide très difficile à chauffer, tout simplement parce que ce fluide est indispensable pour produire à tout prix une réaction nucléaire.
C’est un peu comme justifier de l’indispensabilité à devoir prendre sa toute nouvelle voiture pour aller acheter une baguette de pain à la Boulangerie au coin de la rue, au prétexte qu’il faut en amortir à tout prix son investissement.


J’entends déjà ça et là les réactions de personnes très averties, bien formatées qui vont penser que je suis encore un de ces utopistes à rêver d’un surgénérateur, qui produirait plus qu’il ne consomme.
Tout le monde sait bien que techniquement selon les lois de la physique ce n’est pas possible.
Je ferai remarquer à tous ceux-là, que si vous cultivez un champ de blé de manière raisonnée, il vous apportera de quoi manger pendant toute une année, et vous fournira votre semence pour l’année d’après. C’est un surgénérateur biologique certes, mais un surgénérateur, encore faut-il ne pas avoir oublié que ce sont les famines qui ont permis d’en prendre conscience, et ne pas avoir acheté des graines génétiquement stérilisées, obligeant ainsi les agriculteurs à être asservis aux politiques commerciales des grands groupes industriels, qui les tiennent ainsi en otage, et ce, bien aidés par les lois scandaleuses votées pour interdire aux agriculteurs leurs pratiques ancestrales, produire leurs propres semence, et de ne pouvoir cultiver que les graines inscrites à leur catalogue. Quid de la biodiversité ?
La première science qui s’est appuyée et a développé le principe de surgénération « naturelle » c’est l’agriculture.
Ne comptez pas sur notre modèle de société pour vous présenter la chose ainsi, bien au contraire, tout est instrumentalisé pour nous faire admettre que ce principe fondamental est impossible, alors qu’il est faux.
Comme disait Mao « Coupe un homme de sa culture et tu en feras un authentique révolutionnaire », les lobbies  ont optimisé la formule « fais en de même avec l’agriculture et tu l’affameras ».

Nous entrons là dans une logique d’approche à l’image de notre société, où l’on part toujours d’une abondance pour aller vers une rarification, dont le but a forcément une visée commerciale.
Pourquoi ne cherche-t-on pas à faire le contraire, partir d’une rareté pour aller vers une abondance.


Vous comprendrez dès lors, que ce genre d’approche est très loin d’être à l’ordre du jour, la manière dont les choses sont présentées vont toujours dans le sens inverse, le dogme doit être maintenu à tout prix.
Dans le bilan énergétique initial le REP produit 1300 MW, et il faut 3220 MW pour le faire tourner soit 34.58 %.
Si j’effectue mon bilan thermique réel,  Energie nécessaire au fonctionnement du réacteur / énergie nette produite commercialisable : 1300 MW / 3220 MW x 100 = 40.37 %
Pourquoi choisir de faire une présentation du bilan énergétique d’une centrale nucléaire en minorant son rendement thermique global de 5.8 %, si ce n’est que de minorer volontairement la capacité de la performance technologique et, bien ancrer dans l’esprit des gens qu’il est très coûteux, complexe de fabriquer de l’électricité. Cette question ne peut et ne doit être abordée que par des personnes habilitées sur ce sujet.
Cette fausse modestie de la présentation du bilan n’est pas innocente.


Néanmoins lorsque l’on regarde la technologie d’un REP, on peut se poser la question, mais si on remplaçait le combustible nucléaire par des résistances électriques et que l’on remplace l’eau par un fluide ayant une chaleur thermique massique bien inférieure, quelle quantité d’énergie faudrait-il avoir à disposition pour pouvoir reproduire les mêmes conditions d’exploitation de production d’électricité ?


Le fait de se poser la question du volume cuve, nous a permis d’en comprendre le pourquoi, mais surtout de bien comprendre quelles sont les éléments majeurs d’influence sur la production du REP ?
Précédemment, en expliquant la chaleur massique thermique je vous ai dit : Ce que l’on appelle la capacité thermique massique de l’eau est la quantité de chaleur maximum que l’eau est capable de recevoir avant vaporisation, plus la capacité thermique massique est élevée, plus l’eau est capable d’extraire de la chaleur du cœur du réacteur.

Si cela est juste, il n’en reste pas moins vrai que cela relève d’une vue de l’esprit, car il faut considérer un aspect que chaque cuisinier connaît, il faut beaucoup plus de temps de chauffe pour amener à température un litre d’eau qu’un litre d’huile.
Pour les huiles minérales, la chaleur massique vaut environ 1900J/kg/°C, pour l’eau 4190 J/kg/°C.

Avec une résistance de 1000 W, pour passer 1 Litre d’eau de 20°C à 100°C :
80°C x 1(masse Volumique) x 4190J/kg/°C = 335200 j               335200 j /1000 W = 5 min 35 s

Avec une résistance de 1000 W, pour passer 1 Litre d’huile de 20°C à 100°C :  
80°C x 0.8 (masse Volumique) x 1900 j/kg/°C = 121600 j               121600 j /1000 W = 2 min 1 s


Si le combustible était retiré, et remplacé par des résistances électriques, il faudrait donc beaucoup moins d’énergie pour obtenir les conditions opérationnelles de production.
Pour effectuer un comparatif j’ai choisi une huile professionnelle très haute température qui est en vente et sert sur des installations en circuits fermés, en appliquant les données de fonctionnement du REP.

Puis en W
j/K-1/Kg
Densité
Deta T°
Pompe
Eau REP en mode production
3220
5250
742,04
32
25.8
Huile spécifique supportant 320°C haute capacité thermique
1130

2121

648

32
25.8

Constat :

En s’affranchissant de l’eau, il existe des fluides caloporteurs qui offrent certaines garanties de fonctionnement, qui nécessitent jusqu’à 2.85 fois moins d’énergie pour obtenir le même résultat.
Nous consommons moins d’énergie que nous en produisons !!! 1130 MW utilisés pour 1300 MW produits.
170 MW excédentaires.
En considérant ces chiffres le bilan énergétique est de 115 %, un REP est potentiellement un surgénérateur.
Une éolienne produit environ 5 MW,  226 éoliennes pourraient produire la puissance énergétique nécessaire au fonctionnement d’un réacteur de 1300 MW. Sachant que l’on s’affranchirait du coût du combustible.

Dans notre monde l’on parle avant tout argent.
Alors serait-il bon de se poser la question de ce que coûte le combustible nucléaire.
Pour rappel en France nous avons 58 réacteurs répartis sur 19 sites.
En mai 2014, la Cours des Comptes a adressé une communication à la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale.
Il n’est pas inintéressant de regarder les chiffres, qui se rapportent au combustible et aux contraintes qu’il occasionne.


Dépense EDF pour l’année 2013
Coût du combustible : 2 287 M€ soit par réacteur 39.43 M€
Gestion du combustible usé : 9779 M€ soit par réacteur 168.6 M€
Gestion des déchets : 7 542 M€ soit par réacteur 130, 04 M€
Au total : 19608 M€ soit par réacteur 338 M€

Chaque réacteur modifié et équipé de résistances électriques, allègerait la facture de 338 M€ /an et par réacteur.
Une grande éolienne coûte environ 4 M€, l’économie réalisée correspond à l’investissement de 84 éoliennes / an.

Personnellement en regardant les chiffres, je ferais plus que me poser la question de la faisabilité.
Sachant que l’énorme avantage de ce type de production à partir de l’électricité serait un moyen idéal pour transformer les réacteurs existants en pile. En concentrant l’énergie sur une installation qui produit plus qu’elle ne consomme, cela donnerait une certaine souplesse pour permettre de parer aux aléas climatiques, en fonction des pics de consommation. Ce qui est le principal problème des énergies vertes.
Mais, ce sur-rendement reste encore faible, n’y a-t-il pas moyen de l’optimiser ?


Augmenter le rendement est-ce possible ?

Il est alors utile de s’intéresser à l’action des pompes primaires qui ont un impact important, la vitesse des pompes permet de déterminer le temps de passage dans le réacteur, si vous diminuez leur vitesse de débit, le fluide prend alors plus de chaleur, donc vous pouvez abaisser la quantité d’énergie à apporter pour obtenir le même résultat.

Dans le cas du fonctionnement du nucléaire, la production est conditionnée dans un registre d’exploitation précis, où les conditions opérationnelles de production sont assujetties à un certain équilibre. Le contrôle de la réactivité s’effectue par la synchronisation du positionnement des barres de contrôle, avec l’ajustement chimique de la teneur en bore du fluide primaire et la vitesse d’extraction de la chaleur produite par les pompes primaires.
Logiquement plus le combustible est neuf, plus il faudrait réduire le temps de passage dans le réacteur, donc, augmenter leur vitesse de débit pour extraire la chaleur, pour contenir son considérable potentiel énergétique afin que le cœur ne surchauffe.
Mais ce n’est pas le choix technique qui a été privilégié et cela est dû à la spécificité du combustible.
Les pompes primaires sont généralement monovitesse, le débit est déterminé en fonction de conditions d’exploitations bien spécifiques. Le choix a été fait de réguler la puissance de chauffe non pas en s’offrant la possibilité de pouvoir ajuster la vitesse de la pompe, mais par le contrôle de la réaction nucléaire, par la chimie du fluide primaire, en régulant la concentration de bore qui limite le flux neutronique déclenchant la réaction.
Le bore n’étant pas un produit donné, le rapport coût et performance énergétique, conditionne le registre  conceptuel d’exploitation. La vitesse de la pompe est alors déterminée comme une borne fixe, pour permettre un registre  de condition exploitation économiquement et technologiquement acceptable.
Pour réduire les difficultés de conduite du REP, dûes à une trop grande réactivité du cœur, le combustible est remplacé par tiers, ce qui permet de centrer les variations des conditions d’exploitation dûes au potentiel énergétique du combustible, dans un registre homogène et plus facilement contrôlable.
C'est-à-dire que la vitesse de débit des pompes, est conçue pour pouvoir extraire la chaleur à minima et à maxima du registre d’exploitation.
Mais ce minima, est déterminé par la capacité thermique du potentiel énergétique du combustible et il est considérable.

Mais dans le cas d’un chauffage électrique par résistance, la vitesse de débit des pompes, devient un levier sur lequel il est possible de jouer. L’extraction de la chaleur n’est plus conditionnée par le minima inhérent aux conditions d’exploitation de la réaction nucléaire, tout simplement parce que la puissance électrique apportée sur les résistances peut être ajustée facilement.
En réduisant la vitesse des pompes primaires à 14.7 m3/s au lieu de 25.8 m3/s le temps de passage du fluide dans le REP augmente, donc il faut moins de puissance énergétique pour atteindre les conditions de température pour l’exploitation, en utilisant ce type de fluide type huile très haute température avec une capacité thermique massique faible, le réacteur à un rendement d’environ 200%.
Un réacteur ainsi alimenté, a potentiellement la capacité de s’auto-alimenter et d’en faire tourner un second, le second peut alors en alimenter deux autres et ainsi de suite.
L’important est juste de fournir la quantité d’énergie nécessaire au démarrage du système, après il est capable de s’auto-alimenter tout seul de la même manière que l’on reproduit une image à l’infini en plaçant deux miroirs face à face.

Est-ce réalisable ?


Modification de l’installation existante :

Trouver le fluide caloporteur le mieux adapté ; il existe des huiles très haute température, une étude approfondie du sujet pourrait être de circonstance.

Remplacer les crayons combustibles par des résistances électriques, est d’un point de vue technique tout à fait réalisable.
Certaines sociétés notamment celles qui équipent les pressuriseurs des REP, sont capables de fabriquer des résistances de même longueur que les éléments combustibles et de diamètre quasi identique, avec des capacités thermiques de plus de 150 W/cm².
Ce qui techniquement permet d’atteindre le temps de réactivité thermique, pour placer le circuit en condition de production.
Les traversées de cuve des barres de commandes pouvant servir de dispositif de contacteur pour diffuser le courant aux résistances.

Aménager un dispositif pour amener le courant.

Les pompes primaires, est-il possible de réduire leur vitesse sans changer les pompes ? Sur ce point je ne saurais me prononcer faute de compétences, je sais que c’est possible dans certains cas, mais là c’est une pompe primaire de REP.

Pour ma part je ne fais que poser des questions qui se fondent sur un principe simple, le plus objectif possible sur une autre approche de cette question de la transition énergétique, à la vue d’un certain nombre de données qui me posent questions.
Certes je ne suis pas un spécialiste de ce type d’installation, et je n’ai pas la capacité à pouvoir déterminer si effectivement tout ceci est réalisable, néanmoins, il me semble apparaître en regardant les chiffres et en utilisant de simple formules de calcul physique, qu’un certain nombre d’options n’ont jamais été envisagées.
L’orientation a été de faire du nucléaire à tout prix, à aucun moment, au vu des avancées technologiques, notamment lors de la conception du REP, il ne s’est posé la question de l’indispensabilité du combustible nucléaire pour le faire fonctionner, sans imaginer un autre moyen de l’alimenter.
Il est difficile de croire que les ingénieurs de Westinghouse, qui ont développé cette technologie n’y aient pas pensé, pas plus que ceux de Framatome, (les accords de licence remontent à 1959).
Il est par contre beaucoup plus facile d’imaginer, qu’une telle invention réduisant le coût de production de l’électricité à une peau de chagrin, ne satisfasse pas ceux qui avaient prévu d’en tirer un maximum de profit.

JP Morgan et Westinghouse le financier et l’industriel qui ont écarté Nicolas Tesla pour se concentrer sur Albert Einstein ne voyant que les bénéfices que ces découvertes pourraient leur permettre d’engranger, sont aujourd’hui en faillite. Tesla avait dit en son temps vous verrez, vous reviendrez à ce que j’ai dit. Est-ce un signe du temps ? Une inéluctable obligation de reconnaissance de cet inventeur de génie « fou » qui voulait fournir de l’énergie gratuite à toute la planète, et qui avait compris bien avant l’heure que l’avenir de notre espèce devra un jour ou l’autre venir s’inscrire dans cet esprit.

Nous ne sommes pas en manque de qualifications sur ces questions, toutefois, il ne semble pas que la chose apparaisse comme judicieuse, et encore moins que de telles compétences soient autorisées à s’y investir.
Au vu des enjeux, cette piste de conversion des installations, pour une utilisation sans combustible nucléaire, me semble être une question intéressante à se poser. Elle présente potentiellement de nombreux avantages. Je note simplement une chose, au cours des débats sur la question de la transition énergétique, je n’ai jamais entendu personne ne serait-ce qu’évoquer cette possibilité. Pourquoi ?

Il y a de très bons ingénieurs en France, et nul doute que certains se feraient un plaisir de pouvoir l’aborder dans un esprit d’ouverture en reprenant cette base de principe.
A moins qu’ils ne l’aient déjà fait, et que ce principe soit une perspective savamment dissimulée qui ne verrait le jour qu’après l’ébranlement total d’EDF, pour justifier de privatisations permettant à des investisseurs de s’approprier pour une bouchée de pain des installations, qui pourraient s’avérer fort rentables, et en déposséder ainsi les Français qui les ont payées de leur poche. (C’est ce qui s’est passé avec l’hydraulique, les autoroutes …. l’Etat adore laisser profiter ses amis des bijoux de famille !!).

Faut-il privatiser le secteur énergétique français ou au contraire lui permettre de rester un domaine de priorité nationale, là est un des vrais aspects de la question de la transition énergétique.
Par contre tout le monde la tait. » Le silence est assourdissant.
Derrière les belles paroles des uns et des autres, autour du faux débat que soulève cette question, ne se cacherait-il pas une intention fallacieuse qui pourrait bien transformer cette transition énergétique en tragition-énergéfric que les Français devront payer à grands frais.

Il y a un certain nombre d’indicateurs qui alertent.

Le scandale AREVA avec l’affaire Euramin : Tiens ! C’est la filière en amont du nucléaire, mais si l’on passait au principe que j’évoque, le premier domaine touché serait précisément cette filière, plus besoin de combustible, plus besoin d’uranium.
L’Etat, se dédouane en rejetant sa responsabilité sur un certain nombre de hauts dirigeants qui sont précisément impliqués dans cette escroquerie, néanmoins ce ne sont que leurs représentants industriels.

EDF absorbe une partie des dettes d’AREVA : AREVA du coup plombe les chiffres d’EDF, le géant est fragilisé, les comptes virent au rouge. Quand l’Etat se retrouve en pareille situation, le sujet de la privatisation n’est plus très loin.
Mais derrière AREVA et EDF, c’est l’Etat qui est aux commandes des deux entreprises, il serait peut-être temps de se poser des questions.

Débat sur le nucléaire, commission parlementaire : EDF a de toute évidence un défaut de provisionnement pour pouvoir effectuer le démantèlement.
Si EDF a anticipé ce type de principe de reconversion des réacteurs, le défaut de provisionnement prend tout son sens, car le démantèlement pourra s’étaler dans le temps. Les installations ainsi transformées seront reconduites pour fonctionner 10, 20 voir 30 ans, vu l’absence de risque nucléaire.
Quand le démantèlement sera engagé, il permettra par son coût faramineux de justifier du prix de l’électricité, qui dès lors, ne coutera rien voire presque rien, ce qui est un excellent moyen de vendre très cher un produit qui en réalité devrait avoir perdu en grande partie sa valeur originelle.

Je n’irais pas jusqu’à dire que tout ceci relève d’une stratégie, longuement mûrie, et intentionnellement conditionnée car nombre de faits ont interféré sur cette situation.
Mais parler de stratégie qui se caractérise par un cruel manque de vision et d’incompétences qui ouvrent à des perspectives catastrophiques, ne me semble pas usurpé.

A défaut d’avoir de gros moyens, il n’est pas interdit d’y opposer des idées novatrices, qui permettent de transformer les points pénalisants en avantages potentiels.
Et si le fait d’avoir 58 réacteurs transformables sur notre territoire, devenait un avantage, n’y aurait-il pas là une belle opportunité à saisir, pour propulser la transition énergétique comme moteur de croissance.


Maintenant on peut se poser la question, effectivement si ce principe de modèle de fonctionnement devait trouver écho, quels en seraient les points positifs et les points négatifs ?




Avantages.

Le problème des cuves est lié à la criticité du combustible radioactif, hors si vous retirez celui-ci de l’installation, cela permet de rendre nul le risque d’accident nucléaire.
L’ASN aura moins de difficultés à prolonger la durée de vie des installations, du fait de l’absence de combustible nucléaire comme source d’énergie, la conduite des installations sera beaucoup plus simple et bien moins coûteuse.
Les lavages successifs des circuits par le fluide primaire vont permettre à terme, d’éliminer une grande partie de la contamination résiduelle et permettre d’assainir les installations.
La prolongation de la durée de vie des installations, en l’absence de nouvelles émissions de sources radioactives, pourra permettre une décroissance significative de la radioactivité résiduelle, ce qui réduirait la quantité de déchets et rendrait ainsi l’installation beaucoup moins dangereuse à démanteler.
Cela permet d’organiser un démantèlement raisonné et échelonné.
Fin de la production de nouveaux déchets nucléaires, fin des pollutions radioactives et chimiques associées.
Un vrai projet industriel de modification des installations, pourrait voir le jour avec en perspective une évolution technologique d’optimisation de ce type de procédé qui devient, et c’est là le plus important, complémentaire au développement des énergies renouvelables.
D’un point de vue sanitaire, la population a tout à y gagner.
D’un point de vue sociétal, cette option permettrait de maintenir l’emploi, ne pas déstabiliser les économies locales par des suppressions de postes conséquentes.
Les compétences liées à l’activité nucléaire pourraient ainsi être maintenues et pérennisées dans le temps pour réaliser le démantèlement, durant tout le temps que prendra cette bascule technologique.
Cette dynamique où s’associera la complémentarité industrie et écologie, sera un formidable tremplin dans la manière d’aborder les choses dans l’avenir.
Economiquement cela permettra une véritable indépendance énergétique, le faible coût de production va permettre de développer des capacités considérables de production d’électricité, et par voie de conséquence une grande possibilité de réduire les émissions carbonées.

A très grande échelle, l’avènement du surgénérateur permettra de répandre partout sur terre, l’accessibilité à l’énergie.
Il est alors facile d’imaginer des surfaces désertiques devenant fertiles grâce à la construction de centrales de désalinisation d’eau de mer.
On peut tout rêver, à partir de là.
On peut surtout rêver d’un monde moins fou, ou cesseront les manipulations qui n’ont de but que de provoquer des guerres pour justifier du pillage des ressources fossiles.

Restera la question des déchets nucléaires dont on ne sait pas quoi faire si ce n’est de trouver une solution acceptable de stockage à très long terme.

Mais le principal inconvénient à cet avènement, est de taille, en utilisant le principe de surgénération c’est toute la conception de notre modèle de société qui est appelé à muter et en profondeur.

Il est bien évident que ce type d’approche ne pourra voir le jour qu’à partir du moment où devant l’inertie de la conscience grandissante des populations, les grands groupes n’auront plus que le choix de se résigner à cesser leur fuite en avant dans la pérennisation d’un concept de société, basé sur un pouvoir sans concession, qui en phase critique ne peut que survivre grâce aux purges massives de populations, afin de s’auto-régénérer.
Il y a bien longtemps que ceux qui incarnent ce système ont compris ce principe fondamental.
Une guerre ou une purge, n’est provoquée que par une seule et unique chose : L’autorité en vigueur est menacée sur ses fondements, (tout le reste n’est que prétexte pour la déclencher).
Ne vous leurrez pas, les prétendus pires ennemis, que ce même système nourrit tous deux, n’hésiteront pas à s’entendre pour organiser un affrontement qui n’aura pour seul et unique but, la préservation du modèle qui leur permet de régner. Ils y ont un intérêt commun.

Pareille purge permet de repartir à zéro, et de pouvoir, lors de la reconstruction, mettre en œuvre de nouvelles technologies développées en secret, dépassant de loin la capacité d’assimilation des populations qui devant l’état de fait, ne pourront que les accepter. Celles-ci conditionneront un modèle sociétal sur mesure, à qui les maîtrisera, c’est ce qu’il s’est passé à la fin de la seconde guerre mondiale.
Ce modèle élitiste, impose à l’humanité, de devoir évoluer en marche forcée et, cela ne se fait pas pour le bien-être de tous, mais uniquement pour servir des intérêts privés.

Lorsque l’on nous invite à forcer la nature des choses, inévitablement nous arrivons à faire exactement le contraire de ce que l’on pensait au départ. Lorsque la prétention se substitue à l’intention elle est forcément immature, alors les moyens que nous y consacrons sont inévitablement inappropriés (voire contre-productifs), c’est ainsi que certains nous invitent à reproduire indéfiniment le même schéma qui les sert bien.
Nombreux sont ceux qui vanteront l’effet masquant de la crise, seulement voilà il aura fallu moins d’un siècle pour que notre monde se replace dans une situation critique, avec la remontée des radicalismes en tous genres, symptômes avant-coureurs qui ne laissent rien présager de bon.

La grandeur des choses ne se mesure pas à la place qu’elle occupe dans notre société, mais à l’espace de liberté qu’elle ouvre.

Sommes-nous prêts à lâcher nos égoïsmes personnels, pour nous ouvrir à ce changement ?

Cela est la véritable question de la transition énergétique.